Critique #168 – S’il fallait se dire adieu de Madeleine Reiss, L’Oeillet de velours par Laura Carlin

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Partons dans les rues de Londres. Premier arrêt contemporain dans la capitale britannique où l’amour d’un fils à sa mère nous touche. S’il fallait se dire adieu s’adresse aux lecteurs de Jojo Moyes, bouleversant et magique du début à la fin. Second arrêt, mais dans le passé cette fois-ci, puisque Laura Carlin nous emmène au début des années 1800 où deux femmes vont mener une enquête sombre où la passion va faire vibrer leurs corps.

 

Merci à Stéphanie pour ce voyage


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S’il fallait se dire adieu est écrit par Madeleine Reiss, ancienne journaliste et publicitaire dans le domaine de l’art, devenue auteure et vivant à Cambridge avec son mari. C’est à l’âge de cinquante ans qu’elle remporte un concours qui lui permet de publier ses premiers romans Someone to watch over me et This Last Kiss. En février 2018, sort S’il fallait se dire adieu (Before we say goodbye en VO) qui marque son arrivée dans les rayons français. L’histoire est celle de Josie, mère de famille, se dédiant corps et âme à son fils Scott, souffrant d’une insuffisance cardiaque. Ses derniers examens n’étant pas bons, le jeune homme se prépare à partir avant l’heure, alors qu’il n’est âgé que de 19 ans. Mais avant, il souhaite faire une chose pour sa mère: lui trouver un compagnon pour qu’elle ne soit pas seule après son départ. Aidé d’une amie, le garçon poste une vidéo sur les réseaux sociaux en espérant trouver la perle rare, mais se garde bien de le dire à sa mère ! Si les thèmes abordés sont tristes, la plume de Madeleine Reiss nous rappelle à quel point il est essentiel de vivre l’instant présent et de toujours faire en sorte de dire aux gens importants qu’on les aime. Le style de l’auteure se rapproche de celui de Jojo Moyes dans sa simplicité à écrire des récits lumineux et pleins d’espoir malgré la vie s’assombrissant pour les personnages. Ce qui importe dans S’il fallait se dire adieu n’est pas la finalité de l’histoire, mais plutôt les sentiments qui ressortent des pages. Scott est un jeune homme que l’on va adorer suivre, avec qui on va rire, espérer et pleurer. Le rythme se calque un peu au gré des saisons qui passent, le temps file comme la couleur verdâtre du printemps qui laisse place au châtain de l’automne. Ça en est presque poétique. Josie est une femme que l’on va admirer, soutenir et qu’on a envie de voir heureuse. Si on sait que par amour une mère peut décrocher la lune pour son enfant, ici, c’est au tour du fils de déclarer son amour et respect pour celle qui l’a mis au monde. Les personnages autours apportent beaucoup de bienveillance, et on passe un très bon moment avec eux. L’autre point essentiel est la rencontre entre Josie et ses prétendants… et qu’est-ce que c’est génial ! Je n’en dirai pas plus pour ne pas gâcher la lecture, mais il y a vraiment de tout ! La question de la maladie et du deuil est abordée avec tact et profondeur. En conclusion, Madeleine Reiss offre à quiconque le souhaite une histoire d’amour, de tendresse et de positivité dans la fatalité de la vie. C’est peut-être triste, mais c’est encore plus beau et vibrant de sincérité.

Quand Scott était arrivé à Londres, il était tombé amoureux de son métro et s’imaginait, durant chaque trajet, filer sous les tours, les routes, les monuments, sous les maisons où les gens faisaient l’amour, se disputaient ou prenaient leur petit déjeuner, mais là, tandis qu’il descendait les escaliers mécaniques, il ne ressentait plus qu’une terreur asphyxiante. Des affiches de pub pour des produits qu’ils ne verrait probablement jamais défilaient au-dessus de sa tête. 

 

 

Disponible aux éditions Milady dans la collection Littérature (Historique) ou sur Amazon au prix de 19,50€ | Également disponible en numérique

Laura Carlin est une auteure britannique diplômée du Royal College of Art de Londres. Elle aime à s’exprimer dans la peinture, le dessin et la céramique. On peut aussi voir son travail d’illustratrice dans la presse comme Vogue ou The Guardian. Son premier roman A Wold of Your Own sort en 2014, et L’Oeillet de velours (The Wicked Cometh en VO) paru l’année dernière fait son arrivée dans les rayons francophones. L’Oeillet de velours est une fresque historique ayant pour lieu le Londres de 1831, où des gens “sans importance” pour les plus aisés disparaissent. Hester White est une jeune femme aspirant à mieux que la misère dans laquelle elle vit. Son vœu va être exaucé quand elle croise – par accident – le chemin de la riche famille des Brock. La famille aristocrate décide de la prendre sous son aile, et plus particulièrement l’intelligente et mystérieuse Rebekah Brock. Un lien fort se forge entre les deux femmes, les amenant à tenter de résoudre l’énigme des disparitions qui font craindre la population… Avant de parler des protagonistes, il faut évoquer l’atmosphère que dégagent les rues de la capitale britannique. Les descriptions faites par la plume de Laura Carlin nous emmènent entre les bâtisses grises mais gracieuses de la ville. Parfois, certaines longueurs se glissent ici et là, mais cela ne nous empêche pas de passer un bon moment. En lisant L’Oeillet de velours nous avons une grande envie de prendre un aller simple pour Londres, s’y perdre et se nourrir de l’architecture qui a fait son histoire, malgré les effluves pas très charmants qui en émanent parfois. Mais bon, comme toute ville dans le monde, rien n’est jamais tout rose, n’est-ce pas ? La relation entre Rebekah et Hester nous fait arquer un sourcil et naître un sourire en coin. Laura Carlin n’impose rien mais laisse clairement apparaître les sentiments de ces deux femmes aux yeux des lecteurs. La progression dans le récit se fait de manière crédible et sincère. La prose de Laura Carlin permet de plonger aisément dans le récit, c’est fluide et délicat. Les bons points ne s’arrêtent pas, puisque les deux femmes sont chacune forte, ne laissant personne indifférent dans leur manière de faire front. Il est agréable de voir des personnages féminins mener la danse et se plonger dans des secrets sombres qui ne les épargneront pas. Hester possède un cœur bienveillant, et son peut facilement se reconnaître en elle. Rebekah est charismatique et représente bien le combat que menaient déjà les femmes à cette époque dans une société dominée par la masculinité. Comme je le dis au début certaines lenteurs ralentissent le récit, mais dans l’ensemble le style et l’histoire retiennent notre attention. Mention spéciale pour la couverture, toute en simplicité et copie conforme de la VO, décrivant l’époque victorienne avec élégance. En conclusion, Laura Carlin est une auteure à surveiller nous invitant à découvrir sa plume faite d’amour et de grâce. La relation ainsi que l’enquête de Hester et Rebekah nous plonge avec facilité dans les recoins surprenants et sombres de Londres.

À présent que nous sommes seules, je n’ai plus la force de me retenir et je tombe à genoux, harassée par la fatigue et le soulagement. Rebekah se précipite vers moi en tendant le bras et je crains ce contact qui menace de déclencher en moi une vague de passion. Je prends sa main et ressens un délicieux tiraillement dans le ventre qui ne saurait souffrir la description ; tout s’apaise, lorsqu’elle me touche.

15 sur 20

5 réflexions sur “Critique #168 – S’il fallait se dire adieu de Madeleine Reiss, L’Oeillet de velours par Laura Carlin

  1. Je l’ai vu hier en librairie mais ma libraire pense que « c’est un peu léger pour vous » !? ;-D Le côté « Wilkie Collins » me faisait pourtant de l’oeil.

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