Critique comics #27 – Batman : White Knight, Batman & Robin intégrale Vol.1

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C’est juste à temps pour Halloween que Urban Comics a sorti la version française de Batman : White Knight, très attendu par les lecteurs des contrés francophones. L’histoire est celle de l’homme sous le maquillage de clown alors qu’il a été guéri de sa folie Jokerienne. Politique, psychologique et plus, Sean Murphy offre du très bon. Un mois plus tôt est paru la première intégrale (sur 3) du Batman & Robin issu de la période New 52. Récit familial entre un papa et son fils cherchant à se prouver mutuellement qu’ils sont capables du bon.

 


Disponible aux éditons Urban Comics dans la collection Black Label au prix de 22.50€ ou sur Amazon | UNE VERSION EN NOIRE ET BLANC EST AUSSI DISPONIBLE | LIRE UN EXTRAIT

Batman : White Knight était sans aucun doute la sortie la plus attendue de cette fin d’année 2018. Scénarisé et illustré par le talentueux Sean Gordon Murphy (Punk Rock Jesus, Tokyo Ghost), le récit s’intègre dans la nouvelle collection DC Comics baptisée DC Black Label que l’éditeur Urban Comics a repris pour l’occasion. Jouissant de retours VO positifs, le lectorat français ne pouvait faire autrement que de croiser les doigts pour l’apprécier tout autant. L’histoire se déroule dans une continuité qui n’est pas celle utilisée actuellement par DC Comics pour ses séries Rebirth. Il peut donc être lu comme un one shot, puisque Murphy reprend uniquement des éléments du Chevalier Noir et sa psychologie tout en la développant à sa façon. Ici, après une énième course-poursuite avec le Joker, Batman va laisser parler sa rage et provoquer un incident qui guérira le Joker de sa nature de psychopathe. Murphy réintroduit l’idée de Jack Napier (vu dans le Batman de Tim Burton) pour explorer la part d’humanité du Joker. L’auteur pose aussi des questions pertinentes comme par exemple, est-on un criminel pour toujours où peut-on changer et se racheter une conduite ? Jack Napier joue bien son rôle de nouveau justicier de Gotham sans pour autant devoir enfiler un costume et une identité secrète. En lançant une campagne à l’encontre de l’utilité de Batman dans la ville, Napier exploite l’anonymat du héros contre lui. Eh oui, difficile de faire confiance à quelqu’un qui porte un masque et don on ne connaît rien, n’est-ce pas ? Surtout qu’au final les vilains et super-vilains appréhendés par le justicier finissent toujours par retrouver leur liberté. Le sentiment de ne jamais voir le bout du tunnel finit par se dévoiler dans le discours de Napier, ce qui éveille la méfiance endormie de la population envers Batman. L’agressivité de ce dernier joue également contre lui, semant le doute dans l’esprit collectif mais aussi dans celui du lecteur. Au milieu de ce duel politique et social se trouve deux autres personnages qui provoqueront les principaux rebondissements du récit. Il s’agit d’Alfred Pennyworth et Harley Quinn. Sans trop en dire sur leurs rôles, Murphy joue sur le lien émotionnel qui relie Bruce à son meilleur ami et père de substitution de façon très subtile et naturelle. Quant à Harley, elle tient la place la plus centrale du récit juste après Jack Napier, voir même un peu plus. Leur relation abusive par le passé trouve enfin son équilibre grâce à l’écriture de Murphy qui évoque le sens moral, la rédemption, le sacrifice, la culpabilité et l’amour. On retrouve aussi Batgirl, Nightwing et le commissaire Gordon qui ont tous droit à un développement cohérent tout au long de l’histoire. Sous son masque Bruce Wayne apparaît ici comme l’homme mettant en doute le nouveau visage du Joker. Brutal et encore plus seul que de coutume, le Chevalier Noir est aux abois et épinglé. Sa capacité à gérer les criminels et sa relation avec la police de Gotham sont pointées férocement du doigt. À travers l’image d’un Joker renaissant de ses cendres, Sean Murphy évoque des faits actuels : brutalité policière, pauvreté, etc. Chacun de ces points est écrit avec intelligence, c’est indéniable. Malgré ses très grandes qualités, White Knight possède quelques faiblesses, ou plutôt des facilités scénaristiques. Ne pouvant vous spoiler, j’ai trouvé que l’auteur empruntait des codes déjà usés jusqu’à la corde pour résoudre son méli-mélo d’idées de départ. De ce fait, la fin peut laisser deux impressions à la lecture : rapidité et facilité, ou quelque peu inachevée. Pour ma part c’est un mix des deux. J’ai clairement aimé le scénario dans 90% de son déroulement, mais les 10 derniers pour-cents qui représente le dernier tiers du récit m’ont paru précipité et chancelant. Néanmoins, en sachant maintenant qu’une suite a été annoncée par l’auteur, je peux me dire qu’à présent il a un champ d’action plus large. La partie graphique est impeccable. Sean Murphy est un aussi bon compteur qu’un artiste. Le design des personnages est maîtrisé de la tête au pieds. L’ambiance sombre que dégage le dessin sied à merveille aux actions, avec une fluidité dans les mouvements plus que correcte. La colorisation fait ressortir certaines scènes plus que d’autres, mais on est totalement conquis par l’ensemble. En conclusion, White Knight présente l’homme sous le masque du Joker, et le fait se confronter à la menace et la brutalité d’un Batman aveuglé par sa rage. C’est rythmé, intelligent et beau, nous faisant ainsi passer un très agréable moment de lecture.

17/20

 

 

Disponible chez Urban Comics au prix de 28€ dans la collection DC Renaissance ou sur Amazon | LIRE UN EXTRAIT ICI |

À l’origine, Batman & Robin est une série de l’ère New 52 de DC Comics, en 2011. Depuis, l’éditeur est passé à l’ère Rebirth, actuellement en cours de parution en France. Le scénario est de Peter J. Tomasi (Hitman, JSA) et le dessin de Patrick Gleason (Green Lantern Corps) et Ardian Syaf (Batgirl). Le récit nous parle de Damian Wayne, fils de Bruce et Talia al Ghul de la Ligue des Assassins, combattant le crime aux côtés de Batman tout en vivant avec lui. Opérant sous l’identité de Robin, Damian est un personnage qui divise dans la communauté des lecteurs. Froid, implacable et ayant un fort ego, le jeune garçon n’est pas forcément attachant. Toutefois, Tomasi arrive à rendre le personnage plus complexe de par ce qu’il apprend avec son père mais aussi sur le terrain. Cherchant à trouver sa place, le fils réussi même parfois à voler la vedette au père. Le lien de filiation entre les deux, tout aussi borné l’un que l’autre, donne un beau ressenti à la lecture. Damian apparaît plus sympathique et plus mature au fil des pages. L’auteur soulèvera même la question concernant le passé des autres Robin avec un justicier s’interrogeant sur sa responsabilité concernant la mort de ses anciens sidekicks. Ensemble, père et fils se construisent une relation digne de ce nom, en acceptant que les erreurs sont inévitables. Les percepts inculqués par la Ligue des Assassins à Damian sont expliquées et fort passionnants. Le côté graphique n’a rien de novateur quand on regarde les séries du marché actuel. Mais dans sa globalité cela fonctionne. Gleason met du cœur à l’ouvrage, et cela se sent. Le changement de dessinateur ne nous déroute pas puisque les deux styles sont semblables et bien exécutés. En conclusion, cette première intégrale de Batman & Robin est un très bon divertissement, avec un Damian Wayne allant vers plus de cœur. L’action est présente du début à la fin et contre-balance bien avec le côté cérébral et psychologique du récit. Alors si vous n’avez pas encore découvert cette série c’est le moment !

 

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