Critique #221 – Laisse-moi entrer de John Ajvide Lindqvist

 

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Il était une fois… conte merveilleux ou horrifique, le début est souvent le même. Dans Laisse-moi entrer, le lecteur est invité à entrer dans un récit aussi sombre que lumineux. Personnages attachants et complexes évoluant dans un univers violent, sanglant et dérangeant. Une histoire pas comme les autres, où l’amitié et l’amour ont une importance de taille. 

 

Disponible aux éditions Bragelonne dans la collection Terreur ou sur Amazon au prix de 7.90 € | Également disponible au format numérique


John Ajvide Lindqvist est un auteur suédois faisant dans l’horreur et les histoires courtes. Son adolescence, il la passe à faire de la magie dans la rue pour les passants et touristes dans un quartier de Stockholm. Avant de devenir romancier, il fut humoriste de stand up, mais aussi magicien. Son premier roman, Laisse-moi entrer (Låt den rätte komma in en VO) est une romance horrifique publié en 2004. L’année suivante il sort un roman autour des zombies, Handling the Undead. Paper Walls (collection d’histoires courtes) est paru en 2006. Ses romans ont été traduit en plus de 10 langues. Laisse-moi entrer (Let the Right One In) a été adapté deux fois sur grand écrans. La première fois en suédois par Tomas Alfredson en 2008, et une seconde fois par Matt Reeves (Cloverfield, Dawn of the Planet of the Apes, The Batman) en 2010 pour la version américaine sous le titre de Let Me In.

!! ATTENTION AUX SPOILERS DANS LA BANDE ANNONCE !!

Oskar, 12 ans, est un enfant vivant dans la banlieue de Stockholm avec sa mère, et persécutée par ses camarades au collège. Un soir, une jeune fille du nom de Eli emménage dans l’appartement d’à côté. Chaque soir, la jeune fille n’hésite pas à braver le froid et errer dans les rues, ne semblant pas être affecté par le climat. Intrigué, Oskar va se rapprocher d’elle… Laisse-moi entrer est une histoire mêlant plusieurs genres. De l’horrifique au tranche-de-vie avec un côté young adult dont le traitement des émotions s’avère très mature. Si le récit tourne beaucoup autour de Oskar et Eli, on ne peut oublier la présence d’autres personnages qui bénéficient d’une mise en avant pertinente. On peut citer Tommy le voleur du quartier renifleur de colle, ou Virginia et sa solitude, mais il en existe d’autres. La vie de chacun se croise et se décroise afin de donner un relief humain important, tout en gardant une part de suspense bien dosé. L’époque à laquelle se passe l’intrigue, les années 80, possède un charme fou et une nostalgie bienvenue. L’ambiance est travaillée jusqu’au moindre petit détail. On apprécie ce que l’auteur dégage dans son écriture, tout comme sa plume fluide et intéressante.

C’était l’un des rêves d’Oskar : assister à l’exécution de quelqu’un sur la chaise électrique. Il avait lu que le sang se mettait à bouillir et que le corps se contorsionnait selon des angles impossibles. Il imaginait également que les cheveux de la personne prenaient feu mais il ne disposait d’aucune description écrite de ce phénomène.

Oskar et Eli sont deux personnages qui s’opposent et se complètent à merveille. Il y a beaucoup de douceur et de timidité qui se dégage de leurs interactions même si cruauté est toujours présente. Le début s’avère un peu lent, mais arrivé à un certain passage il est difficile d’arriver à poser le bouquin. Alors, oui, on parle de vampire et on a beau avoir exploré le sujet à fond, dans Laisse-moi entrer John Ajvide Lindqvist réussit à insuffler une certaine nouveauté. Le personnage d’Eli est mystérieux, mais il est difficile de ne pas ressentir de l’affection pour elle et son histoire. Tristesse, solitude et incompréhension face aux évènements de la vie, les deux adolescents sont un peu livrés à eux-mêmes malgré la présence d’adultes. La violence qui les entoure nous saute en plein visage, rendant certaines scènes difficiles à lire. L’amitié, l’amour et l’espoir sont trois sentiments forts et réellement bien traités dans le roman. Il paraît assez étrange de faire cohabiter autant d’émotions dans une ambiance si glauque et dérangeante, mais pourtant cela fait que Laisse-moi entrer se veut unique dans sa globalité. 

En conclusion, Laisse-moi entrer est un roman qui se savoure malgré la dureté de ses propos. Il y une forte humanité qui se dégage à la lecture, avec l’importance de l’amitié et de l’enfance qui se doit d’être vécue de la manière la plus saine possible. Violent, curieux, mais profondément touchant, Oskar et Eli vous invitent dans leur quotidien où l’apparence n’est qu’une illusion.infos roman

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