Critique manga #302 – Nos c(h)oeurs évanescents tome 1

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Casser les codes dictés par la société, s’armer de courage, vivre ses rêves et toujours être soi-même. Difficile d’appliquer ces recommandations au quotidien, n’est-ce pas ? Pourquoi ne pas prendre exemple sur les héros d’oeuvres de fiction, par exemple ? Nos c(h)oeurs évanescents nous invite à apprendre, à vous soigner et à vous accompagner chaque jour pour rien que nous empêchent de vivre.

 

Disponible aux éditions AKATA dans la collection Medium ou sur Amazon | Également disponible au format numérique | LIRE UN EXTRAIT ICI

SP AKATA

Un grand merci à Guillaume et à toute l’équipe de Akata !


Nos c(h)oeurs évanescents est le nouveau manga de Yuhki KAMATANI que l’on connaît en France pour Éclat(s) d’âme, également paru aux éditions Akata en 4 tomes. Au Japon, Shounen Note a débuté sa prépublication en 2015 dans le Gekkan Morning Two (L’Atelier des sorciers, DevilsLine) des éditions Kodansha, pour un total de 8 tomes. L’histoire est celle de Yutaka Aoi, un jeune garçon particulièrement sensible. Nouveau dans la région, un jour, il assiste à une répétition du club de chorale. Ému, il se présente pour intégrer le groupe en tant que soprano, partie traditionnellement interprétée par des femmes. D’abord refusé il finit par s’attirer la sympathie de plusieurs membres, de grâce à son talent unique…

Même si je n’ai pas (encore) lu Éclat(s) d’âme, je sais que c’est un titre qui a beaucoup fait parler de lui, et qu’en bien. J’étais donc curieuse de découvrir Yuhki KAMATANI afin de me faire une idée sur son travail. Et après cette lecture, je comprends pourquoi elle touche autant. Nos c(h)oeurs évanescents est une petite surprise que l’on se prend en pleine poitrine ! C’est comme assister par accident à la naissance d’un papillon sortant de son cocon lors d’un jour de printemps. Yutaka est un jeune garçon dont la sensibilité nous touche au plus profond de notre être. Il est impossible de ne pas être bouleversé par l’authenticité qui se dégage de lui. Jovial, enthousiaste et toujours à l’écoute de ses camarades, ce jeune garçon est l’incarnation de la pureté. Son cœur et son esprit sont ouverts à tout ce qui l’entoure. Le moindre bruit le bouleverse aussi bien en mal que en bien. Les cris lui font du littéralement du mal, il les ressent comme des horribles vibrations. Il est tellement complexe et émouvant que l’on a  envie  d’être son ami, de le protéger et de l’encourager. Non pas parce qu’il invite à la pitié, mais parce qu’il est aussi brillant qu’un soleil dans un ciel de nuit. Le scénario est écrit avec un naturel bienveillant, sans pour autant être un véritable conte de fées. Non, la réalité est bien présente avec, par exemple, l’angoisse que ressent Yutaka à l’idée de perdre sa voix en muant. Autour de lui, nous avons des personnages réalistes dans leurs propres et sentiments. La mère du petit garçon est toujours à son écoute, elle l’encourage dans tout ce qu’il décide de faire. Cela est tellement plaisant de voir un parent encourager ainsi son enfant, qu’on a envie que tous les parents soient comme elle.

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© 2010 Kamatani Yuhki, Kodansha

Au fil des chapitres, la mangaka nous plonge dans le quotidien de cette petite chorale, avec une professeure qui souhaite accompagner Yutaka pour qu’il aille encore plus loin… Je ne veux pas trop en dire, parce que chaque élément apporte sa petite contribution à ce premier tome qui est de toute beauté. La diversité et son traitement social passe par le fait que Yutaka prenne la place de soprano, qui normalement est réservée par une fille. En cassant le code du diktat du genre (un peu comme le bleu pour les garçons et le rose pour les filles *roule des yeux*), Yuhki KAMATANI montre tout de suite la modernité de son œuvre et son ouverture d’esprit. Les personnages secondaires sont nombreux, mais ce sont bien deux d’entre eux tous que l’on retient le plus : Tomoya, le blond qui porte l’étiquette du gars qui ne prend jamais rien au sérieux, et Machiya la jeune fille brune taciturne. Chaque moment passé avec eux, la mangaka nous montre qu’ils sont bien plus que ses idées que l’on peut se faire sur eux. Machiya a gentiment conquis mon cœur de lectrice, par exemple. Vraiment hâte d’en découvrir plus sur elle !

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Le dessin est à la hauteur du récit. C’est doux, léger dans le trait et dans sa mise en page. Les cases et doubles plages qui voient Yutaka en train de chanter sont de véritables diamants, magnifiques à regarder. C’est beau, très expressif et on est séduit du début à la fin. La mangaka n’en fait jamais trop ni dans le visuel ni dans sa narration. Les émotions sont claires et véridiques. Le travail sur l’édition est de qualité. Pages couleurs, bonne impression, et une traduction d’Aurélien Estager travaillée et en accord avec l’ambiance. 

En conclusion, un gros coup de cœur pour ce premier tome de Nos c(h)oeurs évanescents. L’un des rares mangas qui arrivent à mettre en images toute la beauté et l’émotion que peut procurer la musique, comme a pu le faire Nana et Given jusqu’ici. Une découverte humaine avec un petit garçon qui saura vous charmer avec ses grands yeux, son sourire et son amour pour le monde qui l’entoure.

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3 réflexions sur “Critique manga #302 – Nos c(h)oeurs évanescents tome 1

  1. J’ai beaucoup aimé ce premier tome également, surtout en fait pour l’expérience graphique qui m’a emportée. Je l’ai été un peu moins par les parties musicales alors que c’était ce que j’attendais le plus V.V Par contre, je suis fan de la façon dont elle met en scène ses ados de manière si peu genrée au final, ou du moins avec une grande envie de casser les codes.

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