Critique comics #024 – Sélection comics Batman de chez Urban Comics

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Samedi 15 septembre, c’est le Batman Day. Chaque année, le onde célèbre le justicier de la ville de Gotham. Alors que vous ayez votre costume prêt ou non, voici une petite sélection de lecture comics consacrée au Chevalier Noir qui hante les bas-fonds de la ville et tente d’éradiquer le mal depuis 80 ans. Une santé de fer que le héros n’a pas toujours eu comme vous le verrez dans la suite. Entre l’homme taciturne et playboy qu’est Bruce Wayne, et le héros froid au regard revolver, la psychologie du ce double personnage a connu des rebondissements conséquents. Petite sélection parmi des dizaines et dizaines de titres…

À l’occasion du Batman Day, Urban Comics offre un comics relié en noir et blanc de Batman : À la vie à la mort, à l’achat de deux comics Batman. Renseignez-vous dans votre librairie, Fnac, Cultura et compagnie. INFOS

Et pour avoir un avis sur ce récit je vous invites à regarder la chronique vidéo par le Boomask d’Access Comics sur YouTube.


batman-annee-unDisponible dans la collection DC Essentiels au prix de 15.50€ chez Urban Comics ou sur Amazon || LIRE UN EXTRAIT ICI

Pour bien commencer Batman et comprendre le personnage, je vous conseille de débuter par Batman : Année Un, un récit complet écrit par Frank Miller, illustré par David Mazzucchelli, et coloré par Richmond Lewis. Paru en 1986, Miller explore ici la première année de Bruce Wayne en tant que justicier de Gotham, sans toucher aux origines du personnage imaginé en 1939 par Bob Kane et Bill Finger. Le scénario incorpore aussi James Gordon, jeune commissaire de police que chaque lecteur de comics connaît. Le duo va forger une alliance qui avec le temps deviendra celle que l’on connaît, afin de lutter contre la pègre qui gangrène la ville de Gotham. Ce qu’il y a de super dans ce récit est que l’on peut facilement dresser des parallèles entre les deux personnages, qui font ici leurs premiers pas dans leurs rôles respectifs. La ville tient aussi une place importante, puisqu’elle nous est présentée comme sale, lugubre, avec un système corrompu jusqu’à la moelle. Les erreurs sont donc inévitables quand on débute à peine, ce qui rend les personnages plus humains, surtout Batman qui est souvent représenté comme une figure sans failles quand il porte son masque, du moins. Nous avons droit à l’intervention de la divine Catwoman, ce qui est un atout en plus. Le dessin de Mazzucchelli, fraîchement arrivé à l’époque dans l’industrie, se démarque par son sens du détail. Le style ne plaira pas forcément à chaque lecteur, mais il possède son charme. Le découpage et la narration case par case fonctionnent à merveille. En conclusion, un point d’entrée pertinent dans la chronologie de Batman qui plaira aussi bien aux néophytes qu’aux fans. 

batman-un-long-halloweenDisponible dans la collection DC Essentiels de Urban Comics au prix de 35 € ou sur Amazon || LIRE UN EXTRAIT

Batman : Un Long Halloween a été écrit par Jeph Loeb et dessiné par Tim Sale, qui soit dit en passant est un artiste que j’adore. Publié en 1996, le récit composé de 13 numéros remporta le Eisner Award de la meilleure mini-série en 1998, ainsi que celui du meilleur recueil l’année suivante. Si l’on doit le placer dans la timeline de Batman, il est la suite directe de Batman : Année Un, et introduisant le personnage d’Harvey Dent alias Double-Face. On reste dans le contexte de la mafia avec les familles Falcone et Marini. En annexe, l’histoire mêle meurtres en série perpétrés uniquement lors de fêtes comme Halloween, Noël, etc… Par exemple, pour la nouvelle année le Chevalier Noir affrontera le Joker. La narration se fait au fil des saisons sur une année, ce qui fait monter la tension petit à petit lors de la lecture. De plus, le vilain qui tire les ficelles est un très bel ajout à la galerie de personnages du Batverse, qui est toujours actif en 2018 dans les comics sur la Chauve-Souris. Si Un Long Halloween n’est pas écrit par Miller, Jeph Loeb réussit à comprendre et appliquer l’atmosphère que dégageait Year One sans aucun problème. C’est cohérent dans ses propos et dans la psychologie des personnages. Catwoman est à nouveau présente, et Loeb lui offre une très belle caractérisation. Du côté des dessins, le trait identifiable entre miles de Tim Sale retranscrit bien l’ambiance angoissante, et saura trouver son public malgré ses détracteurs. La représentation du Joker est à couper le souffle tant Sale arrive à retranscrire ce côté malsain et manique psychopathe. C’est personnel et assumé, et on ne demande pas mieux. En conclusion, une enquête très efficace partant d’une idée de meurtre par saison,  qui reste encore à ce jour une référence dans les comics consacré à Batman.

Si vous avez aimé vous pouvez enchaîner avec Batman : Amère Victoire (Dark Victory en VO).

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batman-la-legende-8211-neal-adams-tome-1Disponible dans la collection DC Archives de Urban Comics au prix de 35 € ou sur Amazon

Neal Adams est un artiste bien connu des lecteurs, au même titre que Miller et Alan Moore. Dans ce premier tome, Urban Comics a fait le choix de présenter des histoires écrites par différents auteurs (Bob Haney, Dennis O’Neil, Franck Robbins, etc.) mettant en valeur toute la palette graphique d’Adams. D’ailleurs si vous souhaitez poursuivre votre découverte sur Adams, il existe le comics Green Arrow & Green Lantern que je ne peux que vous recommander. Ici, les récits se placent entre 1968 et 1970, avec un épisode présentant le vilain Man-Bat, qui était l’un de mes “monstres” préférés dans la série animée Batman des années 90. Si on va s’attarder un peu plus longuement sur le dessin, on se doit tout de même de parler des scénarios qui sont globalement intéressants, avec un Batman se posant des questions sur son identité, avec en guest Green Arrow ! Plus on avance dans la lecture des récits, plus on remarque un changement de ton et de narration. C’est plus sombre, notamment avec Man-Bat (créé par Adams lui-même!), mais aussi plus travaillé en profondeur. Visuellement, cela est impeccable malgré le côté rétro propre à son époque. Si personnellement cela me plaît, il est préférable de signaler ce côté classique. L’apport de Neal Adams au design de Batman n’est pas à négliger, puisqu’il lui offre une petite évolution notamment sur le costume, mais aussi morphologiquement. Bruce Wayne prend du muscle pour devenir l’homme que l’on retrouve dans les comics actuels. L’action est dynamique, les émotions transmissent par les expressions des personnages sont réalistes et palpables. Et si l’ensemble fonctionne, c’est également dû à la colorisation de Dick Giordano, qui réussit à nuancer le tout et jouant sur l’impression de gothique qui transpire des pages. Au niveau de l’édition il n’y a rien à dire (bonus, couvertures, préface et postface du dessinateur, etc), à part peut-être un manque de recontextualisation des différents récits dans le temps. En conclusion, ce tome 1 de Batman, La Légende par Neal Adams est un petit trésor qui reflète l’héritage actuel du personnage, ainsi que de son cheminement narratif. C’est beau, rythmé et passionnant de bout en bout.

17/20

batman-knightfall-tome-1Disponible dans la collection DC Classiques en 5 tomes au prix de 28 € le tome, et sur Amazon 

Batman : Knightfall est un très grand arc qui marque un tournant dans la carrière du détective de Gotham. Publié entre avril 1993 et août 1994, ce récit tient en 5 tomes tous disponibles chez l’éditeur. Les lecteurs connaissent cette saga sous trois titres représentant des crossovers liés : Knightfall, Knightquest, et KnightsEnd. Le scénario sont de Chuck Dixon, Jo Duffy, Alan Grant, Dennis O’Neill, Doug Moench, et une ribambelle de dessinateurs que je ne citerais pas, sauf quelques noms comme Jim Aparo, Dick Giordano, et Eduardo Barreto. Le récit l’apparition du super-vilain Bane, que vous avez sûrement vu dans la trilogie de Christopher Nolan au cinéma (je pourrais citer Batman et Robin de Joel Schumacher, mais…non :D). L’arc narratif voit Bruce souffrant de burnout physique et psychologique. En arrivant à Gotham, Bane libère les prisonniers d’Arkham, avec pour unique brute de briser le Chevalier Noir. Et il y parviendra comme le montre une des scènes mythique de l’histoire du personnage : Batman se fait briser la colonne vertébrale par Bane. Incapable de combattre, il demandera de l’aide à Jean-Paul Valley qui enfilera le costume afin de protéger Gotham, maintenant sous la coupe de Bane. Les conflits personnels entre Bruce et Tim Drake (le Robin actuel dans le run – juste après Dick). On peut mentionner aussi Jason Todd qui connaîtra une fin tragique dans Batman : Un deuil dans la famille, à lire également. Malgré la qualité du récit et ce qu’il apporte à l’historique du personnage, les défauts sont nombreux avec en première ligne le fait que ce soit très long, avec des passages à vide où rien ne ce passe. Les artistes qui succèdent les uns aux autres offrent un dessin propre et collant au titre et à son époque. En conclusion, la saga Knightfall est à lire pour tous ceux qui souhaitent comprendre le personnage et les aléas qu’il a vécu. Voir un homme aussi fort que Bruce qui se drape dans cette froideur, se retrouver briser et au bord du précipice est réjouissant dans le sens où on explore petit à petit l’homme et non plus le mythe de la Chauve-Souris. Ce n’est pas parfait, loin de là, mais c’est indispensable.

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batman-silenceDisponible dans la collection DC Essentiels d’Urban Comics au prix de 35 € ou sur Amazon || LIRE UN EXTRAIT

Batman : Silence (Hush en VO) est paru entre 2002 et 2003, sur près d’une année, avec Jeph Loeb au scénario, Jim Lee au dessin, et Alex Sinclair à la colorisation. Comme l’indique son titre, ici nous découvrons les premiers pas d’un antagoniste particulier : Hush. Celui-ci ne cesse de tendre des pièges à Batman, et voit l’intervention d’une multitude de vilains de la galerie du Bat-Verse. À défaut de tous les nommer, on peut citer Killer Croc, Poison Ivy, Catwoman, ou encore l’Épouvantail (Scarecrow en VO). Les premières pages commencent par le kidnapping d’un garçon par Killer Croc contre une rançon, que Catwoman va s’empresser de dérober au passage. Batman se lance à sa poursuite mais se blesse sérieusement. Son salut il le doit à Huntress/Helena Bertinilli, Alfred Pennyworth et à son ancien ami d’enfance le Dr. Thomas Eliott. Après  s’être remis de son opération, Bruce découvre que Poison Ivy est mêlée à l’affaire du vol de la rançon en manipulation Catwoman… mais pas que ! Je ne vous révélerais pas quel autre personnage de DC Comics sert de marionnette dans cette histoire… Comme dit plus haut de nombreux personnages, bons ou méchants, interviennent au fil des chapitres, mais c’est certainement la mise en scène de la vie amoureuse de Batman et Catwoman qui ressort du lot. Hush est non seulement l’élément déclencheur à la profusion des sentiments entre le couple, mais aussi quelqu’un qui aura un impact sur la suite des évènements et au-delà comme on le découvrira dans “la suite” Paul Dini présente Batman tome 1 à 3. Un arc narratif important et tellement touchant, que je vous demande d’aller le lire après la lecture de Silence. Les planches de Jim Lee sont exceptionnelles avec un dynamisme épatant. Les personnages sont sublimés par le trait précis de l’artiste, rendant une copie irréprochable. En conclusion, Batman : Silence est un récit qui semble anodin pour certains mais qui apporte énormément au personnage de Batman, et un très bon moyen de découvrir les personnages gravitant autour de notre justicier masqué.

batman-sombre-reflet-integraleDisponible en intégrale (regroupant les deux tomes) dans la collection DC Deluxe au prix de 22.50 € ou sur Amazon | LIRE UN EXTRAIT

Petite entorse à cette sélection, puisque Batman : Sombre Reflet ne voit pas Bruce Wayne évoluer sous le masque de Batman, mais plutôt Dick Grayson ancien Robin et actuel Nightwing. Si le jeune homme a revêtu la cape de son mentor c’est tout simplement parce que Bruce est occupé dans le titre Batman Incorporated de Grant Morrison. Sombre Reflet est écrit par Scott Snyder (All-Star Batman, Batman des New 52) et dessiné par Jock et Francesco Francavilla. Dick enquête sur une vente au marché noir d’armes appartenant à des criminels. Pour faire basculer le titre dans un thriller psychologique, Snyder a orchestré le retour du fils de James Gordon, un chouia psychotique… L’enquête se révèle maîtrisée et assez intéressante pour que le lecteur reste attentif. Toutefois ce qui a fait le succès de ce titre réside dans le portrait du Chevalier Noir par Grayson. En effet, ce dernier apporte une approche plus acrobatique et aérienne au justicier, modifiant ainsi sa technique de combat. Autre point fort, c’est la mise en scène de Gotham, qui une fois n’est pas coutume, revêt son plus bel habit pour montrer la noirceur et le côté menaçant de ses rues. Le dessin de Jock et Francavilla se rejoignent de belle manière, et mette bien en avant les deux parties de cette histoire : Dick en Batman passant pas un schéma plus architectural, et la partie Gordon plus simpliste et ambigu. En conclusion, Sombre Reflet est un arc intéressant de la série Detective Comics, qui témoignait déjà du talent de Scott Snyder, qui depuis a écrit des runs de qualité sur le Chevalier Noir. 

batman-beyond-tome-1Disponible dans la collection DC Beyond au prix de 28 € le tome ou sur Amazon

Batman Beyond est une itération du Bat-Verse, scénarisé par Adam Beechen, Paul Levitz et Scott Petterson. Ici, Bruce n’est plus Batman, mais le mentor du jeune Terry McGinnis. Pour les plus anciens d’entre vous, peut-être que ce nom vous dira quelque chose, puisqu’une série animée lui était consacrée vers la fin des années 90. Nous sommes en 2054, où notre justicier évolue dans un Gotham futuriste avec une technologie de pointe au-delà de nos espérances. Cela fait à présent 20 ans que Bruce n’a plus sauté de toit en toit à courir derrière les criminels. Il vit reclus dans son manoir avec son chien et pense en avoir terminé avec son passé. Mais quand le destin fait entrer Terry dans sa vie, les choses vont prendre une nouvelle tournure. De voir un Wayne qui n’est plus que l’ombre de lui-même confère à la psychologie du personnage une approche fort crédible et inédite en un sens. Terry est un lycéen plein de vie, mais à l’image d’un Peter Parker il doit trouver le moyen d’allier sa vie quotidienne à celle de vigilante. Parce que, Batman ou pas, Gotham continue de voir naître en son sein des criminels et super-vilains en quantité. On peut par exemple voir le gang des Jokerz, en hommage au grand Prince Clown du Crime, mais aussi le retour de Hush. Les Jokerz sont un peu ce genre de fanatique qui se considèrent comme les descendants spirituels du Joker. C’est bien trouvé en tout cas. Le scénario se déroulant dans le futur, le costume de Batman possède des améliorations aussi bien en terme de design mais aussi en terme de gadgets. C’est vraiment top de voir ce nouvel univers se créer sur fond de criminalité cyberpunk. Les dessins sont assurés par différents artistes (Ryan Benjamin, Renato Guedes, Eduardo Pansica, Chris Batista, Norm Breyfogle, Peter N’Guyen, Adam Archer, Annie Wu) et s’accordent les uns aux autres. En conclusion, ces deux tomes de Batman Beyond possèdent une approche nouvelle de l’univers de Batman, tout en réinventant la mythologie. Bruce en vieillard aigri vaut le détour, et la fraîcheur de Terry est un délice. PS. Urban, si vous me lisez, on attend le tome 3 depuis des années, et on espère encore l’avoir un jour.

17/20

batman-terre-1Disponible dans la collection DC Deluxe au prix de 15.50 le tome et sur Amazon | LIRE UN EXTRAIT

Batman : Terre-Un (en deux tomes) est un récit “elseworld” qui voit la réécriture des origines du héros par Goff Johns et dessiné par Gary Frank. Pour réinventer le passif du personnage, le duo fait appel à ses alliés les plus proches comme Alfred, Lucius Fox, James Gordon, Harvey Bullock, etc). Dans le lot, Alfred tire son épingle du jeu en affichant une dextérité et un côté “badass” surprenant et déroutant pour plus d’un fan. Mais comme je l’ai dit, ce “elseworld” n’a aucun impact sur la timeline actuelle et passée de DC Comics, alors why not ? C’est bourré d’action bien dosée, avec un Bruce tentant se venger du meurtre de ses parents persuadés qu’il ont été tués par le politicien Oswald Cobblepot alias Le Pingouin. Nous suivons aussi le duo Harvey/Bullock qui ne sont pas encore familier avec l’un et l’autre. Le trait de Gary Frank est réaliste sans trop en faire, le design des protagonistes est bon et on sent que l’artiste apprécie de travailler sur cet univers. En conclusion, les premières pages semble untn peu maladroites dans la mise en place du récit, mais laissez-vous happer par le scénario de Johns tout au long des deux tomes. Un bon point d’entrée si vous voulez avoir les bases du personnage.

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4 réflexions sur “Critique comics #024 – Sélection comics Batman de chez Urban Comics

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