Critique comics #032 – Batman & Robin intégrale tome 2, Wonder Woman Rebirth tome 2,

titre comics.png

Quand on pense à Batman, les sentiments ne sont pas forcément la première chose qui vient en tête. Froid, sombre et distant sont plus facilement associés à Bruce Wayne, le solitaire. Mais avec l’arrivée de son fils Damian, le solitaire voyait son cœur se mettre à battre à nouveau depuis la perte de ses parents. Mais comme toujours la tragédie n’est jamais loin, et la perte de son fils va faire sombrer Batman dans une détresse destructrice aussi bien pour lui que pour les autres. Pendant ce temps, à l’ère Rebirth de DC Comics, Wonder Woman se lance dans une quête identitaire menée par la plume de Greg Rucka un fin connaisseur de l’héroïne. Rendez-vous dans la suite pour lire mon avis sur l’intégrale 2 de Batman & Robin et le tome 2 de Wonder Woman Rebirth

Merci à Anne-Catherine de Dargaud Suisse pour la confiance et cette lecture


batman-amp-robin-integrale-tome-2Disponible aux éditions Urban Comics ou sur Amazon au prix de 28€ | LIRE MON AVIS SUR L’INTÉGRALE 1 ICI 

Urban Comics poursuit sa réédition en intégrale de la série Batman & Robin issue de la période New 52, qui compte 7 tomes en version simple. Le scénario est toujours signée Peter Tomasi (Super Sons, Superman, JSA, Hitman) avec Patrick Gleason (Green Lantern Corps) aux dessins. Le chapitre #18 de la série voit un Bruce Wayne dévasté par la mort de son fils, Damian. Pour ceux n’ayant pas encore découvert ce titre, je tairai le nom du responsable de la mort du garçon. Cette tragédie fait forcément écho à l’assassinat de Jason Todd également Robin dans les années 80 [à lire dans Un Deuil dans la famille]. Comme lors des précédents numéros, Tomasi se concentre sur l’humain et la psychologie des personnages. La relation entre le père et le fils était difficile tant Bruce ne possède pas la carrure d’un père, vu qu’il a manqué de cette figure paternelle après l’assassinat de ses parents quand il était enfant. Bruce plonge alors dans une spirale faite de désespoir et de rage l’amenant au bord de la folie. L’impact de cet événement touche également le reste de la Bat-family, ainsi que Catwoman. Chacun va tenter de s’approcher de Batman et de le ramener vers la lumière, et lui faire comprendre qu’ils sont là pour lui dans cette épreuve. La réaction de justicier est assez prévisible quand on est familier avec le personnage. Après tout quand on prend une chauve-souris comme représentation pour son alter-ego, c’est que les ténèbres font déjà partie de nous… Le chapitre #18 possède la particularité d’être presque totalement dépourvu de textes. Tel le  »Requiem » de Mozart, les planches transmettent toute la détresse du Chevalier Noir. À travers les regards et le calme apparent, Tomasi laisse le champ libre à Patrick Gleason pour composer son chefs-d’œuvre. Les sept étapes du deuil sont écrites de façon poignante et sont sublimées par le trait de Gleason. Je pense tout particulièrement à cette planche où Bruce, à terre, serre fort le costume vide de Robin. Après de telles émotions, difficile de produire des numéros tout aussi bons, et pourtant le duo y arrive ! Le reste reprend la suite du tome 4 ainsi que le tome 5 simple au complet. Les chapitres #24 à #28 sont bourrés d’action avec un Harvey Dent préparant sa vengeance sur la famille McKiller, responsable de sa condition de Double-Face. Ici, Peter J. Tomasi réécrit une partie des origines de l’ancien procureur de Gotham, le posant dans une position où au final il n’était pas si intègre que ça pour commencer. Dans son ensemble le traitement fait par le scénariste est acceptable et pas bête du tout, au contraire. Batman, toujours en période de deuil, va devoir arrêter Harvey avant qu’il n’accomplisse son méfait. Les flashbacks apportent un plus valu au récit, avec un Gotham toujours aussi sombre et chaotique. Le rythme est plaisant et la qualité est au rendez-vous. Tomasi offre ainsi la possibilité au lecteur de respirer un peu après les émotions des numéros précédents. Le dessin de Patrick Gleason reste de qualité, comme je le disais déjà pour le tome 1. Le dessinateur arrive à retranscrire le scénario de son acolyte avec facilité. C’est soigné et assez détaillé pour nous plaire. En conclusion, en plus de vous faire économiser quelques euros par rapport au format simple, cette deuxième intégrale de Batman & Robin nous faire passer par toutes sortes d’émotions. Si Damian est souvent un personnage que je ne peux supporter – en grande partie lors du run de son créateur Grant Morrisondans le scénario de Peter J. Tomasi l’adolescent est présenté de manière plus complexe et nuancé. Une tête de mule certes, mais un enfant privé de beaucoup de choses au final. Sa disparition plonge Bruce Wayne dans une douleur immense, difficile à regarder en tant que lecteur. Un récit émotionnel écrit avec brio et sensibilité.  

wonder-woman-rebirth-tome-2Disponible aux éditions Urban Comics ou sur Amazon au prix de 17,50€ | LIRE MON AVIS SUR LE TOME 1 ICI 

Dans le tome 1 des nouvelles aventures de Wonder Woman, le scénariste Greg Rucka revenait sur les origines de l’Amazone. Ce tome 2 intitulé  »Les Mensonges » reprend les numéros impairs de la version US de #1 à #11. Pourquoi ? Parce que dans version d’origine, Rucka avait fait le choix de faire un chapitre au présent, un chapitre au passé, et ainsi de suite. Urban Comics lui a décidé de ne pas reprendre l’ordre de publication de base, pour offrir aux fans un récit plus organisé et compréhensible. Ce deuxième tome se passe donc au présent, avec le retour d’une des plus grandes ennemies de Diana, à savoir Cheetah.  Comme ayant l’étrange sentiment que rien ne va, Diana part à la recherche de l’île de Themiscyra. La collaboration entre les deux femmes fonctionne et donne du rythme à l’arc. Steve Trevor vient s’ajouter de manière complémentaire au scénario de Rucka, sans éclipser Diana et celle qui l’accompagne. En fait,  la ligne directrice du Rebirthde DC Comics prend tout son sens avec l’Amazone en particulier, et les souvenirs ne tarderont pas à affluer. La suite s’annonce réellement intéressante pour comprendre la réelle définition du personnage de Wonder Woman et ce qu’elle représente, et aussi une remise à plat directe concernant l’identité de Diana et comment elle se perçoit. Du côté graphique, nous avons de l’excellent Liam Sharp (2000AD, Spawn: The Dark Ages) qui fait toute l’atmosphère du récit. On pourrait presque s’imaginer sur les eaux avec Diana… presque ! L’Amazone nous semble aussi divine que redoutable, tendre et farouche dans ses actions et sans ses silences. La colorisation de Laura Martin et Jeremy Colwell – entre autres – donne de la brillance au trait de Sharp (aidé de Matthew Clark).  Certains diront que le choix d’Urban Comics de ne pas avoir gardé l’ordre de publication VO comme une déception, alors que d’autres les remercierons. Il s’agit en faite de deux interprétations différentes, et dont le lecteur se fera sa propre idée. Pour moi cela a mieux fonctionné que la VO, plus fluide et compréhensible. Les lecteurs novices sauront l’apprécier en tout cas. En conclusion, un tome 2 qui lance réellement l’intrigue principale avec une Wonder Woman charismatique et respectable dans sa quête de vérité sur sa propre personne. Rucka complète de manière volontaire ou non son arc précédent [à lire dans Greg Rucka présente Wonder Woman] sur la guerrière Amazone avec audace et subtilité. Mais rien d’étonnant quand on connaît le Monsieur. 

17/20

3 réflexions sur “Critique comics #032 – Batman & Robin intégrale tome 2, Wonder Woman Rebirth tome 2,

  1. Il faut que je trouve le temps (et le budget) de prendre ce deuxième tome de Batman & Robin car le premier m’avait énormément plu. Je trouve Tomasi et Gleeson excellents pour travailler sur la cellule familiale (j’avais découvert le duo avec Superman Rebirth).

    Aimé par 1 personne

    • J’apprécie la nouvelle « approche » autour du personnage de Damian, parce que sincèrement dans le run de Morrison je ne l’aime pas du tout. Il aurait été écrit de la même manière dans Batman & Robin, sa mort ne m’aurait pas du tout touché. Et oui Tomasi comprend totalement la sphère familiale, chose qu’il confirme dans Super Sons dernièrement (meme si je ne suis pas à jour).

      Aimé par 1 personne

      • J’avais déjà apprécié le personnage dans le run de Morrison, mais je préfère effectivement son développement dans celui-ci, ne serait-ce parce que sa relation avec Bruce est au centre du récit alors que chez Morrison, ils ne partageaient finalement que peu de temps tous les deux.

        J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s