Critique manga #232 – Raisekamika tome 1, Switch Love tome 1, Une drôle de famille tome 1

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Trois mangas, trois genres différents. Le premier au nom un peu compliqué à prononcer est un Seinen où deux adolescents voyagent entre 2 dimensions pour devenir des dieux. Le second est un Shojo moderne et rafraîchissant qui pourrait donner à réfléchir concernant notre société. Et enfin, le dernier est écrit et dessiné par la mangaka d’Un drôle de père, et épouse le format court des tranches de vie. 

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Merci à Solène et Mélanie pour ces trois lectures


Manga - Manhwa - Raisekamika Vol.1Disponible aux éditons Delcourt Tonkam ou sur Amazon au prix de 7.99€ | LIRE UN EXTRAIT ICI

Raisekamika est un manga écrit et dessiné par Hajime SEGAWA lancé en 2017 au Japon dans les pages du Shonen Ace de Kadokawa Shoten. Il compte actuellement 4 tomes dont le premier vient de paraître en France. L’histoire est celle de Raise Ôkuni, un lycéen ordinaire qui pour subvenir à ses besoins doit travailler. Un jour le voilà propulsé dans une autre dimension avec Kamika, une nouvelle camarade de classe, et qui le prend pour un pervers. Raise est une garçon assez mature et conscient des difficultés de la vie. Sa seule hantise dans la vie : devenir un coureur de jupons infidèle comme son père. Ce premier tome se veut aussi introductif que porté sur l’action. Après seulement quelques pages, voilà notre duo qui s’entend aussi bien que chien et chat propulser dans cette autre dimension. Là-bas ils vont adopter la position des dieux ce monde. La particularité est que ces dieux ne peuvent utiliser leur pouvoir dans un autre territoire céleste. En outre le fait que les deux adolescents ne savent pas ce qu’ils font là, la situation va empirer avec l’arrivée de Loki venu chercher sa fiancée, Kamika. Cette dernière est une jeune fille qui n’a pas sa langue dans sa poche. Elle possède un appétit de ogresse et ne cesse de tenir tête à Raise qu’elle prend pour un pervers suite à un malentendu. Ce gag va en devenir récurrent, malgré une certaine complicité qui s’installe entre eux au fil des pages. L’humour est présent mais ne m’a pas plus touché que cela, dans le sens où j’ai trouvé que c’était un peu trop répétitif. Ceci dit j’ai apprécié la mise en scène de ces passages avec les mimiques décalées des personnages. Les combats sont sympas et bien exécutées. Le fonctionnement de l’univers est encore un peu flou et la rapidité à laquelle va se tome n’aide pas forcément à la compréhension.

© 2017 Segawa Hajime, Kadokawa Shoten

On retrouve une foule d’autres personnages plus ou moins marquants comme l’espèce de mascotte lapin prénommée Inaba et le professeur Takahaya très au courant de l’existence de cette autre dimension… Le dessin de SEGAWA est correct mais ne m’a pas transporté. J’ai trouvé que cela manquait d’émotion. Certains traits sont un peu trop droits à mon goût, mais ce n’est que mon avis. L’ensemble est dynamique et bénéficie d’un travail sur les nuances. Côté design des personnages on tombe vite dans les travers que je n’apprécie pas forcément, et malgré la nature de la couverture j’avais espéré que cela soin moins mis en avant. Malheureusement, le physique de Kamika dans sa tenue de déesse est mis un peu trop en avant. Toutefois je dois dire que la conception de la tenue est cool si on apprécie ce style. Le reste des personnages féminins bénéficie plus ou moins du même traitement dans le genre sexy. Si vous êtes le public visé, alors vous serez ravi. Ce n’est pas obscène mais simplement utilisé comme un prétexte pour voir de jolies filles en tenue mettant soulignant leurs formes. À noter que je conseille ce manga à partir de 14 ans et non 12 comme on peut le croire en voyant la mention Shonen utilisé par l’éditeur. En conclusion, ce tome 1 de Raisekamika a été une lecture sympathique mais pas assez pour que j’ai envie de découvrir la suite. L’univers est original mais traité trop rapidement à certains moments. Toutefois, le mangaka jongle bien entre les deux dimensions. À voir si cela peut vous plaire, moi je passerai mon chemin.

 

Disponible aux éditions Delcourt-Tonkam ou sur Amazon au prix de 6,99€ | LIRE UN EXTRAIT DU TOME 1

Switch Love est un manga en 4 tomes écrit et dessiné par Akane OGURA prépublié dans les pages du magazine LaLa DX de l’éditeur Hakusensha. Six ans après, ce shojo arrive dans les librairies francophones. Dans ce monde de fiction, le sexe des gens est déterminé par la démographie. De ce fait il arrive que l’ont voit de petits garçons devenir filles, mais rarement dans le sens inverse. Miyoshi et Mamiya sont meilleurs amis mais sont en compétition permanente pour n’importe quelle raison même la plus anodine. Un jour, Mamyia fait un malaise et après quelques jours d’absence revient en fille. Miyoshi est troublé par ce changement, lui qui a une immense peur des filles jusqu’à ne jamais les approcher, mais aussi par le fait que Mamiya est vraiment belle. Comment va évoluer leur relation ? Comment Mamiya se sent-il dans son corps dorénavant féminin ? Dans ce premier tome, la mangaka cherche à aborder la question de l’amour et sa définition, ce qu’il représente ainsi que l’acceptation des changements que peuvent subir son corps durant la vie. L’amitié entre les deux adolescents va servir de moteur à apporter des questions sur ce le fait de commencer à éprouver des sentiments différents envers son ami. Peut-être que certains lecteurs se sont déjà demandé  »mais si je ressens une amitié aussi forte pour lui/elle, peut-être que je suis amoureux(se) ? » On se torture alors les méninge en imaginant si nous pourrions former un couple avec cette personne, si l’attirance et là et si on ressent comme des papillons dans le ventre. Entre l’amitié et l’amour il n’y a parfois qu’un pas, non ? Dans le contexte de Switch Love, cela s’avère légèrement plus complexe puisque dans l’esprit de Miyoshi son pote reste son pote, mais ne peut s’empêcher de ressentir quelque chose quand Mamiya le regarde ou s’approche un peu trop près. Le fait qu’il ait né garçon ne semble pas poser problème à Miyoshi, ce qui rend ce monde où les changements de sexes sont naturels, eh bien naturel ! Nous ne voyons d’ailleurs pas de harcèlement de la part des camarades, des regards en coin, etc. Au contraire les garçons sont charmés par le nouveau Mamiya.

© 2013 Ogura Akane, Hakusensha

J’ai réellement apprécié de voir que dans la société créée par Akane OGURA cela ne soit pas un méli-mélo dramatique et une source de conflit. Dans ce tome 1, la mangaka ne se concentre pas uniquement sur le lien entre les deux amis, mais aussi sur le changement corporel de Mamiya. Elle y aborde alors le cycle menstruel, la force physique qui n’est plus la même pour l’adolescent entre avant et après, etc. À aucun moment, je n’ai senti que la morphologie de la femme était insultée. Si d’apparence Mamiya semble accepter sa nouvelle situation, les choses peuvent ne pas être définitif. En effet, la probabilité qu’il redevienne un garçon est assez grande sans qu’on sache si son corps pourra supporter tout ce qui lui arrive. Si Mamiya retrouve son apparence de garçon, Miyoshi pourra-t-il encore l’aimer ? Une question importante qui est abordée avec beaucoup de tact et de manière, encore une fois, naturelle. L’humour est aussi présent et arrive à faire passer certains messages sans pour autant enlever les passages plus dramatiques. Le dessin est propre au shojo est assez simple. C’est agréable visuellement et correct. Les décors sont très peu présent mais cela ne dérange pas à la lecture. En conclusion, ce premier tome de Switch Love est une lecture qui parle avant tout d’amour peu importe le genre. La mangaka Akane OGURA présente un monde original où le changement de sexe est aussi normal qu’un bébé qui vient au monde. L’histoire mêle bien ambiance dramatique, sociétale et humour pour se lire avec plaisir. Curieuse de lire la suite.

 

Disponible aux éditions Delcourt-Tonkam ou sur Amazon au prix de 9,35€ | LIRE UN EXTRAIT

Yumi UNITA est connue des lecteurs pour son manga en 10 tomes Un drôle de père publié en France en 2008. Mais deux auparavant, elle sortait au Japon Une drôle de famille. Ce seinen tranche de vie suit le quotidien de la famille Honda. Tarô et Ciharu sont les parents de Yuki (4 ans) et Kotarô. La construction se fait autour d’histoire courtes avec humour et train-train du quotidien d’une famille de 4. Malgré un coup de cœur pour le tome 1 d’Un drôle de père [mon avis ici] je n’ai pas pourvui ma lecture. Le facteur  »manque de temps » est rentré en compte mais aussi l’écho mitigé et perplexe concernant le dernier tome. Je lirais la série en entier un jour, mais pas pour le moment. Ce premier tome d’Une drôle de famille regroupe les deux premiers tomes japonais en un, ce qui fait que le second sera le dernier en VF. Une idée de la part de Delcourt-Tonkam que je trouve judicieuse. Mais revenons en à la famille Honda. Cette lecture colle à la vision du couple japonais, la mère au foyer et le père au travail. Notons que depuis les choses ont quelque peut évoluer au Japon. Ici, les situations de la vie quotidienne parleront certainement plus aux personnes ayant déjà des enfants, avec les problèmes de doudou, les enfants malades, les jeux entre enfants, etc. La narration est dynamique et le reste grâce au format des histoires. La présence des enfants apporte beaucoup d’humour surtout que la petite fille est plus âgée que son petit frère.

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© 2003 Unita Yumi, Takeshobo

C’est elle qui m’a le plus parlé du fait qu’elle ne se laisse pas intimider et qu’elle n’hésite pas à préférer les Power Rangers. Le petit bémol que j’ai eu pendant ma lecture réside dans le fait que certaines relations semblent avoir déjà un passif, sans que le lecteur ne soit au courant. C’est minime, mais ça ralenti la cadence de lecture. Ici, la place de la femme en fera bondir plus d’un(e) puisqu’elle est femme au foyer. Toutefois, elle semble assez bien le vivre malgré les difficultés que ce métier (oui c’est un métier n’en déplace à certains) comporte. La famille vivant au Japon la mangaka nous donne quelques informations concernant les traditions dans le pays, etc. Les lecteurs d’Un drôle de père ne sont pas dépayser côté dessin puisque le trait est le même malgré les 4 années d’écart entre les deux séries. C’est fluide, expressif, avec des décors très simplistes mais qui font le travail. En conclusion, une lecture qui plaira aux lecteurs des mangas tranche de vie, mais pas que. Si vous avez aimé Un drôle de père vous retrouverez ici tous le charme du début de la série.

Copie de lire en bulles

6 réflexions sur “Critique manga #232 – Raisekamika tome 1, Switch Love tome 1, Une drôle de famille tome 1

  1. Ravie que tu aies apprécié Switch Girl, avec ce titre c’est un peu ça passe ou ça casse ^^!
    Concernant Une drôle de famille, même si tu me dis que ça ressemble aux débuts d’Un drôle de père, j’avoue que je ne suis pas tentée et je préfère me contenter de mon bon souvenir des débuts de celui-ci 🙂

    Aimé par 2 personnes

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