Critique #218 – Kushiel, tome 1 : La Marque par Jacqueline Carey

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La Fantasy n’est pas forcément le genre que j’apprécie le plus, mais j’ai toujours eu beaucoup de chance en ne tombant que sur des lectures vraiment intéressantes. Univers, personnages, action, style,… chaque roman a su me montrer sa qualité. Avec le premier tome de la trilogie Kushiel, nous sommes dans les mêmes eaux… et encore bien plus !

 

Disponible aux éditions BRAGELONNE/MILADY dans la collection Fantasy ou sur Amazon au prix de 12.90€ | Également disponible au format numérique

Merci à Anne-Catherine de Dargaud Suisse pour cette lecture passionnante !


Jacqueline Carey est une auteure américaine née dans l’État de l’Illinois ayant obtenu un degré en psychologie et en littérature anglaise. C’est en effectuant un stage de 6 mois dans une librairie de Londres, à l’époque du collège, qu’elle réalisa qu’elle voulait faire de l’écriture son métier. En 2001, sort son premier roman, Kushiel’s Dart, fut le premier de la trilogie Kushiel se déroulant dans un univers de Fantasy historique. Vint ensuite le spin-off en trois tomes également, Imriel. D’autres trilogies et duologies virent le jour au fil des années: The Sundering, Moirin Trilogy, Santa Olivia, Agent if Hel, etc. Les deux trilogies (Kushiel et Imriel) sont disponibles en français aux éditions Bragelonne.

Ici, nous sommes dans une Europe revisitée par l’auteure qui nous présente Phèdre achetée par Delaunay, un noble, qui lui apprendre l’art de l’espionnage mais aussi le plaisir dans la souffrance au sein du culte de Kushiel. Au cours de son apprentissage elle va se révéler aussi passionnante et déroutante qu’une tornade en plein désert, c’est-à-dire rare est imprévisible. Dotée d’un don aussi inestimable que cruel, on ne peut imaginer les aventures qu’elle va vivre… Le synopsis de l’histoire est assez complexe, mais on peut imagine une sorte de mélange de Game of Thrones et Legend of the Seeker. C’est énigmatique, mystérieux, et surtout intense. En dehors de Phèdre, les autres personnages possèdent tous une personnalité haute en couleur qui les rend attachants et intéressants à suivre sur papier. Certains énervent et d’autres nous marquent en bien. Dans ces derniers on peut citer Hyacinthe l’ami fidèle, le prêtre guerrier Josselin, mais aussi Mélisandre que j’ai particulièrement beaucoup aimé. Elle souffle aussi bien le chaud et le froid durant les chapitres ce qui la rend fascinante à de nombreux aspects. Elle n’est pas seulement un simple pion dans ce récit que l’auteure nous raconte, mais bien une des pièces maîtresses les plus riches. On peut mentionner la présence de la magie sans pour autant qu’elle ne prenne le pas sur le reste. Jacqueline Carey réussit à doser le tout pour que l’on ne trouve jamais cela lourd ou ennuyeux. Quelques longueurs sont présentes ici et là, mais ne gâchent en rien le plaisir que l’on prend à découvrir les pierres de ce monde unique, et pourtant si semblable nôtre. L’amour et l’amitié sont aussi des éléments importants au même titre que tout le reste. J’ai particulièrement apprécié cette dualité et complémentarité entre le plaisir, le désir et la douleur. Pour les amoureux d’action soyez sans crainte, elle est bien présente dans ce pavé de plus de 800 pages.

Elle se pencha pour me donner un baiser. Son parfum immédiatement m’enveloppa, mais ses lèvres ne m’effleurèrent qu’à peine la joue, me laissant capable encore de tenir sur mes jambes. Ce type de baiser me rendait plus nerveuse encore que l’autre sorte.

La plume de Jacqueline Carey est d’une telle richesse que l’on a du mal à croire que ce n’est que son premier roman que l’on tient entre les mains. C’est fluide, il y a une vraie maîtrise des mots sans vouloir paraître supérieur à X ou Y auteur de la Fantasy. C’est écrit avec naturel, fraîcheur, et une vraie compréhension des mots utilisés aussi bien pour les personnages que pour la construction de l’univers. Malgré les nombreuses informations distillées dès le début du livre qui peuvent nous perdre un peu, le style de l’auteure permet de rester captive au récit d’une très belle manière. C’est soigné, entraînant et poétique. Les personnages sont bien construits du point de vue psychologique. Phèdre est notre guide dans cet univers si particulier. À travers la marque de Kushiel elle tire du plaisir dans la douleur, permettant ainsi à l’auteur de traiter du BDSM. Attention, ici nous sommes bien loin de 50 Shades of Grey (qui n’est pas vraiment du BDSM cela dit…), et c’est avec un naturel sans pudeur mais sans vulgarité que Jacqueline Carey nous ouvre les yeux sur une nouvelle vision de cette pratique. Cela permet de remettre la bonne lumière sur cet acte que de nombreuses personnes pratiques, et qui n’est pas une honte.

Certains ne savent pas quoi faire face au chagrin, craignant de dire ce qu’il ne faut pas ; à tous ceux-là, je dis qu’il n’y a aucun mal à réconforter quelqu’un dans la peine. Un mot aimable, un bras consolateur… tous ces gestes sont les bienvenus.

En conclusion, La Marque est le premier tome d’une trilogie qui nous fait vivre de véritables émotions, et qui promet de ne pas nous épargner par la suite. Bâti sur des bases historiques retravaillées par l’auteure, c’est le mélange parfait entre la fiction et la réalité, un point très séduisant qui place Kushiel dans le haut du panier des séries de Fantasy à découvrir sans plus attendre. Personnages attachants, forts, énigmatiques, et magnifiquement bien écrits, on ne peut qu’être impatient de lire la suite. 

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