Critique comics #034 – Créatures Sacrées tome 1, Redneck tome 2,

titre comics.pngDeux récits qui voient les créatures surnaturelles représentées de manière intéressante avec une écriture différente mais tout aussi bien construites. Créatures Sacrées raconte la chute d’un homme manipulé par un groupe ancestral. Mais pourquoi ? Après un tome 1 dont l’ambiance aura marqué ma lecture, Redneck poursuit son bonhomme de chemin avec des personnages plus complexes.

 

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Disponible aux éditions Delcourt dans la collection contrebande/Comics ou sur Amazon au prix de 15,95 € | Également disponible en version numérique sur IzneoLIRE UN EXTRAIT ICI

Créatures Sacrées est un comics écrit par Pablo Raimondi (X-Factor) et Klaus Janson (Daredevil The Amazing Spider-Man, Thor), servi par le dessin de Raimondi et la colorisation de Chris Chuckry (The Unwritten, New X-Men) publié en VO chez Image Comics. L’histoire débute sur une réunion de famille particulière où plusieurs hommes et femmes discutent à propos d’une mission. Certains ne sont pas enchantés d’être présent, mais d’autres affirment que cela est nécessaire. Soudain, entre en trombe un homme débraillé qui annonce avoir vu le corps lui-même. Quel corps ? Pourquoi lui demande-t-on s’il a récupérer un pendentif et une dague ? Au même moment, dans la ville Josh Miller se réveille dans un ascenseur les mains pleines de sang. Il ne comprend pas ce qu’il fait là ni pourquoi il semble porter le sang d’un autre. Cet homme sans soucis dont l’avenir semblait lui destiner une vie tranquille avec sa femme enceinte va se retrouver malgré lieu au coeur d’un conflit mené par un groupe d’être surnaturels. Pourra-t-il leur échapper et récupérer sa vie d’avant ? Rien n’est moins sûr… Le lecteur est très vite plongé au coeur de ce récit qui assimile tous les éléments propre aux surnaturel et au polar. L’ensemble fonctionne de manière correcte, sans pour autant révolutionner le genre. Toutefois, cela se laisse lire avec un certain plaisir, un peu comme un film pop-corn qui nous fait passer un moment divertissant. Mais rien de plus, rien de moins. L’originalité de Créatures Sacrées se trouve dans la construction narrative qui emploie une timeline à rebours. 2Le point de départ du récit est le meurtre d’un certain Naviel Fitzgerald, un humaniste important. Pourquoi lui ? C’est ce que l’on va découvrir en remontant le temps grâce aux flashbacks. En choisissant de raconter son histoire ainsi, Raimondi et Klaus Janson auraient pu très bien se vautrer et perdre le lecteur. Mais ici, ce n’est pas le cas. Rien n’est confus, tout est compréhensible. Cela permet également de contribuer à donner une ambiance haletante.  L’impact du surnaturel est bien écrit avec un côté ancestral ici et là. Au niveau du dessin, Raimondi fait du bon travail mais pourrait ne pas plaire à tout le monde. Ici, nous avons l’impression d’avoir cet effet photo modifié virtuellement qui même si elle va bien avec le côté urbain du récit, dessert parfois certaines planches. Le charadesign est bon mais encore une fois le rendu dérange parfois, notamment sur certaines expressions qui font l’effet d’avoir visage figé. La colorisation de Chris Chuckry améliore l’ensemble. Le jeu d’ombres contribue à donner cette impression de polar Noir et glauque par moments. En conclusion, ce premier tome de Créatures Sacrées lance un récit intéressant dans sa globalité, mais qui peut paraître comme du déjà-vue. C’est dynamique et les personnages sont intéressants à suivre. La narration est de qualité, tout comme la colorisation qui atténue l’effet lisse du dessin. À voir ce que peuvent offrir Riamondi, Janson et Chuckry dans le tome 2 !

15 sur 20

 

 

Disponible aux éditions Delcourt dans la collection Comics ou sur Amazon au prix de 15,95€ | Également disponible en version numérique chez Izneo | LIRE MON AVIS SUR LE TOME 1

Après un premier tome paru l’année dernière, la série Redneck chapeautée par Donny Cates (Buzzkill, The Ghost Fleet, Doctor Strange, God Country) et dessinée par Lisandro Estherren (The Last Contract) revient avec un tome 2 comprenant les numéros 7 à 12. L’histoire a pour décor le Texas bien humide et poisseux où des vampires vivent cachés parmi les humains. Si d’habitude les vampires possèdent une certaine élégance, ceux de la famille Bowman évoluent dans un milieu rural reculé et en ont le look. Ce tome 2 reprend la suite directe du tome 1 où les Bowman avait quitté leur petit coin tranquille. Il faut dire qu’ils avaient fait couler beaucoup de sang avec le clan ennemi des Landry. Les voilà donc en cavale tentant d’échapper à la justice, mais pas à celle que l’on croit… Le thème des vampires est du vu et revu jusqu’à n’en plus savoir où donner de la tête. Pourtant, avec Redneck on est loin des clichés véhiculés depuis plus de 10 ans notamment grâce à Twilight et The Vampire Diaries qui peignaient des vampires assez inoffensifs, voir complètement pour le premier cité. Les Bowman sont une famille que l’on apprend à connaître en majorité à travers leurs défauts mais qu’on arrive à apprécier sincèrement. Donny Cates dresse un portrait au vitriol de la famille américaine à la fois soudée et dysfonctionnelle. Le tome 1 présentait très bien cette dynamique. Dans cette suite, ils se retrouvent à devoir gérer un nouveau venu vampire très particulier. Si sa nouvelle condition ne semble pas le déranger plus que ça, le jeune buveur de sang ne peut pas en dire autant de sa foi. Il faut dire que son paternel était un pasteur et que de ce fait pas mal de ses principes ne collent pas avec sa nouvelle nature. 1Le scénariste se sert également de ce personnage pour nous montrer quelques codes concernant les vampires, dont certains donnent lieu à des moments assez forts. Je n’en dirai pas plus sur ce point. Le choix de la ville de Waco n’est pas anodin, puisque dans la réalité la ville a été le théâtre d’un véritable massacre en 1993, où 82 personnes sous la coupe du gourou David Koresh perdirent la vie. Le lecteur sera invité, s’il le souhaite, à réfléchir sur le fait que créature vampirique ou non l’homme peut être un vampire à sa façon. Visuellement Estherren continue d’appuyer sur l’ambiance sombre et sale du comics à travers son style. Le trait peut rebuter certains lecteurs trop habitués à voir du Jim Lee et du super-héros. C’est rugueux et gras, avec une sensation de vitesse ici et là. Le côté sauvage du vampire bénéficie grandement du talent de Lisandro Estherren. C’est également le cas pour la colorisation de Dee Cunniffe (The Wicked + The Divine) accentue l’ensemble et c’est plutôt pas mal du tout. En tout cas il y aune vraie cohérence entre les tomes à ce niveau. En conclusion, ce deuxième tome de Redneck se veut plus intense que le premier sans pour autant réinventer la roue. C’est réellement la vision du vampire et la manière qu’à Donny Cates de raconter son histoire qui retient notre attention. La famille Bowman aussi compliquée qu’elle soit-elle continue de nous divertir comme il se doit.

15 sur 20

 

 

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