Critique #216 – L’Oiseau captif par Jasmin Darznik

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La condition de la femme a peut-être évolué dans certains pays, mais dans d’autres le changement n’est quasiment pas perceptible. Si des actions sont menées, c’est grâce à des personnes qui ont initiées des choses bien avant nous. C’est le cas de Forugh Farrokhzad que vous ne connaissez peut-être pas encore, mais qui a contribué à un désir de liberté parmi les femmes dans les années 50. De petit oiseau enfermé dans une cage dont les barreaux ont été régis par la société, Jasmin Darznik nous conte l’échappée d’un oiseau devenue femme et bien plus. 

 

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Jasmin Darznik est une auteure irano-américaine connu pour son livre La bonne fille – un souvenir de la vie cachée de ma mère qui est rapidement devenu un best-seller dans le monde lors de sa parution en 2011. L’Oiseau captif (Song of a Captive Bird) est un roman retraçant la vie de la poétesse iranienne Forugh Farrokhzad sorti en 2018. Elle exerce actuellement le métier de professeur d’anglais et d’écriture au sein du College of the Arts de Californie. L’Oiseau captif est sorti pour la première fois en VF aux éditions Stéphane Marsan, également en 2018.

Forugh Farrokhzad est une poétesse contemporaine des années 30. Mariée à 16 ans elle suit son époux et cousin, Parviz Shapour, à Ahvaz (Iran) avec qui elle apprend la peinture. C’est dans ces mêmes années qu’elle commence à échanger des correspondances avec des magazines de renom. Un premier recueil de poésies voit le jour en 1955, puis un autre en 1958. Elle joue dans le film La Proposition en 1960, et réalise son premier film deux ans plus tard, La Maison est noire. En 1965, Bernardo Bertolucci (Le Dernier Tango à Paris, 1900) réalise un film reprenant l’histoire de sa vie. Elle décède 2 années plus tard dans un accident de voiture, et dont le dernier recueilli Laissez-nous croire au début de la saison froide sort à titre posthume.

L’amour est une autre contrée. Non, j’irai plus loin : la différence entre deux pays étrangers n’est jamais aussi grande que celle qui existe entre être amoureux et ne pas l’être. Non seulement le monde autour de soi semble transformé quand on est épris de quelqu’un – lumineux alors qu’il était morne, vivant et varié alors qu’il n’était que routine- mais les gens ne sont plus les mêmes, à commencer par soi, encore qu’il s’agit peut-être juste d’un retour à son moi originel.

Tout au long du roman, l’auteure y insère des bribes des poèmes de Farrokhzad nous donnant envie de prendre le temps d’aller découvrir, par nous-même, ses travaux. La plume de Jasmin Darznik est très belle, douce et simple. On entre facilement dans l’histoire, malgré l’appréhension de rentrer dans un roman presque biographique. Forough est une jeune femme qui n’hésite pas à se rebeller face aux traditions de son pays, l’Iran, et qui modélise toute une société très patriarcale. L’art est une source d’inspiration et de force pour cette femme avide de découverte. S’exprimer à travers ses écrits une question de liberté, oui, mais elle se heurte à toute une condition qui n’a de cesse de reléguer la femme à un rang en dessous de celui de l’homme. À travers ses mots on apprend ce qui rythme de son esprit, ses peurs, son courage… une femme qui ne se laisse jamais abattre. Les échecs sont là, oui, mais ce qui en fait un personnage complexe est sa manière de toujours trouver un moyen de se relever et la force de continuer à avancer. La société des années 50, le système de l’éducation, les privilèges des hommes, la famille, etc. Le roman porte bien son nom, on le sent très rapidement. On admire cette femme d’exception et on se laisse guider dans ses défis du quotidien, grands ou petits.

En conclusion, L’Oiseau Captif est un roman doux, mais dont la rage et la force de la protagoniste nous font ouvrir les yeux sur l’injustice avec violence et compréhension. Un lien se forme entre le lecteur et Forough Farrokhzad. De son style simple, efficace et parfois un peu maladroitement attachant, Jasmin Darznik rend un hommage d’exception à cette artiste que l’on ne connaît pas, ou alors très très peu. Un roman unique en son genre qui nous fait passer un agréable moment de lecture.

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