Critique manga #253 – Lil’ Berry tome 1 et 2

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Le global made in Europe n’est pas forcément bien perçu parmi le lectorat. Au court des années, les éditeurs ont donné leur chance à des auteurs/artistes francophones, italiens et autres pour proposer un récit dans la veine de ce que font les mangakas japonnais. Si certains n’ont pas percé comme ils l’espéraient, d’autres ont réussi à se hisser vers le haut jusqu’à arriver sur sol nippon! On peut citer l’exemple de Radiant et Save Me Pythie. La dernière création manga de Delcourt-Tonkam, Lil’ Berry, rend hommage aux Shonen tout en essayant d’offrir un univers attractif et des personnages sympathiques. Découvrons ensemble ce que valent les deux premiers tomes. 

 

Disponible aux éditions Delcourt-Tonkam dans la collection Shonen ou sur Amazon au prix de 7,99€ | Également disponible au format numérique sur Izneo | LIRE UN EXTRAIT ICI

delton

Merci à Solène et Mélanie pour ces lectures et la confiance !


Lil’ Berry est ce que l’on appelle un  »global manga », c’est-à-dire une création européenne. On peut citer Radiant de Tony Valente, Dreamland de Reno Lemaire et Save Me Pythie d’Elsa Brants. Dans le groupe Delcourt l’exercice n’est pas nouveau, puisque l’on retrouve Pink Diary (2006), Sara et les contes perdus (2012), et Loa (2014). Ici, le scénario est de Fabien Delmasso connu pour son travail dans la bande dessinée avec des titres tels que La Tour de Kyla, Stimpop, Reflets d’Acide, et Les Mythics. Le dessin est assuré par Jeronimo Cejudo, dont c’est le premier travail dans le milieu.

L’histoire est assez basique pour un Shonen. Au cœur d’une montagne vit un vieil homme, Jio, dont les journées sont rythmées par le calme et la jovialité de celle qu’il présente comme sa petite fille, Baie. D’un naturel naïf et spontané, la jeune fille apprend à développer sa force hors du commun sans se douter que son quotidien va vite tourner court. En effet, un matin elle constate que son papy a disparu. Elle va alors rencontrer Rust qui a juré de se venger de Jio après que ce dernier lui est volé sa vie. Au fil de la lecture on constate ce côté très Shonen à la Dragon Ball ce qui peut nous laisser deux impressions. La première étant celle de finir par se retrouver avec une redite de ce manga culte et la seconde d’avoir des personnages sans saveur. Mais heureusement, malgré les similitudes ici et là, Lil’ Berry arrive à marquer des points du côté de l’originalité. Alors, certes ça ne révolutionne pas le genre mais ce n’est pas ce que l’on demande au final. Non, ici le divertissement est important et on peut dire qu’il fonctionne puisque l’on passe un bon moment de lecture. Précisons que le projet de Lil’ Berry a commencé comme un hommage à Dragon Ball, justement, et que les auteurs ne s’en sont jamais cachés. Le duo que va former Rust et Baie possède une bonne dynamique. Plus âgé et plus en accord avec la réalité du monde actuel, Rust servira de guide et de mentor à l’adolescente. N’ayant jamais connu autre chose que ses montagnes, Baie se laisse facilement duper par ceux qu’elle rencontre notamment si ces personnes sont mal intentionnées. Petit à petit d’autres personnages vont venir accompagner notre duo, pour au final se montrer comme l’étendard de la famille et l’amitié. Deux valeurs chères au Shonen, donc on ne pouvait pas faire sans. On peut compter sur une sorcière étrange du nom de Bomba Fatima (vous comprendrez en lisant), et les deux frères Rai et Fuu. Néanmoins, cela n’est pas un handicap puisque l’humour vient faire passer le tout avec naturel. La plupart des ressorts comiques fonctionnent, et encore une fois nous divertissent. Il y a énormément d’action, c’est fluide et bien calibré. L’univers est bien travaillé et montre un début solide. C’est fluide dans sa narration et on se laisse très vite porter. 

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Après avoir réussi à porter secours à un peuple en détresse face à un tyran, le tome 2 voit Baie et ses nouveaux amis continuant de chercher Jio. Leur chemin va les conduire au village natal de deux d’entre eux : les frères Rai et Fuu. Introduit comme des adversaires dans le tome précédent, on a pu découvrir qu’ils n’ont pas réellement de mauvais fond. Peureux, un peu gauche mais attachants, ils sont écrit sur un ton très comique. En arrivant dans leur village, nous découvrons leurs femmes et comment ne pas imaginer Chichi, la femme de Goku, en les voyant ? Niveau caractérisation, Baie reste toujours dans cette bienveillance aveugle qui n’a que faire des attentes la concernant. Surtout que dans ce deuxième tome, nous en apprenons beaucoup plus sur son origine. Nous avons aussi un groupe de mystérieux individus ayant pour ambition de mettre la main sur Baie. Les informations distillées dans ce nouveau tome sont vraiment intéressantes et laissent espérer une belle suite à venir…

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Le dessin de Jeronimo Cejudo est propre et dynamique. Le design des personnages est soignés, et assez original malgré les quelques codes type du shonen. Les détails apportés à certains accessoires des personnages sont ravissants et vraiment sympas quand on comprend les clins d’œil. Les scènes d’action sont un régal et surtout lisibles. L’artiste porte un regard très important sur les expressions des personnages, les rendant ainsi très vite attachants. D’ailleurs, dans le tome 2 non sent que l’artiste est plus confortable avec la représentation des héros. Il y un une nette évolution, alors imaginer sur la durée! Niveau décor on est dans le très bon, et encore mieux quand Cejudo s’applique à donner vie aux créatures qui peuplent ce monde. Petite mention pour la couverture qui voit Baie chevauchant un serpent géant qui rend directement hommage au tome 1 de Dragon Ball publié chez Glénat, avec là un Sangoku chevauchant le dragon des 7 boules de cristal. L’édition de Delcourt-Tonkam est de qualité tout comme l’impression, et avec de très belles pages couleurs en début de tome.

En conclusion, ces tomes 1 et 2 de Lil’Berry se distinguent facilement des dernières créations global-manga par son dynamisme, ses personnages attachants, sa bienveillance et son axe comédie. Un récit d’aventure prenant qui nous fait passer un très bon moment de lecture, et dont l’intrigue reste très prometteuse.

15 sur 20

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2 réflexions sur “Critique manga #253 – Lil’ Berry tome 1 et 2

  1. Hello ! J’avais lu le tome 1 et je t’avoue que je n’avais pas trop accroché. Si il y a un step up dans le tome 2 je vais voir. « Pourquoi pas » c’est ce que j’en ressens. Le fait de rendre hommage est un peu trop présent pour moi et ça me bloque :/

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    • Hello, merci pour ton commentaire <3. Alors, oui dans le tome 2 l'intrigue se dessine enfin en dehors du fait qu'ils soient à la recherche du papy. Le côté hommage peut déranger et je comprends ton ressenti, mais comme c'est totalement assumé par les auteurs ça ne me dérange pas. J'aurais grincé des dents s'ils avaient prétendu inventer la roue, tu vois le genre ?

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