Critique manga #282 – La Malédiction de Loki tome 1 et 2

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Il était une fois, une petite fille qui pouvait accomplir des miracles en utilisant son sang pour peindre des tableaux. Prisonnière, maltraitée, la petite fille trouve du réconfort auprès de son ami Loki. Toujours à ses côtés, Loki ne supporte pas que l’on maltraite celle qui lui a donné vie. Car en effet, comme Pinocchio, Loki a été créé par la petite fille grâce à ses traits de crayon sur une feuille. Rapidement les humains deviennent des êtred profiteurs… Loki va alors devoir accomplir sa mission. 

 

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Hachi est un mangaka actif dans le milieu depuis 2016 avec Ishu Renai Monogatarishuu, toujours en cours avec 5 tomes. La Malédiction de Loki (Majo no Kaigashuu en VO) a débuté en 2017 dans le magazine Jump SQ de l’éditeur Shueisha. Le titre compte actuellement 6 tomes et rencontre un bon succès notamment chez les libraires qui le présentent comme  »le shônen du moment ». En France, ce sont les éditions Delcourt-Tonkam qui ont le plaisir publier le titre depuis septembre dernier, avec une traduction de Anaïs Koechlin et une adaptation de Claire Olivier.

Aisya est une petite fille qui grandit dans un orphelinat. Là-bas elle met son étrange pouvoir au service de la communauté et de ceux dans le besoin. En effet, les tableaux qu’elle peint avec son sang sont investis d’une puissance capable de réaliser des miracles. Mais même avec toutes les meilleures intentions du monde, ses tableaux deviennent de véritable malheurs, car empoisonnés par les vices de l’humanité. Aisya demande alors à son seul ami, Loki, un garçon qu’elle a dessiné de mettre la main sur les œuvres que l’on a baptisé “les peintures maudites de la sorcière” et de les brûler.

Débutant comme un conte de fées, La Malédiction de Loki se transforme rapidement en conte torturé à travers l’exploitation de la petite Aisya pour qu’elle peigne le plus de toiles possible. Ses différents tortionnaires vont même jusqu’à lui planter une aiguille dans le bras pour qu’elle puisse recevoir une transfusion de sang, presque en continu, pour ne pas ralentir le rythme. Sa relation avec Loki, sa création, est le seul véritable lien qu’elle a avec ce qui se rapproche le plus de l’amour. Comme un ange protecteur et meilleur ami, Loki veille sur elle depuis qu’elle lui a donné vie à travers son dessin. Malheureusement, il semblerait que la jeune fille n’ait jamais pu vraiment voir Loki en dehors de son gribouillage sur papier. À présent devenu un jeune homme, Loki honore la promesse faite à Aysia en parcourant le monde afin de détruire toutes les toiles maudites de sa maîtresse. Attristé et brisé par la souffrance qu’a vécue la petite fille, Loki a développé une haine des humains et de tout ce qu’ils peuvent faire. Il est froid et distant, et ne montre jamais de bons sentiments. En ces temps, il existe la Compagnie Vinculum composée de plusieurs divisions, dont celle des Nettoyeurs dont fait partie Loki. Dans le premier tome, le mangaka nous montre la mission de Loki en le confrontant à plusieurs travaux maudits et leurs légendes. La narration est efficace, et l’auteur veille à y placer des moments plus émotionnels, afin de créer de l’empathie entre le lecteur et Loki. Nous avons de courtes cases montrant Loki se remémorant le visage et les paroles d’Aisya. On peut ainsi voir que Loki n’est pas qu’une sorte de Pinocchio rongé par la haine de l’humanité. Racontée comme des légendes urbaines, l’histoire de chaque tableau s’avère assez intéressante car elle se nourrit des péchés des hommes qui ont détourné le but premier du miracle.

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Dans le tome 2, le mangaka introduit une sorte d’organisation secrète qui arbore le rôle de grand méchant. Rien de bien nouveau quand on connaît le genre, mais avec le plot twist de fin de tome 1, on est très facilement content de poursuivre la lecture de cette série. Sans trop vouloir en dire, la couverture peut facilement vous indiquer ce qu’est le rebondissement. Rien d’original non plus, certes, mais en tout cas on est intrigué par ce que cela implique. En terme d’exécution, Hachi s’en sort bien. Le rythme est bon, l’intrigue se complexifie un peu plus, ce qui est une très bonne chose. Il aurait été dommage de rester sur un fil rouge trop proche d’une simple quête vengeresse. Ce choix permet au mangaka de donner plus d’épaisseur à Loki qui va se retrouver en plein conflit émotionnel et spirituel. Les personnages secondaires appartenant à la 4ème division permettent de placer un peu de légèreté avec des touches d’humour. L’ensemble fonctionne de façon équilibrée donnant une lecture divertissante et profonde à la fois.

Le dessin bénéficie du trait soigné de Hachi qui offre un charadesign sympathique et joli. De l’adorable Aisya avec ses grands yeux et ses joues rondes, au visuel plus mature que dégage Loki, le mangaka s’en sort magnifiquement bien. Le décor entre fantasy et ambiance médiévale donne un résultat plaisant et platinant. Les scènes d’action sont maîtrisées et dynamiques. Le travail autour des tableaux est fin et rappelle fortement les mythes et autres contes qui peuplent le monde. L’édition de Delcourt-Tonkam est très jolie avec sa dorure encadrant la couverture, etc. À noter que le tome 1 est proposé avec une jaquette réversible.  

En conclusion, grâce aux sentiments et son originalité, La Malédiction de Loki s’inscrit dans une lecture à la fois divertissante, charmante et profonde. Le mangaka Hachi arrive à mettre en scène des personnages prometteurs, notamment Loki, avec une intrigue qui explore l’humanité, la vision de l’art selon les émotions et les vices de chacun. Un début très encourageant et pas passé loin du coup de coeur !17/20

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3 réflexions sur “Critique manga #282 – La Malédiction de Loki tome 1 et 2

  1. Pourquoi pas, les dessins et le scénario le tentent bien. A voir ce que ça va donner sur la longueur par contre. J’ai lu trop de série dans le genre qui m’enthousiasmaient au début mais on fait pschitt au final. Alors je vais attendre un peu ^^
    Merci pour la découverte !

    J’aime

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