Critique manga #269 – Par le pouvoir des dessins animés

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Pourquoi la France est-elle devenue l’autre pays du manga ? Pourquoi des auteurs Français se sont-ils lancés dans le manga ? Au travers de sa propre histoire, de son parcours, Elsa Brants répond avec humour à toutes ces questions, nous révélant par la même occasion les coulisses du métier d’auteur, le tout saupoudré d’une bonne grosse dose de nostalgie pour tout ceux de la génération du Club Dorothée.

 

Disponible aux éditions KANA dans la collection Kikoo ou sur Amazon au prix de | LIRE UN EXTRAIT ICI 

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Après avoir fait découvrir aux lecteurs Save Me Pythie, premier manga de l’artiste française Elsa Brants, les éditions Kana remettent le couvert avec cette fois-ci un one-shot intitulé Par le pouvoir des dessins animés. Ce nouveau projet est différent du premier puisque c’est un peu une sorte d’autobiographie qu’Elsa Brants nous invites à découvrir. Précisons tout de suite que la Française du Sud reste fidèle à sa personnalité pétillante, sans jamais nous fatiguer avec ses anecdotes. Pour parvenir à garder l’attention du lecteur, Elsa Brants reste tout simplement fidèle à elle-même à travers l’influence qu’a pu avoir Le Club Dorothée sur sa manière de grandir et de construire son avenir d’auteure de BD et manga. Dans les premières pages, nous la découvrons enfant  grandissant dans un foyer aux revenus très limités, et qui a attendu longtemps avant de voir une télévision débarquer dans son salon. Mais, même après ça, sa mère interdisait à la jeune fille de s’abrutir devant l’écran. Mais Elsa était déjà bien rusée et réussit tout de même à regarder les émissions phares de la jeunesse des années 80/90.

Pour ceux qui ne le savent pas encore, à cette époque, Le Club Dorothée était l’émission phare qui occupait la case de l’actuelle TF1 plus de 8 heures par jour ! Et qui enregistrait des scores d’audiences qui feraient pleurer de joie les dirigeants actuels des chaînes télé si elles arrivaient à nouveau. Le Club Dorothée diffusait les monuments des animés tels que Les Chevaliers du Zodiaque, Ranma 1/2, Juliette je t’aime/Maison Ikkoku, et bien d’autres allant de Ken Le Survivant à Nicky Larson/City Hunter, ou encore Sailor Moon. Eh oui, on a été biberonné à ces séries d’animation qui passionnaient les cours de récré. Bref, on ne va pas revenir sur l’histoire complète du Club Do’, mais vous avez compris le principe.

Elsa Brants arrive très bien à capter l’engouement, et la place qu’occupait ces dessins animés dans le cœur des gamins mais aussi des parents. L’influence qu’a eue cette époque sur l’auteure est importante et soulignée avec humour, adoration et simplicité. Par exemple, c’est après avoir regardé Lady Oscar/La Rose de Versailles qu’elle a eu envie de s’essayer à l’escrime. Le livre fourmille de références, et le lecteur ayant connu cette époque se retrouvera dans ses petites scènes. L’auteure prend aussi le temps de parler de l’univers de l’écriture manga et la perception du public mais aussi des auteurs de franco-belge. On reconnaîtra Guillaume Lapeyre que l’on connaît en partie pour les dessins de City Hall, manga en 7 tomes scénarisé par Rémi Guérin. Son expérience sur Save Me Pythie qu’elle a écrit et dessiné toute seule, est bien évidemment présent et on est touché de voir à quel point elle en est heureuse. Cosplay, rencontres avec le public, conventions, problèmes liés au métier, conversations avec Timothée Guédon et Christel Hoolans, respectivement éditeur et directrice éditoriale chez Kana. La personnalité joviale de ces deux est très vite affichée, et certains passages nous font réellement rire.

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Le dessin est maîtrisé, expressif et extrêmement dynamique. Que ce soit à travers l’écriture ou le graphisme, Elsa Brants n’a pas peur de faire dans l’autodérision. Le design des personnages sont moins proches de ceux de Save Me Pythie mais on reconnait instantanément son style. Le format du recueil est un semi grand format sert totalement le travail de la mangaka. La qualité d’impression est au rendez-vous, mais rien d’étonnant de la part des éditions Kana

En conclusion, Par le pouvoir des dessins animés nous plonge dans la passion d’une enfant devenue adulte mais qui a su garder cette étincelle pour l’univers qui l’a fait grandir. Entre vie de famille, jeux vidéo, gags bien amenés, génériques chantés à tue-tête, Elsa Brants nous apparaît comme une femme que l’on a envie de côtoyer au jour le jour. C’est fun, riche en références et on rigole bien !infos manga (12).png

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