Critique #204 – La première fois qu’on m’a embrassé, je suis morte de Colleen Oakley

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Dans la lignée de Everything, Everything de Nicola Yoon, Midnight Sun par Trish Cook, ou encore Nos étoiles contraires de John Green, l’auteure américaine Colleen Oakley nous raconte l’histoire d’une jeune femme qui depuis l’enfance ne peut plus entrer en contact charnel avec qui que ce soit sous peine de mourir, au pire. Entre humour, amour, force, courage et rencontre inattendue, ce roman ayant remporté le Prix des Lectrices 2019 nous met du baume au coeur et nous raconte l’histoire de deux vies. 
Disponible aux éditions Milady dans la collection Feel Good Books ou sur Amazon au prix de 7.90€ | Également disponible au format numérique

Colleen Oakley est une auteure et journaliste américaine dont les essais et interviews sont parus dans le New York Times, Marie Claire et bien d’autres journaux. Avant de totalement devenir auteure, elle a longtemps été rédactrice en chef du magazine Women’s Health & Fitness. En 2015, sort son premier roman, Before I Go, traduit en La première fois c’était quand même plus marrant aux éditions Milady, puis La première fois qu’on m’a embrassé, je suis morte (Close Enough To Touch) paru en 2017 en VO et 2018 en francais. C’est ce dernier qui a obtenu le Prix des Lectrices 2019, organisé par les éditions Milady.

Jubilee Jenkins est une jeune femme qui souffre d’un mal très rare : elle est allergique au contact humain, donc aux gens. Après avoir été embrassée par un garçon à l’époque du lycée, elle s’est retrouvée aux urgences à la suite d’un choc anaphylactique. Ayant failli perdre la vie, elle décide de ne plus sortir de chez elle pendant des années. Mais à la mort de sa mère, Jubilee va devoir affronter le monde extérieur et surtout les gens qui y déambulent. Eric Keegan est père d’un petit garçon surdoué, Aja, mais un peu perturbé. Un jour, lors d’une visite en bibliothèque, les deux jeunes gens se rencontrent. Eric tombe tout de suite sous le charme de Jubilee et ne comprend pas pourquoi elle le tient à distance. Pourront-ils communiquer et bâtir une histoire ensemble ?

Ce roman feel good rappel fortement Everything, Everything de Nicola Yoon qui avait eu le droit à une adaptation au cinéma. Le thème de la maladie qui empêche aux personnes de sortir de chez elle ou de simplement toucher quelqu’un est quelque chose que l’on voit de plus en plus dans la fiction. En effet, ce type de maladie existe et est souvent difficile à vivre pour la personne concernée. Il est donc intéressant pour le lecteur lambda de découvrir la vie de personnes dans cette situation. Il y a beaucoup qui se forme durant la lecture. Jubilee est une jeune femme angoissée à l’idée de toucher quelqu’un, et qui en même temps souffre de ne pouvoir effleurer quelqu’un sous peine de se retrouver à l’hôpital, pire de mourir. Son enfance a été difficile, notamment car elle ne pouvait recevoir de geste de tendresse de sa propre mère, du baiser au câlin, elle n’a plus connu cela depuis ses 6 ans. Avec le temps, cela a créé un vide, une blessure, qu’elle n’arrive pas à refermer. Difficile de se mettre à sa place de manière concrète mais on ressent toute sa peine, mais aussi sa force, car Jubilee n’est pas qu’une jeune femme malade. Elle est bien plus que ça. Elle est drôle et attachante même si certains diront qu’elle se laisse écraser par ce qu’elle vit. Personnellement, je n’irais pas juger quelqu’un qui vit avec une maladie car il est extrêmement culotté de juger quand nous ne sommes pas dans les pompes de la personne.

Si j’ai appris une chose, c’est que l’amour est chaotique. Il ne nous est pas livré dans un joli paquet-cadeau. Il ressemble plutôt au cadeau d’un enfant, tout froissé et gribouillé au crayon. Imparfait. Mais toujours un cadeau.
Seulement, tous les cadeaux ne sont pas faits pour durer éternellement.

Pour le coup, malgré le fait que Jubilee arrive à sortir de chez elle pour la première fois depuis des années est un peu rapide, son cheminement face à ce qui l’entoure et sa relation avec les autres prend son temps, et c’est normal. Chacun avance face aux défis de la vie à son rythme. On ne peut pas le bousculer s’il n’est pas prêt mentalement à aller de l’avant. Sa rencontre avec Eric n’arrive pas tout de suite, et c’est une bonne chose. Ainsi on a le temps de se familiariser avec l’ensemble. Eric est un homme qui élève seul Aja, un petit garçon à l’esprit vif, mais souvent dans sa bulle. Le quotidien n’est pas simple pour eux, mais Eric fait toujours face à l’imprévu qu’il soit bon ou mauvais. Ce personnage masculin est écrit avec délicatesse et fait preuve d’une détermination sans failles. Par contre, même s’il a eu un coup de foudre pour Jubilee son comportement légèrement insistant dérange. Dans tous les cas, Colleen Oakley prend le temps de développer la relation dans l’humour et la sincérité. Aja, est une petite perle et je ne vais pas trop en dire sur lui, car cela reviendrait à gâcher un peu la surprise qu’est ce bonhomme. La plume de l’auteure est fluide, agréable, amusante et on passe un bon moment de lecture.

En conclusion, il est compréhensible de comprendre pourquoi ce roman a obtenu le Prix des Lectrices 2019. C’est une lecture profonde, drôle, délicate, réaliste et pessimiste à la fois car l’un n’existe pas sans l’autre dans la vie, et avec des personnages bien écrits et touchants. Seul la fin pose un problème car trop rapide à mon sens. Mais une lecture que je recommande chaleureusement.infos roman (1)

3 réflexions sur “Critique #204 – La première fois qu’on m’a embrassé, je suis morte de Colleen Oakley

  1. Il est dans ma PAL et je ne sais pas trop pourquoi, il a fini par ne plus me faire envie alors de ce que tu en dis notamment sur la personnalité de l’héroïne et le fait que l’autrice prenne le temps de poser les choses devraient me plaire. J’ai également aimé ta remarque sur la maladie. Dans ce domaine, je trouve les gens bien souvent prompts à juger des situations qu’ils ne connaissent pas…

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  2. Alors une nouvelle romance sur ma wishlist par ta faute !
    J’adore le concept, ça me parle totalement et le fait qu’en plus il y ait un gamin me vend du rêve.
    J’espère que j’aimerai autant que toi 😀

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