Critique comics #035 – Scott Pilgrim Intégrale Vol.1, Generation Gone tome 1

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Avant d’être sur le grand écran, Scott Pilgrim est né dans l’esprit de Bryan Lee O’Malley qui s’est beaucoup investi dans son oeuvre. C’est frais et presque un témoignage de la jeunesse qui se laisse porter sans prendre leur avenir en main. Mais l’arrivée d’une jeune fille va lui filer de la motivation. Puis, ambiance SF/fantastique dans Generation Gone où trois ados vont devoir apprendre à faire des passes entre eux.

Merci à Stéphanie pour ces lectures


Disponible aux éditions HiComics ou sur Amazon au prix de  24,90€ | Également disponible au format numérique |17,90 BANDE-ANNONCE DU FILM 

Scott Pilgrim est un comics imaginé par le canadien Bryan Lee O’Malley qui a fait ses débuts en tant qu’illustrateur sur Hopeless Savages de Jen Van Meter chez Oni Press. Sa première oeuvre Lost at Sea est sorti chez le même éditeur US en 2003 qui illustrait déjà bien l’imagination de cet auteur. L’histoire était celle d’une jeune fille de 17 ans qui croyait que son âme avait été volée par un chat, et qui se lance dans un road trip à travers les US avec d’autres adolescents. Scott Pilgrim vit le jour 2 ans plus tard pour se terminer en 2010, suivi par une adaptation en film Scott Pilgrim vs. The World avec Michael Cera dans le rôle-titre. La même année débarque la première édition française chez Milady Graphics pour se conclure en 5 tomes. Neuf ans plus tard, HiComics – label de Bragelonne – lance une version Deluxe. L’histoire est celle de Scott, 23 ans, bassiste d’un groupe de rock local qui vit de petits boulots (enfin c’est ce qu’il dit), et qui squatte chez son meilleur pote. Il vit une histoire d’amour naissante avec une lycéenne de 17 ans Knives Chau. Mais le jour où il croise la route de Ramona Flowers la vie du jeune homme va changer. S’il souhaite se rapprocher d’elle il va devoir affronter les sept ex petits amis maléfiques de la jeune femme. Autant dire qu’il va devoir retrousser ses manches ! Le récit imaginé par O’Malley est raconté avec beaucoup d’humour et d’énergie. Si on pense découvrir un récit très terre à terre, on se rend vite compte qu’il n’en est rien. Petit à petit le récit s’embarque dans un récit fantastique, tout en posant un univers plutôt bien fourni quoique loufoque sur les bords. Les personnages évoluent sous nos yeux, en particulier Knives. On peut y voir une certaine métaphore de la transition vers l’âge adulte. Scott est un personnage qui se laisse un peu vivre et dont le coup de foudre qu’il va avoir pour Ramona va le pousser à agir. 1Le lecteur lui reprochera son comportement ambigu envers Knives, parce que Scott en fait il aime penser à lui d’abord. Il est possible de s’attacher à lui un instant puis de moins l’apprécier ensuite, mais on ne peut pas le détester. On peut voir en lui la représentation de l’éternel adolescent qui se cherche malgré le fait que le récit se passe dans les années 2000. Les références à la pop culture sont nombreuses. Ramona est parfois étrange ce qui nous la rend difficile à comprendre, donc l’attachement ne vient pas forcément. Wallace, le coloc’ gay, est le personnage le plus attachant et le plus parlant du récit. Le dessin de Bryan Lee O’Malley est particulier puisqu’il se place entre le comics à tendance cartoon et le manga du début des années 2000. C’est dessiné avec un trait rond et carré à la fois, qui paraît simple mais maîtrisé. Certaines scènes sont parfois moins lisibles, mais cela reste correct. L’édition Deluxe de HiComics ne possède aucune coquille dans sa traduction faite par Philippe Touboul, l’impression est de qualité et la reliure solide. En fin de tome vous trouverez de nombreus bonus pour mieux comprendre le travail de l’auteur. En conclusion, ce premier tome Deluxe de Scott Pilgrim a le mérite de poser un univers intéressant mais qui ne m’aura pas fait autant d’effets que ça. Les qualités scénaristes sont là, l’humour est là mais peut-être que je m’attendais à plus vu toutes les critiques positif que j’entends dessus depuis des années.  Toutefois, c’est une lecture qui est restée sympathique du début à la fin. 

 

Disponible aux éditions HiComics ou sur Amazon au prix de 17,90€ | Également disponible au format numérique |

Generation Gone est un comics américain écrit par Aleš Kot (Secret Avengers, Days of Hate, Bloodbarne) et dessiné par André Lima Araújo (Avengers A.I., The Astonishing Spider-Man, Spider-Verse). La parution d’origine date de 2017 chez Image Comics. Le récit se passe en 2020, aux États-Unis, où trois hackers adolescents – Elena, Baldwin, Nick – sont en colère contre la société qui les entoure. Rien de bien nouveau me direz-vous, mais ici, Aleš Kot imagine ce trio s’attaquer à la Bank of America qui vaut son pesant d’or dans l’économie. Mais avant de passer à l’acte ils décident de s’entraîner en s’infiltrant dans l’Agence de Recherche du Ministère de la Défense des États-Unis. Un choix pas très malin puisqu’ils vont attirer l’attention de Monsieur Aiko, un scientifique dont le génie n’est pas reconnu et qui va décider de mener à terme ses expériences, et les trois ados en font partie. Les premières pages misent avant tout sur la mise en place des personnages, choix qui n’est pas anodin puisque la psychologie et l’évolution de chacun va donner de la profondeur au contexte. Elena est une jeune fille que la vie n’a pas épargnée et qui tente de trouver du réconfort dans les bras de Nick. Celui-ci est arrogant et odieux avec elle, tandis que Baldwin est plus en retrait.

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© Aleš Kot, André Lima Araújo, Generation Gone, T.1, éditions Bragelonne – Hi Comics

Pourtant au fil de la lecture, nous découvrons d’autres aspects de leur personnalité. Baldwin est un afro-américain dont la nature calme cache bien plus, dont certains sentiments. La construction case par case de Kot et Lima Araújo permet de suivre le quotidien de chacun et de comprendre leurs motivations. La subtilité dans la narration d’Aleš Kot permet de casser certains clichés du genre, offrant ainsi une autre dimension au récit. L’action est très présente mais n’éclipse jamais la part de psychologie. Plusieurs visions d’un même monde entrent en conflit qui vient nous poser des questions sur notre vision à nous. Le dessin d’André Lima Araújo est particulier mais propre aux comics indépendants que l’on apprécie de découvrir. Son trait fin permet de mettre en images des personnages dynamiques et élancés. La couleur est assurée par Chris O’Halloran (X-23, James Bond) qui complète parfaitement son comparse Araújo. La traduction pour HiComics est signée par Philippe Touboul (Scott Pilgrim, Crossed). En conclusion, Generation Gone est un récit qui fait se confronter plusieurs générations avec des idées et envies différentes pour leur avenir et le monde. C’est rythmé, et les personnages sortent des sentiers battus pour réellement incarner leurs idéaux. Une lecture agréable et bien menée.  

15 sur 20

3 réflexions sur “Critique comics #035 – Scott Pilgrim Intégrale Vol.1, Generation Gone tome 1

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