Critique manga #198 – Dog End tome 2, Moriarty tome 3, Fool’s Paradise tome 2

Copie de titre manga

Débutons cette semaine avec trois mangas de la collection « Dark » des éditions KANA. De plus, ce sont toutes des séries lancées durant l’année 2018, et qui promettaient déjà avec seulement un ou deux tomes des lectures très efficaces. Le petit thriller sur fond de mafia Dog End offre un tome 2 plus abouti, tandis que le tome 3 de Moriarty prouve encore ses qualités avec le personnage de Louis plus présent. Et enfin, Fool’s Paradise voit sa super-idol manipuler la société japonaise avec ses fans prêts au pire pour prouver leur dévotion. 

 

kanadargaudsuisse


Disponible dans la collection Dark Kana aux éditions KANA ou sur Amazon | Également disponible en numérique sur izneo | LIRE MON AVIS SUR LE TOME 1 | LIRE LE CHAPITRE 1 | VOIR LE TRAILER NON CENSURÉ | Le tome 1 est disponible au prix de lancement 5.95€ jusqu’au 31/12/18

En octobre dernier, l’éditeur Dark Kana lançait une nouvelle série, Dog End, dans sa collection Dark Kana. Scénarisé et dessiné par YURIKAWA, le tome 1 nous laissait sur une bonne impression. Le récit démarrait assez vite, avec une ambiance proche du film Leon de Luc Besson. Une jeune fille de 14 ans héritière d’une grande fortune qui devient la cible de mafieux mais pas que. Ce point sera confirmé dans ce tome 2, où l’on découvre que ses “frères et sœurs” cherchent à l’éliminer. Afin d’assurer sa sécurité, Mana Jingu peut compter sur l’inspecteur très droit dans ses bottes Hatori, assisté par l’ex-assassin de renom Wakatsuki alias Black Dog. Les premières pages reprennent directement en plein combat entre eux et les deux jeunes femmes qui faisaient une entrée très remarquée. Après quelques pages d’action et de l’empoissonnement de Hatori, le mangaka décide de mettre en avant Wakatsuki et Mana Jingu. Ensemble ils vont tenter de découvrir un antidote afin de sauver Hatori. Ce choix permet de mettre en avant la personnalité et le caractère de Mana, qui était complètement transparente dans le premier tome. Pour trouver l’antidote, Wakatsuki demande à son ami Koryuta, propriétaire d’un café mais aussi à la tête d’un petit réseau lui permettant de rendre service aux gens qu’il estime de confiance (bon faudra aller faire une “petite course” pour lui sinon il n’hésitera pas à vous tuer).

DOG END © Yurikawa / Shogakukan

Ce personnage est accompagné d’une petite fille timide dont Mana arrivera à gagner la confiance. Une relation très douce et bienvenue au milieu de toute cette action. Parce que oui, Black dog est avant tout un thriller d’action, regroupant plusieurs vilains dont ceux de la famille de Mana tentant de mettre la main sur une “clé”. Cet objet (ou personne?) est le lien qui réunit toutes les preuves des machinations et trafics de la famille Jingu. Frères et sœurs vont devoir mettre au point une stratégie afin d’éliminer cette héritière qui gêne tant. C’est en fin de tome qu’entre en scène une “ligue” d’assassins venus des quatre coins du monde. Le récit est toujours aussi bien écrit avec une dynamique alternant action et réflexion bien mesurée et divertissante. L’inspecteur Hatori s’avère très coriace sous ses airs de « control freak », tandis que Wakatsuki semble cacher un lourd secret lié à une jeune femme. Entre eux, Mana fait figure de balance avec un caractère plus chaleureux. De plus, en fin de tome vous trouverez un nouveau chapitre continuant la genèse de Black Dog. Le dessin de YURIKAWA est précis sans trop en faire évitant ainsi de donner une impression de lourdeur. Le trait reste vif, les scènes de combat restent lisibles et efficaces. En conclusion, Black Dog s’annonce comme une série intéressante à suivre avec une histoire de complot familiale autour d’un héritage. Les personnages ennemis possèdent des personnalités froides et amusantes, promettant de nous apporter du très bon dans la suite.

 

17/20

 

Disponible aux éditions Kana dans la collection Dark Kana au prix de 6.85€ ou sur Amazon | Également disponible en numérique sur izneo | LIRE MON AVIS SUR LES TOMES PRÉCÉDENTS | VOIR LA BANDE-ANNONCE

Dans le tome 2, les frères Moriarty faisaient la connaissance de Sherlock Holmes, le détective que l’on connaît tout grâce aux œuvres de sir Arthur Conan Doyle. Son introduction s’était avérée maligne, surtout qu’on découvrait une personnalité proche de celle de William James Moriarty, véritable pilier du manga écrit par Roysuku TAKEUCHI (All you need is kill) et dessiné par Hikaru MIYOSHI (Psycho-Pass Inespecteur Akane Tsunemori). Soupçonné du meurtre du comte Drebber, Holmes va tenter de prouver son innocence auprès de Scotlant Yard, et ainsi démasquer celui qui a mis au point ce piège. Vous l’aurez deviné, Moriarty et co. sont derrière cette manigance, mais on se demande bien pourquoi. William aurait-il senti la menace que représente l’intelligence de Holmes ? Ou bien la raison est-elle ailleurs ? Au niveau de l’avancée du scénario, rien n’est à redire tant les rebondissements servis par TAKEUCHI sont ingénieux et payants. La lecture est très vite immersive, et on sent une amplification des enjeux qui étaient bien en deçà dans les deux premiers tomes. De plus, le cadet Moriarty, Louis, va enfin pouvoir entrer dans l’action permettant ainsi de montrer que son esprit et son dévouement à la cause des Moriarty est totale. Le manga traite toujours autant de cette application de punition envers les nobles qui profitent des plus démunis à travers la justice très personnelle des Moriarty. Les frères et les alliés doivent, par exemple, mettre la main sur des nobles aimant kidnapper des enfants des rues pour s’en servir comme gibier lors de leurs parties de chasse en forêt. L’ambiance est donc glauque par moments mais très captivante.

YUKOKU NO MORIARTY © 2016 by Ryosuke Takeuchi, Hikaru Miyoshi/SHUEISHA Inc

Le seul petit problème que j’ai eu durant ma lecture, a été avec la personnalité un peu trop étrange de Sherlock qui frôle parfois la folie pure… Je ne sais donc pas si c’est voulu mais en tout cas, je ne serais pas surprise de le voir basculer à un moment. Surtout que dans le tome précédent, j’avais cette même impression mais moins accentuée. Dans tous les cas, seul le futur nous le dira. Pour rappel, le manga va avoir droit à une adaptation animée en début d’année prochaine au Japon, prouvant ainsi son succès dans son pays d’origine. Il faut dire que ce n’est pas étonnant comme nouvelle, puisque le traitement apporté au scénario et aux illustrations par le duo de mangakas est vraiment précis et bien imaginé. Nous avons aussi le droit à des références aux romans de Conan Doyle comme “Le chien des Baskerville” ou “Une étude en rouge”. Le trait de MIYOSHI continue de séduire avec ses personnages longilignes dégagent un charme fou. Les décors sont bons, la mise en page est énergique tout comme les moments porté sur l’action. En conclusion, ce troisième tome témoigne encore des qualités de ce récit basé sur les œuvres littéraires de Conan Doyle. Les personnages évoluent bien, notamment Louis et William, où la complicité et l’humanité de chacun sera mis en avant. Allez, rendez-vous bientôt en librairie pour la suite qu’on espère aussi bonne.

 

18blanc

Fool's Paradise - Misao Disponible aux éditions Kana dans la collection Dark Kana au prix de 7.45€ ou sur Amazon | Également disponible en numérique sur izneo | LIRE MON AVIS SUR LE TOME 1 | VOIR LA BANDE-ANNONCE | LIRE UN EXTRAIT | LE TOME 1 EST DISPONIBLE AU PRIX DÉCOUVERTE DE 5.95€ JUSQU’AU 31/12/2018

Annoncé en 4 tomes, Fool’s Paradise avait mis sur le devant de la scène une super-idol japonaise adulée, Sela Hiiragi, victime d’un attentat à la bombe lui ayant coûté une jambe. À cet instant, la population imagine que le jeune Kazutaka Nichiya avant commis plusieurs attentats similaires quelques années plus tôt est de retour. Parce que depuis son intégration au programme de réinsertion des criminels personne ne sait ce qu’il est devenu. Pour ceux qui n’auraient pas (encore) lu le tome 1, je ne m’aventurerai pas à dévoiler trop d’informations sur la super-idol et sur Nichiya. Mais dès le tome 3 je ne pourrais plus le faire. Ce qu’il y a d’important dans ce premier manga écrit par NINJYAMU et dessiné par MISAO est qu’il traite de thèmes assez forts et d’actualité. Il y le terrorisme, l’influence d’une personne célèbre ou de pouvoir, la création de programme servant à “castrer” les criminels les plus endurcis afin de les empêcher de nuire dans le futur. Dès le premier tome l’efficacité annoncée de 0% de récidive ne tient plus vraiment debout comme on peut le voir dans le tome 1. Cela se confirme dans ce nouveau tome, avec notamment l’intervention d’anciens criminels ayant réussi à trouver un moyen de commettre d’autres méfaits sans qu’ils ne soient victimes des effets secondaires (vomissement, paralysie, etc) du traitement infligé lors de leur détention. 

© 2017 MISAO, Ninjyamu / Kodansha Ltd.

En effet miroir nous avons une grande partie de la population qui emprunte un chemin similaire en vengeant les atrocités subies par Sela. Cette jeune fille d’apparence gracieuse et innocente cache bien son jeu avec une personnalité glaçante. La question de faire justice soi-même est au centre du récit, avec d’un côté la police essayant de contrer le plan (rendre le monde meilleur par tous les moyens) de Sela, mais aussi par les gens lambda. Au milieu il y a l’agent Kudo, proche de Sela qui se retrouve divisé entre son devoir de ramener Sela sur le droit chemin et celui de la mettre hors d’état de nuire. Son caractère très candide est assez exaspérant, même s’il soulève des interrogations pertinentes. À voir comment il évolue, mais pour le moment j’ai beaucoup de mal avec sa vision des choses et surtout sa grande naïveté presque ridicule. On s’intéresse donc plus facilement au reste des personnages. L’ambiance est celle d’un petit thriller rappelant les machinations dans Psycho-Pass, par exemple. Le dessin de MISAO est propre, avec des protagonistes principaux facilement reconnaissables. Le côté doux du charadesign contraste avec le cadre plus sombre du manga. En conclusion, ce deuxième tome de Fool’s Paradise s’est avéré plus convaincant dans son ensemble, malgré le personnage nuancé de Kudo. Le côté « big brother » de la société enrichit le manga d’éléments actuels (applications, réseaux sociaux, etc) et on se demande ce que va encore inventer Sela pour déchaîner l’amour et la colère de ses super fans.

hjzgg

7 réflexions sur “Critique manga #198 – Dog End tome 2, Moriarty tome 3, Fool’s Paradise tome 2

    • Sa personnalité déstabilise grandement je trouve. C’est une interprétation assez libre, meme si elle repose sur des bases solides. C’est limite je le sens plus dangereux que Moriarty dans sa quête de justice. Hâte que tu le lises et d’avoir un petit retour dessus ^^

      Aimé par 1 personne

  1. Je n’ai lu que tes conclusions vu que j’ai pas encore lu mes tomes de Moriarty et Fool’s Paradise. Ça me donne envie de m’y jeter dessus mais je dois patienter et lire d’autres tomes plus anciens.
    Je croise les doigts pour accrocher autant que toi, surtout Moriarty que j’avais trouvé un peu fade malgré les promesses du titre ^^!

    Aimé par 1 personne

  2. Je viens de lire le tome 3 de « Moriarty » : j’aime toujours autant, encore un tome bien prenant. Les intrigues se complexifient petit à petit, c’est une bonne chose de les étaler sur plusieurs chapitres.
    En effet, pas mal d’éléments fort sombres dans ce tome ! Ca donne une ambiance prenante, mais ce serait éventuellement sympa qu’il y ait aussi des enquêtes plus légères, comme il y en avait d’ailleurs chez Conan Doyle, pour diversifier les ambiances 🙂
    Je serais curieux de voir les deux points de vues, celui des Moriarty et celui de Holmes, se mêler de plus en plus, pour nous présenter le plus souvent possible deux aspects différents des enquêtes.
    Je comprend ton ressenti sur la personnalité de Sherlock, il est en effet à la limite de la folie…Mais pour ma part, ça m’a bien plu comme interprétation. Le plus grand risque avec un Holmes sur le fil et dont on a l’impression qu’il peut basculer n’importe quand, c’est finalement que ça a déjà été fait, et très bien, auparavant, donc que « Moriarty » pourrait finir par souffrir de la comparaison…Mais pour l’instant le manga garde bien assez d’éléments intrigants et propres pour ne pas avoir ce problème.
    Sinon c’est rigolo, Watson qui pousse Holmes à sortir avec le costume cliché qu’il lui a donné dans son livre, c’est une idée présente à peu près tel quel dans Sherlock. Je me demande si c’est une référence volontaire^^

    Moriarty se confirme comme un de mes mangas de l’année, même si c’est de toute évidence très lié à mon amour pour l’univers Holmésien… 🙂

    SPOILER
    Et je suis content aussi de l’arrivée de Mycroft. C’est un personnage auquel je tiens beaucoup, j’ai donc très hâte de voir comment il sera traité !

    J'aime

    • Magnifique ! Je suis ravie de voir que je t’ai donné envie de franchir le cap, je pense (et je l’espère) que tu ne le regretteras pas. N’hésite pas venir papoter avec moi après ta lecture de ce titre. 😀

      J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s