Critique manga #212 – Given tome 4, Ginza Neon Paradise

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En 2017, paraissait la petite pépite Given qui m’avait tout de suite fait penser au célébrissime manga Nana de Ai Yazawa, dont le dernier tome remonte à 2010. Autant dire que l’ambiance musicale et les personnages habités par une mélancolie mêlant espoir et amour sont arrivés à point nommé. Regardons ensemble si ce tome 4 nous emballe toujours autant, voulez-vous ? Puis, on terminera avec le one shot Ginza Neon Paradise dans un Japon après la Seconde Guerre Mondiale où un homme attend le retour de son ami… 

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Disponible aux éditions Taifu Comics ou sur Amazon au prix de 8,99€ | LIRE MON AVIS SUR LES TOMES PRÉCÉDENTS | LIRE UN EXTRAIT DU TOME 1

Il aura fallu attendre plus d’un an pour retrouver notre quatuor de musique rock, avec un Mafuyu dévoilant tous le génie qui l’habite quand il s’agit de la musique. À ses côtés, le guitariste et petit ami Uneoyama tente de trouver sa place malgré le sentiment de jalousie qu’il éprouve quand Mafuyu décide de passer du temps avec l’ex-petit ami de Akihiko pour parfaire son apprentissage dans la composition de musique. En parallèle, Haruki, le bassiste du groupe, est de plus en plus perdu face aux sentiments qu’il éprouve pour Akihiko. Ce quatrième tome se concentre plus sur la seconde romance, plus complexe, puisque Mafuyu et Uneoyama sont à présent un couple. On en apprend aussi plus sur la relation tumultueuse de Akihiko et Ugetus, le prodige du violon. Ce qui est surprenant est que l’on découvre que le premier jouait également de cet instrument, mais suite à sa rencontre avec Ugetsu il ne pût continuer tant il se sentait inférieur à lui. Cohabitant toujours ensemble, les disputes sont fréquentes surtout avec les tendances gigolo de Akihiko. C’est ainsi que Haruki se retrouve face à celui qu’il aime, alors qu’il ne va que l’utiliser. Le lendemain, leur amitié en a pris un sacré coup ce qui pourrait entacher l’avenir du groupe… Surtout quand Haruki se voit proposer de revenir jouer quelque temps au sein de son ancien groupe pour un enregistrement… Le scénario de Natsuki KIZU est un véritable tourbillon de sentiments.

© Natsuki Kizu 2014 Originally published in Japan in 第一発行年 by SHINSHOKAN CO., LTD., Tokyo

Je n’avais pas vu cela dans un manga parlant musique depuis Nana de Aï Yazawa. La mangaka prend le temps de donner un vécu à chacun, les rendant honnête dans les émotions qu’ils témoignent. Si dans un groupe il y a un toujours un membre qui ressort plus que les autres, KIZU veille à ce que chacun soit traité de manière équitable en leur donnant une histoire indépendante de celle avec le groupe en entier. Les événements s’enchaînent dans un bon rythme et on ne trouve pas le temps de s’ennuyer. Le côté imperturbable de Akihiko n’est en réalité qu’une façade pour masquer la détresse et la solitude qu’il éprouve depuis le rejet de sa famille. Même si nous sommes en présence d’un yaoi, il n’y a aucune scène à caractères sexuels, ce qui fait que n’importe quel lecteur n’étant pas réfractaire aux couples M/M pourra le lire avec plaisir. Le dessin de Tatsuki KIZU dégage autant de beauté que le scénario. La ligne claire de l’artiste confère une profondeur à la lecture, et les expressions sont toujours un excellent point. Le travail sur l’édition et la traduction (Margot Maillac) est de qualité et avec zéro défaut. En conclusion, l’attente de ce tome 4 fut longue mais ça en valait la peine. Le récit progresse à son rythme tout en laissant chaque personnage s’épanouir et nous dévoiler leurs peurs, leurs sentiments et bien plus encore. Given tient toutes ses promesses, et on est prêt à attendre un an pour la suite…

17/20

 

Disponible aux éditions Taifu Comics ou sur Amazon au prix de 8,99€ | LIRE UN EXTRAIT ICI

Ginza Neon Paradise est un manga signé UNOHANA connue en France pour les tires The Dog and Waning Moon et On entend son cri aux éditions Boy’s Love IDP. Ce one shot est le premier de l’auteure à faire son entrée dans le catalogue des éditions Taifu Comics, alors que le titre est disponible au Japon depuis 2015. L’histoire a pour cadre la ville de Tokyo en 1948. Aoi attend le retour de son ami d’enfance Takahiko depuis la fin de la guerre. Alors qu’il sombre dans le désespoir, Aoi ne le voit revenir dans sa vie que trois plus tard. Pourtant, Takahiko était revenu deux ans auparavant mais qu’il a préféré ne pas le revoir. Blessé, Aoi va essayer de comprendre pourquoi son ami n’a pas voulu reprendre contact avec lui ? La raison se trouve-t-elle dans la nuit qu’ils ont passé ensemble avant son départ au front ? Le charme du récit se situe en grande partie dans le fait qu’il se passe dans un Japon d’après-guerre. C’est travaillé dans la limite de ce qu’un one-shot a à offrir, et même si on aurait voulu en voir plus, cela reste très bon. Nous avons ensuite, bien évidemment, les personnages et surtout le lien qui les unit.

GINZA NEON PARADISE © UNOHANA 2015 Originally published in Japan in 2015 by NIHONBUNGEISHA Co.,Ltd, Tokyo

Dans une série de flashback, UNOHANA plante les graines qui fera la romance de ces deux hommes. C’est écrit avec sensibilité, en respectant le caractère de chacun. Aoi est plutôt un intellectuel alors que Takahiko aimait déjà utiliser ses poings avant de partir en guerre. Malgré leur tempérament, ils pouvaient s’appuyer l’un sur l’autre pour se hisser au-delà des préjugés. La liberté est aussi un sentiment que la mangaka traite avec beaucoup de doigté. Takahiko en est l’exemple même. Il aime n’avoir aucune attache et ne se laisser pas atteindre par le rejet et les moqueries. UNOHANA maîtrise son récit tout en laissant le naturel des personnages guidé son écriture. Les non-dits entre Takahiko et Aoi font que des quiproquos ou de fausses idées prennent racine dans l’esprit de chacun. La tension et la fragilité se ressentent et on se laisse facilement porter par eux. Le charadesign de la mangaka possède son charme, avec un trait simple mais matûre. Les décors sont convaincants, ainsi que les tenus. La traduction et l’édition de Taifu Comics sont impeccables. En conclusion, Ginza Neon Paradise est un one-shot sincère dans l’histoire qu’il raconte. Les personnages nuancés se calquent très bien à l’époque d’après-guerre. Un très bon moment de lecture mêlant romance et historique.

7 réflexions sur “Critique manga #212 – Given tome 4, Ginza Neon Paradise

  1. Je n’avais pas fait le rapprochement entre Given et Nana (les derniers tomes étant tellement…) mais maintenant que tu le dis, c’est vrai qu’on ressent un peu la même ambiance passionnée et mélancolique à la fois avec des émotions complexes et la musique qui s’ajoute par dessus. J’ai moi aussi eu un vrai coup de coeur pour ce tome, mais j’aimerais bien ne pas attendre un an avant la suite ><

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