Critique BD #15 – Babybox, Les Carnets de Cerise et Valentin, Chroniques de l’île perdue

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Pour ce premier article de 2019, je vous propose de découvrir trois BD éditées par les éditions Soleil dans plusieurs de leurs collections. Plusieurs thèmes sont abordés au fil des lectures, tels que l’adoption et les liens familiaux tandis que l’on essaye de comprendre qui nous sommes. C’est donc en images et en bulles, que je vous laisse découvrir ces trois BD.

 


Babybox - Jung Disponible aux éditions Soleil dans la collection Noctambule au prix de 19,99€ ou sur Amazon | Également disponible en numérique sur izneo | Voir la bande-annonce

Babybox est le nouveau roman graphique de Jung, auteur et dessinateur – d’origine coréenne et adopté par une famille Belge – depuis le début des années 90.  En 1992, il reçoit le Prix regards chrétiens pour sa bande dessinée Yasuda chez Héloyde-Lefranc.  Cinq ans plus tard il signe La Jeune fille et le Vent en collaboration avec Martin Ryelandt aux éditions Delcourt. En 2007, il se lance dans l’écriture de Couleur de peau: miel, une bande dessinée autobiographique dont il coréalisa le film avec Laurent Boileau deux ans plus tard. On lui doit aussi la trilogie Kwaïden. Babybox raconte l’histoire de Claire, qui a l’âge de 4 ans quitta la Corée du Sud pour vivre en France avec sa famille d’adoption. Mais quand un tragique accident frappe ses derniers, Claire va devoir apprendre à s’occuper de son petit frère de 10 ans. En rangeant ses affaires, elle découvre une boîte contenant des photos de sa mère, jeune, un petit bracelet de naissance ainsi qu’un dossier médical. Elle apprend alors qu’elle a été adoptée. Déboussolée, elle part à recherche de ses origines à Séoul. Là-bas elle apprend que les nouveau-nés peuvent être déposés, anonymement, dans une boîte appelée babybox. Ce one-shot de Jung m’a permis de découvrir un auteur et dessinateur très sensible dans son approche des thèmes de l’abandon et de l’adoption, autour de personnages très vivants malgré le fait qu’ils ne soient faits que de traits sur du papier.  Les premières pages nous montrent comment Claire s’est retrouvée dans cette babybox, avec une Claire adulte apprenant que rien ne cloche chez elle et qu’elle peut avoir des enfants avec con petit ami. Néanmoins, une profonde tristesse se dégage de cette jeune femme, et très vite l’auteur arrive à lui donner une dimension très intime sans pour autant que le lecteur ne se sente de trop. Au contraire, à la lecture on ne peut que s’investir dans l’histoire de Claire, comme si nous étions son seul confident. Il n’y a pas besoin d’avoir fait des grandes études pour comprendre que le thème de l’adoption et de la famille sont des sujets qui touchent Jung. On peut y deviner certaines paroles, sentiments et moments vécus pour lui dans ce qui arrive à Claire. En partant découvrir son histoire, Claire s’embarque dans un monde complètement inconnu mais qu’elle doit connaître pour savoir qui elle est et ce qu’elle veut de sa vie. Elle y rencontrera le créateur de la babybox, et son passé définira son futur. Pour le meilleur ? Il va falloir lire ce one-shot pour le découvrir. La partie graphique est à la hauteur du scénario. La tendresse, la solitude et la chaleur sont des piliers du trait de Jung. Élégant du début à la fin, les personnages sont créés avec force et poésie. La couleur rouge apporte un grain particulier aux planches en noires et blancs. La qualité du travail des équipes des éditions Soleil est aussi à souligner. En conclusion, Babybox est un album narrant la quête identitaire d’une jeune femme qui cherche des réponses. Jung délivre une histoire sublime et bouleversante, portée par son dessin épurée et nostalgique.

 

 

Couverture Les carnets de Cerise et ValentinDisponible aux éditions Soleil dans la collection Métamorphose au prix de 14,95€ ou sur Amazon | Voir la bande-annonce

Après 5 tomes, la série Les Carnets de Cerise s’offre son premier spin-off. Intitulé Les Carnets de Cerise et Valentin, écrit et dessiné par Joris Chamblain et Aurélie Neyret, reprend les personnages de la série mère dans une aventure inédite. Si elle peut être lue indépendamment du reste, il vaut mieux avoir au moins lu le tome 1 pour savoir dans quel univers nous mettons les pieds. Mais pour ceux qui ne savent rien de cette série, Valentin et le demi-frère de Cerise. L’histoire de ce spin-off met les deux enfants dans la notion de peur de l’inconnu. En effet, la famille va partir dans un long voyage autour du monde, et le jeune garçon du haut de ses 7 ans ne se sent pas des plus courageux. Pour l’aider à apaiser ses angoisses, Cerise et lui imaginent une histoire d’extraterrestres qui atterrissent dans leur jardin. Et ainsi commence l’aventure des deux enfants. Parlons d’abord de la construction narrative qui est a moitié fait de cases de bande dessinée traditionnelle, et par des cartes écrites, pages de cahier griffonnées, etc. Dans un premier temps, cela peut surprendre surtout si on s’attend à rester dans l’univers BD. Personnellement, j’ai trouvé que la partie narration hors bulles prenait trop de place, ce qui a créé un ralentissement dans ma lecture. L’histoire reste touchante, mais je n’ai pas été subjugué. Les personnages restent propres à la caractérisation qu’on leur connaît, mais l’ensemble m’a dérangé. Le côté psychologique est un atout majeur du récit, puisque nous sommes dans l’exploration de la peur et de la nouveauté quand votre vie est transformée par un événement. Le dessin de Aurélie Neyret est magnifique, nous ne pouvons pas dire le contraire. La colorisation est de qualité soignée et apporte vraiment quelque chose aux cases. En conclusion, très peu de chose à dire sur cette lecture en demi-teinte que j’aurais réellement voulu apprécier à sa juste valeur. Malheureusement, le charme n’a pas opéré car j’ai trouvé le tout trop inégal pour que j’arrive à me plonger dans Les Carnets de Cerise et Valentin.

 

 

Chroniques de l'île perdueDisponible aux éditions Soleil dans la collection Métamorphose au prix de 18,95€ ou sur Amazon | Également disponible en numérique sur izneo

Les Chroniques de l’île perdue est scénarisé par Loïc Clément (Le temps des Mitaines, Les Jours sucrés) et illustré par Anne Montel graphiste et dessinatrice jeunesse récompensée par le Prix Jeunes talents du FIBD d’Angoulème, et ayant déjà collaboré avec Clément. Le récit débute avec une croisière réunissant la famille de Sacha et Charlie lorsque soudain, le navire se met à couler. Les deux frères se réveillent sur une île inconnue, tous deux à des endroits différents sans avoir la moindre idée si l’autre est encore en vie. En explorant l’île, ils vont chacun vivre des aventures aussi cauchemardesques que féeriques peuplés d’êtres mystérieux. En débutant cette histoire, je ne pensais pas que j’allais être surprise par son atmosphère. Du début à la fin, Clément et Montel arrivent à entretenir cette part sombre, voir terrifiantes qui viennent défier le courage des deux enfants. La narration vogue parfois entre le conte pour enfants où le mysticisme s’invite volontiers. Ce que le duo met en lumière s’est avant tout le lien qui unit deux frères entre eux. La présence de loups fantomatiques aux yeux rouges poursuivant tous du long Charlie, alors que son grand frère Sacha ne cesse de le chercher. Le lieu n’est pas anodin dans l’histoire, et Clément arrive à faire de bout de terre flottant un personnage à part. Difficile d’en dire plus sans risquer de dévoiler le mystère de l’île et le destin des deux enfants. La partie fantaisie s’intègre plutôt bien, malgré le fait que la narration puisse nous perdre quelque peu ici et là. Le scénario expose plusieurs pistes tout en gardant le lecteur curieux et attentif. Les sentiments de chacun sont importants et font avancer l’histoire, alors que le côté inventif de la narration apporte de la fraîcheur à la construction. Le dessin de Anne Montel possède son charme et nous fait rêver. Les personnages sont mignons de part leurs tailles, et la couleur épouse parfaitement le trait. La ligne entre le sombre et l’enfance n’est jamais franchie, ce qui n’est pas forcément évident. Le travail éditorial et conceptuel est en total raccord avec l’oeuvre en elle-même. En conclusion, Chroniques de l’île perdue une lecture pour petits et grands, où le degré d’interprétation est propre à celui qui l’ouvre. 

 

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