Critique #208 – La Dernière reine par Philippa Gregory, Le Parfum de nos souvenirs par Camille Di Maio

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Deux fresques historiques avec des héros et héroïnes qui se livrent à coeur ouvert dans les évènements qui ont déterminé qui ils étaient. Aimer, l’un des sentiments les plus utilisés mais sans trop en faire. Philippa Gregory dresse le portrait de la 6ème femme d’Henry VII, alors que dans Le Parfum des souvenirs nous avons un jeune couple obligé de se séparer à cause de la guerre.


Disponible aux éditions Milady dans la collection Littérature ou sur Amazon au prix de 8.20€ | Également disponible en grand format et au format numérique 

La Dernière reine (The Taming of the Queen) est une fiction historique écrite par la Britannique Philippa Gregory connu notamment pour Deux sœurs et un roi (The Other Boleyn Girl), adapté au cinéma en 2008 avec Natalie Portman et Scarlett Johansson au casting. La Dernière reine et Deux sœurs pour un roi font partie de la série Tudor Court débuté en 2001. En 2019, les éditions Milady ont également publié Reines de sang (The Last Tudor). L’histoire se passe en 1543, avec un Henri VIII qui n’est plus au top de sa forme physiquement. Veuf ou divorcé, il décide d’épouser la jeune et belle Catherine Parr, qui deviendra sa 6ème femme. Malgré le fait qu’elle vive une histoire d’amour avec Thomas Seymour, elle ne peut refuser la demande du monarque. Prévenue par tous au sujet du comportement machiste et abject du roi avec ses autres épouses, elle est étonnée de découvrir qu’avec elle, il se comporte plutôt bien. Ayant réussi à réunir les enfants du roi sous le même toit, tout en tenant son rôle de la plus respectable des manières, elle commence à s’émanciper. Il n’en faut pas plus pour que le roi et ses conseillers qui voit en elle une hérétique qu’il faut contrôler.  Alors, ce roman peut être lu indépendamment des autres même s’il existe un ordre chronologique dans la saga des Tudors par Philippa Gregory. Porté en avant par une plume fluide, agréable et prenante si on est amateur des romans historiques, où même simplement de l’histoire autour des Tudors. La narration se fait à la première personne, plaçant ainsi le lecteur dans la peau de Catherine. On découvre les rouages de la politique, le système de la Cour du roi, etc. L’auteure a fourni un bon travail au niveau historique, même si certains aspects sont écrits du point de vue de l’auteure. Le personnage de Catherine Parr est souvent oublié et donc très peu connu du public, quand on la compare aux autres femmes d’Henri VIII. La religion est un thème très présent dans le roman, ce qui peut venir à déranger si cela ne vous intéresse pas. Mais au-delà de ça, cette fiction historique arrive à capter grâce à la force du personnage de Catherine, dont l’intellect la fait briller. En conclusion, La Dernière reine est une histoire qui se laisse lire avec plaisir, qui saura ravir les amoureux du genre. La romance et les quelques scènes entre Thomas et Catherine ne sont pas importantes au récit, mais ne sont pas déplaisantes pour autant. Donc, si vous aimez lire des romans avec des femmes de poignes et de courage, vous pouvez vous plonger dans cette histoire sans tarder.

Tout le monde se fiche comme d’une guigne qu’une femme vive ou meure, dans cette Cour. Devant chaque reine se dresse sa jolie remplaçante, et derrière elle, un fantôme.

15 sur 20

 

Disponible aux éditions Milady dans la collection Littérature ou sur Amazon au prix de 8.90€ | Également disponible en grand format et au format numérique.

Camille Di Maio est une auteure américaine dont certains écrits ont été publié dans divers magazines au fil des ans. Habitant au Texas avec son mari et ses 4 enfants, le couple gère une agence immobilière. Son premier roman Le Parfum de nos souvenirs (The Memory of Us) est paru en 2016 en VO, et en 2018 aux éditions Milady. Angleterre, 1937. Julianne Westcott est sur le point de rentrer en école d’infirmière. Lors d’une visite à son frère handicapé placé en institution, elle rencontre Kyle McCarthy. Cet Irlandais s’apprête à devenir prêtre, mais peu à peu une attirance entre les deux jeunes gens va naître. Issue d’une famille très aisée, son idylle est très mal vu puisque Kyle ne représente pas ce que l’on appelle un bon parti. Mais ce n’est pas cela qui va stopper l’amour et le bonheur de ce couple qui décide de se marier en secret. Rapidement, la guerre éclate et le Blitz décime le pays. Libre de son destin religieux, Kyle s’engage dans l’armée et est envoyé loin de sa jeune épouse. Cette dernière tente de garder le cap dans un pays qui tombe sous les bombardements ennemis. C’est dans ce contexte de romance historique que l’on apprend à connaître Kyle et Julianne, deux personnages attendrissants et bien écrits. La relation prend le temps de grandir ce qui change des récits où on a l’impression que l’amour arrive dans la seconde qui suit la rencontre de deux tourtereaux. La narration se permet des ellipses, nous faisant comprendre qu’un événement dramatique est venu chambouler leur histoire. Si le comportement de Julianne peut surprendre à ce moment-là, on doit attendre la fin du roman pour comprendre la jeune femme. Cela dit, il est possible que même ainsi certains lecteurs ne puissent accepter les raisons. À vous de vous faire votre propre opinion… Le style d’écriture de Camille di Maio est réellement prenant. C’est écrit avec passion et tendresse, rendant la lecture plus qu’agréable. En conclusion, malgré certains petits clichés de la romance, Le Parfum de nos souvenirs est un récit où l’amour et la guerre s’entrechoquent pour nous donner des personnages forts qui nous livrent leurs souvenirs. Dermatique, oui, mais jamais dans l’overdose. Juste ce qu’il faut pour nous garder jusqu’à la fin.

Il était ahurissant d’observer la vie quotidienne continuer au milieu d’un paysage aussi dévasté. Voir le laitier enjamber des piles de gravats pour livrer son lait dans les maisons restées debout. Emprunter une rue que j’avais remontée deux jours auparavant et me trouver nez à nez avec un trou si profond que j’avais l’impression que j’allais voir le centre de la terre. Le spectacle le plus perturbant était peut-être celui des quelques bambins demeurés à Londres qui sautillaient dans cette nouvelle aire de jeux en béton et se fabriquaient des jouets à partir des reliques de quelque disparu.

 

2 réflexions sur “Critique #208 – La Dernière reine par Philippa Gregory, Le Parfum de nos souvenirs par Camille Di Maio

  1. Un jour, il faudra vraiment que je lise les romans de Philippa Gregory sur les femmes d’Henry VIII et avant, parce que c’est vraiment une période historique qui me passionne. Merci pour cette bonne chronique qui donne envie ^-^

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  2. J’avais bien aimé La dernière reine même si effectivement le sujet religieux est fort présent et est parfois répétitif, j’ai trouvé! Apparemment, ce n’est pas le meilleur de l’autrice donc je suis d’autant plus curieuse de découvrir les autres!! 🙂

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