Critique #214 – La Compassion du diable de Fabio M. Mitchelli, Une bonne intention de Solène Bakowski

TITRE PAGE
Enfer et Paradis, Ange et Démon,.. des mots impliquant pour beaucoup de monde du sérieux, du réel et en même temps quelque chose que l’on n’a jamais vu de nos yeux. Qui peut dire qu’il a déjà vu le diable ou un saint ? Cornes ou pas, ailes ou non, il existe sur cette Terre des gens qui ne nous veulent pas que du bien et qui souvent nous ne connaissons ni d’Ève ni d’Adam. Chaque être possède-t-il une part d’ombre tellement obscure que la rédemption ne peut être demandée ? Dans La Compassion du diable nous suivons la perversité d’un homme sans âme. Tandis que qu’Une bonne intention porte bien son titre…. 

bragm


Disponible aux éditions Bragelonne dans la collection Thriller ou sur Amazon au prix de 7.60€ | Également disponible au format numérique et en livre audio

Fabio M. Mitchelli est un musicien et écrivain français à qui l’on doit plusieurs thrillers comme Le cercle du chaos, Le dernier festin, Une forêt obscure, Le Tueur au miroir, et bien d’autres. Certains de ses écrits lui ont fait remporter des prix. La Compassion du Diable, paru en 2014 est l’un des heureux lauréats. Il vit actuellement en Savoie où il continue d’écrire en s’inspirant de faits réels. En ouvrant La compassion du diable il vaut mieux savoir dans quoi on embarque. Cette histoire est inspirée de la vie de Jeffrey Dahmer dit le Cannibale de Milwaukee, auteur de 17 meurtres qu’il a avoué avoir perpétré entre 1978 et 1991. Viols, démembrements, cannibalisme, nécrophilie. Incarcéré et condamné, il a été battu à mort en prison par un autre détenu en 1994. Rien qu’avec ça on peut se dire que la balade dans les antres de l’enfer va être charmante à souhait. Âmes sensibles s’abstenir. Ici, le prince sanglant se fait appeler le cannibale de Cleveland qui se passe à des époques différentes. Entre 1960 et 1981 à travers Blake, le tueur, et deux inspecteurs. Difficile d’expliquer la fascination que le public possède pour ce genre d’individu, de la fiction à la réalité, on ne détourne que très peu les yeux de ces événements macabres. C’est un peu comme les films d’horreur. Pourquoi s’évertuer à se faire peur ? Pourquoi avoir envie de sursauter, de grimacer et de cacher les yeux, jusqu’à parfois même développer une phobie du noir, des clowns, des poupées, etc. Peut-être l’être humain est-il secrètement masochiste, peut-être. Dans La Compassion du diable, Mitchelli mélange habilement la réalité et la fiction pour créer un personnage psychopathe complètement dépravé tout y injectant une psychologie vraiment approfondie. C’est déstabilisant et fascinant. Le rythme et les chapitres courts aident à ce que la lecture devient addictive alors qu’une partie de nous-même se demande pourquoi on lit de telles choses. Parce que oui, c’est violent. Entraîné par la folie meurtrière sans nom de cet être humain (sur papier mais pas en pratique) on en oublie presque que ce genre de types existe réellement. Quand cela nous frappe, nous nous arrêtons net à la limite de l’effroi et de l’incompréhension. Comment peut-on devenir ainsi ? Est-ce que ces personnes naissent ainsi ? Est-ce dans leur ADN ? Est-ce que les événements de la vie les transforment en loup déguisé en agneau ? Même après autant de temps il est difficile d’avoir une vraie réponse tant les scientifiques et les psychologues ont des avis différents. Quoi qu’il en soit, dans ce thriller hautement psychologique, Fabio M. Mitchelli nous entraîne dans une cavale sinueuse, avec non seulement un tueur imprévisible et complexe, mais d’autres personnages tout aussi travaillés. Comme dit plus haut, certains passages sont macabres au point que cela pourrait presque en devenir grotesque. Mais ça ne l’est pas, en tout cas pas pour moi. Le style est fluide, brut et très appréciable. Toutefois, certaines facilités scénaristiques ont été choisies, et cela pêche un peu, mais sinon on est vraiment happé. En conclusion, un bon thriller psychologique qui a de quoi nous faire regarder les gens qui nous entourent d’un oeil suspicieux. Sanglant ou glaçant, percutant ou innommable, les mots ne manquent pas pour décrire La Compassion du diable et le ton de Mitchelli.

Il avait toujours ressenti une aversion particulière pour son géniteur, cet homme qu’il n’avait plus jamais revu après son exil au cœur de la vie sauvage. Qu’avait-il représenté à ses yeux, tout au long de ses années ? Un être qui lui avait donné la vie ? Une créature qui avait ensemencé sa mère pour y créer une entité hideuse, inhumaine, telle l’ignoble bête qu’il était devenu ? Oui, probablement, son père n’était qu’une paire de couilles qui était venu arroser le jardin du mal, y faire fleurir une plante carnivore, une espèce cannibale qui avait, alors qu’elle n’était encore qu’un vulnérable embryon, dévoré le jumeau monozygote qui avait partagé l’œuf à ses côtés…

15 sur 20

 

Disponible aux éditions Bragelonne dans la collection Noir ou sur Amazon au prix de 8,90€ | Également disponible au format numérique et audio

Solène Bakowski est une auteure française qui a, pendant un temps, partagé sa vie entre la France et la Chine avant de devenir Professeure des Écoles. Un sac, l’un de ses premiers romans, a remporté en 2015 le Prix spécial du jury de 2015 et a été publié aux éditions Bragelonne. Depuis, vous l’avez peut-être apprécié dans Avec Elle, un des deux romans d’un projet commun entre Amélie Antoine et son Sans elle. Une bonne intention est paru en 2017 en auto-édition avant de débarquer chez Bragelonne dans la collection Noir, un an après. Comment résumer ce récit sans trop en dire ou pas assez ? Eh bien, on va en dire le moins possible. Mati est une petite fille qui vient de perdre sa maman. Son père est un peu aux abonnés absents tant il est noyer dans son deuil. La grand-mère, elle, tente de redonner un peu de stabilité dans la famille et de maintenir le lien entre Mati et son père, qui ne cesse de perdre de sa force. Mais un soir, Mati ne revient jamais de l’école. Que lui est-il arrivé ? Kidnapping ? Fugue ? Mauvaise rencontre… Tout est possible, et il est questions de lettres envoyées… mais à qui ? Comme pour Un sac, l’auteure garde cette touche sombre qui caractérise bien son style qui pourrait faire frémir Stephen King lui-même et être l’égale d’un Maxime Chattam. La narration est construite en plusieurs parties avec des thèmes forts et difficiles comme le deuil, mais pas que. Comme dans la majeure partie des romans Noir/Thriller, la part psychologique est importante et Solène Bakowski l’affine très bien. Mati est l’un des personnages principaux, si ce n’est le plus capital, puisque toute l’émotion et la détresse passent par elle. Autour d’elle les adultes lui font défaut, le plus essentiellement son père qui ne cesse de se distancer d’elle et du reste. D’autres personnages, dont je tairai les noms, viennent s’imbriquer dans l’histoire qui au final est un grand puzzle où mystère et apparences s’entendent bien. Les pages défilent au fur et à mesure des événements qui nous laissent parfois incrédules. En conclusion, un roman sombre mais plein de vie de par ses personnages et la personnalité que Solène Bakowski leur donne. Un récit dont vous ne soupçonnez pas ce qui vous attend et que vous ne regretterez pas d’avoir osé ouvrir.


La maîtresse raconte qu’écrire ça fait fuir la douleur. Que la douleur, elle n’aime pas trop les mots, qu’ils lui font peur à cause du pouvoir qu’ils ont sur les gens et sur les sentiments. Magali, ma maîtresse, elle ajoute que la peine est moins lourde à porter, qu’elle est même toute rabougrie quand on la raconte. C’est comme de la magie.

15 sur 20

2 réflexions sur “Critique #214 – La Compassion du diable de Fabio M. Mitchelli, Une bonne intention de Solène Bakowski

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s