Critique #180 – La mariée de Ceylan par Dinah Jeffries, Victoria par Daisy Goodwin

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Deux plumes britanniques pour nous écrire deux femmes puissante et fragile à travers une vie faite de drame et de bonheur aussi. Avec La Mariée de Ceylan, Dinah Jefferies nous conte un récit tragique dont les paysages du Skri lanka nous transportent loin de notre chez nous. Daisy Goodwin dresse le portrait de la vraie Reine Victoria d’Angleterre dans une romance belle et vibrante. Deux lectures à découvrir dans la suite. 

Merci à Stéphanie des supers Ladies pour cette lecture


La Mariée de CeylanDisponible aux éditions Milady dans la collection Littérature ou sur Amazon au prix de 8,20€ | Également disponible en grand format et format numérique

Dinah Jefferies est une auteure britannique née au Malaya. Diplômée de Littérature Anglaise, ayant connu des moments difficiles comme la mort de son premier fils dans un accident quand il était encore adolescent. Son premier roman The Separation sort en 2013, suivi de The Silk Merchant’s Daughter (2016), Before the Rains (2017), The Sahpphire Widow et The Missing Sister en 2018 et 2019. La Séparation a été publié en VF aux éditions Charleston en 2017. La Mariée de Ceylan et La Fille du marchand de saphirs sont eux disponibles aux éditions MiladyGwendolyn Hooper a 19 ans quand elle arrive en bateau à vapeur à Ceylan (ancien nom de l’île du Sri Lanka), prête à embrasser sa nouvelle vie de femme mariée. Mais celui qui porte le titre d’époux n’est guère chaleureux, au contraire. Laurence Hooper est un homme distant et froid, voire sombre. Son travail fait qu’il est toujours loin et rarement auprès de sa femme. Gwendolyn explore donc seule l’île où elle découvre la vaste plantation de thé. Ce qu’elle ne sait pas est que son exploration va l’emmener dans un passé qu’elle n’aurait jamais dû déterrer. Le récit se passe dans le contexte des années 1920-1930, avec une jeune femme assez admirable je dois dire. La nouvelle vie qu’elle a décidé d’accepter pour son mari, qu’elle aime, n’est pas très facile. Elle va apprendre toutes les informations nécessaires pour bien cultiver le thé dans une ambiance assez étrange. En effet, son mari n’est pas le seul à avoir un comportement distant, puisque les domestiques ont la même attitude. Gwendolyn n’est pas dupe, et sent rapidement que tout le monde lui cache quelque chose. Mais quoi ? La jeune épouse va devoir faire face à des crises difficiles et pénibles, que je préfère ne pas révéler afin de ne rien gâcher lors de votre lecture. La psychologie et l’attitude du personnage sont vraiment écrites de manières convaincante et juste ce qu’il faut pour que le lecteur ait envie de la soutenir et la suivre. Dinah Jefferies peint un drame dont les nuances sont subtiles et maîtrisées de bout en bout. L’amour est à la fois une liberté et une prison. Les décors que décrit l’auteure sont sublimes et imagés permettant de nous les représenter visuellement. Une sensation de flottement comme une caresse nous surprend de temps en temps durant la lecture. Les questions sociétales de l’époque sont traitées avec tact et véracité, comme le fossé entre les classes. L’auteure a aussi pris le temps de développer la thématique du thé, sa fabrication, etc. En conclusion, La Mariée de Ceylan a été une lecture enrichissante menée par une plume intelligente. Le personnage de Gwen nous fait vivre sa vie avec force, conviction, tristesse et amour. Une lecture poignante qui ne peut que plaire.

Une nuée d’enfants bruns de peau et à demi nus vire- voltaient dans la foule, proposant des bâtons de cannelle, et avec d’immenses yeux implorants mendiaient quelques roupies. Un gamin qui ne devait pas avoir plus de cinq ans en proposa à Gwen. Elle huma les bâtons de cannelle. Le gamin lui parla, mais c’était du charabia à ses oreilles et malheureusement elle n’avait pas la moindre roupie à lui donner, pas plus que de livres sterling désormais.

 

VictoriaDisponible aux éditions Milady dans la collection Littérature ou sur Amazon au prix de 8,20€ | Également disponible en grand format et format numérique

Daisy Goodwin est une auteure et productrice de télévision britannique. Son premier roman My Last Duchess/The American Heiress est publié en 2010 avant de se voir traduit par les éditions Milady sous le titre La dernière duchesse, trois ans plus tard. En 2014, elle publie The Fortune Hunter qui deviendra La dernière impératrice en version française. Victoria paraît en 2016 dans son pays d’origine et chez nous. Victoria suit le parcours de la jeune Alexandrina Victoria, 18 ans, devenue reine de Grand-Bretagne et d’Irlande en 1837. Nouvelles responsabilités, nouvelle vie, et première rencontre avec le premier ministre: Lord Melbourne, avec lequel elle va devoir travailler. Proche, il occupe très vite une figure importante dans sa vie, mais son devoir la destine à épouser son cousin, le taciturne Prince Albert. En premier lieu, il est important de souligner que ce roman se base sur les premières années de règne de la véritable Reine Victoria d’Angleterre, connue pour avoir régné le plus longtemps après la célèbre Elisabeth II. La plume romancée de Daisy Goodwin fait que l’on embarque facilement dans le récit, sans que cela ne parte dans un récit biographique pompeux. La narration est pensée comme une série télévisée du même acabit que The Reign ou Downtown Abbey. Ici, l’auteure prend le temps d’esquisser une Victoria dans sa vie intime plutôt que dans sa vie publique. Les relations sont importantes, notamment celle entre Victoria et sa mère, l’infime tendresse qu’elle porte à sa gouvernante, etc. D’ailleurs on sent bien le lien qui les unit malgré les classes sociales qui les séparent. La relation la plus forte et la plus fragile est celle qu’elle noue avec Lord Melbourne, qui tout du long dégage une certaine alchimie. Le contexte historique est respecté de par la société de l’époque, la politique, etc. sans que jamais l’auteure n’aille au bout des sujets. Ce n’est pas un mal puisque ici c’est réellement le cœur qui est privilégié. L’évolution entre la Victoria du début et celle de la fin est frappante et touchante. Pour ceux désireux d’en voir un peu plus il existe l’adaptation en série avec Jenna Coleman dans le rôle de la Reine Victoria. Trois saisons de 25 épisodes en cours sont diffusées au Royaume-Uni sur ITV. La plume de Daisy Goodwin est naturellement fluide et immersive. C’est romancé de manière riche. En conclusion, Victoria est une lecture plaisante sans longueurs qui plaira aux amoureux de l’Histoire mais pas que puisque les relations entre les êtres sont bien mises en avant. Une plume à découvrir !

Il y avait quelque chose d’irrésistiblement comique à la vue de ces deux vieillards battant en retraite comme s’ils avaient été tirés par des fils invisibles ; mais Victoria savait qu’elle devait s’empêcher de rire. Être la reine lui conférait le droit de donner congé, mais pas de ridiculiser ses sujets. La dignité était la qualité essentielle de tout monarque. Victoria se souvenait à quel point elle avait été embarrassée lorsque son oncle avait entamé une chanson évoquant un marin ivre au beau milieu d’un banquet de gala.

15 sur 20

2 réflexions sur “Critique #180 – La mariée de Ceylan par Dinah Jeffries, Victoria par Daisy Goodwin

  1. Pingback: Challenge « #BeMyBookfriend » / Jour 4 – Les livres de Rose

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