Un auteur, une plume #004 – Interview avec Jérome Alquié

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C’est le 20 février dernier que j’ai eu la chance de pouvoir rencontrer et interviewer l’artiste et scénariste, Jérôme Alquié, qui en 2019 a eu le privilège de raconter son scénario inédit sur Albator que de nombreux lecteurs connaissent depuis bien des années. 

 

Je remercie Anne-Catherine de Dargaud Suisse et la librairie Tanigami à Genève, qui m’ont permis de m’entretenir avec Jérôme, un homme réellement hyper ouvert et passionné.


1.Bonjour Jérôme. Si tu devais décrire cette histoire inédite de Albator, Mémoires de l’Arcadia, en quelques mots, quels seraient-ils ?

JÉRÔME ALQUIÉ : En quelques mots ça va être dur, parce que mois je parle beaucoup (rires). Albator c’était une série qui était assez particulière dans les années 80, parce que la distribution des rôles était un petit peu différente de ce que l’on avait l’habitude de voir. Là on part sur une base de trois entités. Tu as les terriens qui sont considérées comme un peuple vraiment oisif, paresseux, et à qui tout tombe tout cuit dans le bec. C’est d’ailleurs pour ca que Albator est au tour de la Terre pour réveiller un peu les consciences. Albator est la deuxième entitée qui est rebelle, exclue de sa planète, et il y a une troisième entitée qui sont les extraterrestres – les ennemis de l’histoire – qui sont des ennemis vegetals. Ils veulent reprendre possession de la planète qu’elles ont habités bien avant l’homme. Cette tripartite de force était vraiment intéressante pour l’époque, et ce que j’ai voulu faire avec Mémoires de l’Arcadia c’est poser la question  » Tiens s’il y en avait une quatrième de force, qu’est-ce qui se passerait ? Comment ce déséquilibre cet équilibre déjà pas très stable ? ‘‘. Et c’est comme ça qu’à démarré le projet de l’arc inédit de l’Arcadia.

2.J’ai lu que tu avais grandi avec le Club Dorothé, donc Dragon Ball, Saint Seiya, Captain Tsubasa, etc. Pourquoi avoir choisi Albator plutôt qu’une autre oeuvre ?

JÉRÔME : Je suis un super fan de l’oeuvre de Leiji MATSUMOTO. Je trouve ça super romantique, poétique, etc. et c’est ce que j’aime. Le côté tragique, tu vois toute l’inspiration de Leiji MATSUMOTO de la deuxième Guerre Mondiale, du côté sacrificiel des gens. Le sens de l’honneur, et ça, ça m’a vachement plu, et j’ai découvert Albator sur le tard dans les années 90. J’étais presque adulte, enfin je dis presque parce que je n’ai jamais été adulte (rires.) J’étais en âge de comprendre le deuxième niveau de lecture de Albator. C’est une série qui a des thèmes qui sont encore actuels. Presque encore plus qu’à l’époque, avec l’aspect écologique des sylvidres qui veulent prendre possession de la terre, tu vois facilement l’allégorie de la nature qui cherche à reprendre ses droits sur l’humain qui a fait n’importe quoi avec la terre. Tu vois tu as des résonances vraiment fortes, le gouvernement corrompu, etc. J’ai l’impression que ces thèmes seront toujours d’actualité, parce que comme c’est très emprunté de poésie de romantisme et justement c’est le genre de thèmes écologiques très forts. Je le vois à travers les dédicaces, il y a de plus en plus d’enfants qui viennent grâce à leurs parents, et qui ont adoré.

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3.Comment c’est passé ta rencontre avec Leiji MATSUMOTO lors de la Japan Expo 2019 ?

JÉRÔME : C’était la première fois que je le rencontrais. C’était juste magique. C’est un artiste absolument extraordinaire qui a une carrière de plus de 60 ans derrière lui, qui connaît un nombre incalculable de choses, et qui est lui-même très emprunt de ce qu’il met dans ses mangas. Il est le fils d’un pilote de chasse de l’armée japonaise. Lui-même il a son brevet de pilote donc il te raconte ce qu’il fait avec son avion, c’est génial d’écouter tout ça. Et au-delà de l’artiste j’ai eu la chance de pouvoir rencontrer l’homme qu’il y avait derrière les oeuvres que j’ai aimé, et c’est un gars qui est absolument exceptionnel, qui a une grande humilité malgré ce qu’il a vécu et le succès qu’il a eu. Il a une humilité qui est aussi grande que son talent. Si tu veux une petite anecdote, j’avais préparé un petit texte que j’ai réussi dire mais en balbutiant tellement j’étais ému. Je dis  » merci de me permettre de faire vivres vos personnages et tout  », il se tape sur le coeur, me coupe et me dit  » c’est moi qui vous remercie de faire vivre ma création au-delà du pays japonais. » Il est d’une ouverture d’esprit absolument incroyable. 

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4.Si tu pouvais faire à nouveau cette même expérience, mais sans pouvoir reprendre Albator, quel manga voudrais-tu revisiter ?

JÉRÔME : La collection Classics qui a été initiée chez KANA avec Albator est une collection, ce qui veut dire que d’autres titres arrivent. Certains signés, d’autres en passe de l’être. Certains avec moi, d’autres sans moi. Il y en a un sans moi qui va être sur Goldorak [scénario de Denis Bajram & Xavier Dorison ; dessin de Brice Cossu et Alexis Sentenac avec Yoann Guillo à la colorisation – source] qui a été officialisé à Angoulême récemment, je crois que ce sera un one-shot. Puis il y aura d’autres séries de ces années-là, et maintenant si tu me demandes ce que j’aimerais faire il y en a deux qui sortent du lot. Il y a Ulysse 31, qui est une de mes séries préférées, et Saint Seiya. On a beaucoup de choses à donner, nous qui avons grandi là-dedans. Alors si on peut faire partager notre passion, c’est juste génial.

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