Critique manga #316 – Kase San tome 4, Plongée dans la nuit tome 1

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Le Yuri est un genre que l’on a du mal à voir fleurir dans les rayons des librairies francophones, et pourtant ce sont des récits qui n’ont pas à rougir face aux autres genres dans le manga. Sentiments, apprentissage personnel, tranche de vie, ect. Des lectures émotionnelles et pétillantes qui ne laissent pas le lecteur indifférent. On se retrouve donc pour parler de la suite de Kase-San qui jusqu’ici a fait un sans faute, mais aussi la dernière nouveauté de l’éditeur, Plongée dans la nuit qui a de quoi interloquer. 

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Merci à Grégoire pour la lecture et sa confiance


Disponible aux éditions TAIFU COMICS dans la collection Yuri ou sur Amazon au prix de 7.99€ | LIRE UN EXTRAIT DU TOME 1 | LIRE MON AVIS SUR LES TOMES PRÉCÉDENTS

Grâce à sa fraîcheur et à sa narration naturelle, chaque tome de Kase-san s’est révélé être un coup de cœur. Deux jeunes filles, Kase et Yamada, qui découvre les sentiments tout en avançant dans leur quotidien de lycéenne. Dans ce quatrième (et avant dernier tome) les deux adolescents se doivent de penser à leur avenir d’étudiante, mais aussi à leur futur en tant que couple. Avec son parcours d’athlète au sein du lycée, Kase a réussi à intégrer la fac de son choix à Tokyo. De son côté, Yamada a décidé d’intégrer une prestigieuse université d’horticulture pour filles à Tokyo. Si la discussion autour de la future cohabitation n’était pas réellement d’actualité, Kasé plus enthousiaste que jamais proposer à terme de venir habiter avec elle. Autant le dire tout de suite, la préposée aux fleurs du lycée n’était pas du tout prête à entendre ça…et encore moins de l’imaginer ! Difficile de réellement trouver les bons mots pour décrire cette série, terminée en 5 tomes, mais dont une suite est déjà en cours de parution au Japon dans le magazine Hirari de l’éditeur Shinshokan. C’est une lecture pétillante, gourmande et écrite avec un naturel tellement simple qu’il aurait été idiot d’en faire autrement. Hiromi TAKASHIMA offre des personnages tellement attachants que l’on ne peut qu’être heureux à l’idée de les revoir à nouveau dans un futur plus ou moins proche. Yamada est celle que l’on a envie de cajoler à chaque instant, la mangaka jouant beaucoup sur son côté plein de vie et les expressions faciales qu’elle ne cesse de faire selon les situations. Si Kase semble la plus sûre d’un point de vue extérieur, il n’est est rien à l’intérieur.

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Asagao to Kase-san. ©2012 Hiromi TAKASHIMA / Published by Shinshokan

Ce tome-ci se penche un peu plus sur ses émotions et sentiments envers Yamada l’a rendant encore plus populaire dans notre coeur. Chacune puise sa force dans l’autre, les poussant toujours à donner le meilleur d’elles-même. L’autre atout de la série réside à ne pas faire dans le drama inutile. Ici, le retour d’une supposée ex de Kase va mettre insuffler un peu de jalousie en Yamada qui n’est pas prête à laisser cette ancienne camarade de Kase s’approche de sa petite amie. Ce chapitre permet à Yamada de s’affirmer un peu, rendant cohérent le fait que l’on a pu la voir grandir et s’épanouir depuis sa rencontre avec Kase. Bien entendu, le fait qu’elles forment un couple n’est pas la seule raison qui a aidé à en arriver là. Le changement est subtil mais sur le long terme il devient de plus en plus frappant. L’ambiance est très bien gérée. C’est aussi merveilleux que de marcher dans un champ de fleurs en plein été avec une légère brise. Le dessin reste toujours aussi adorable et maîtrisé, mais avec un trait ayant gagné en maturité au fil des parutions. En conclusion, coup de cœur pour cet avant-dernier tome. Si on a hâte de les retrouver on est également triste de devoir Kase et Yamada pendant un moment. Mais, il y aura toujours la possibilité de relire cette merveilleuse petite série encore et encore .

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Disponible aux éditions TAIFU COMICS dans la collection Yuri ou sur Amazon au prix de 7.99 €

Ces derniers mois, le Yuri revient sur les devants, et ce n’est pas pour déplaire, loin de là. Après Kase-San, NTR Netsuzô TRap, ou encore Octave, c’est au tour de Plongée dans la nuit (Yoru to Umi) de faire ses débuts aux éditions Taifu Comics. Débuté en 2018 dans le magazine Comic Trial de l’éditeur Houbunsha,  le titre de GOUMOTO se présente comme un récit tranche de vie autour des émois amoureux mais aussi de la découverte de soi. Tsukiko est une lycéenne qui fait bien tourner les têtes, et ce n’est pas dans son nouvel établissement scolaire que cela va changer. Mais, contre toute attente, la jeune fille n’en profite pas, et préfère rester dans sa bulle et loin des autres. Solitaire et pas mal taciturne, elle semble plus sensible à certaines choses que la plupart des personnes ne prendraient pas le temps de regarder ou apprécier. Un jour, au bord d’une piscine, la voilà que son regard est attiré par une autre jeune fille sortant de l’eau telle une apparition divine. Il s’agit de Aya, une lycéenne de son école qui adore nager et être dans l’eau. Après cette rencontre, le quotidien de Tsukiko va se retrouver transformée, sans qu’elle n’en prenne réellement conscience… Premièrement il est important de souligner la beauté des planches, avec tout ce côté maritime qui ressort – ou plutôt nous saute au visage – à chaque nouvelle page. Tout du long la mangaka va utiliser la mer, les poissons et tout ce qui touche à l’eau pour intensifier les émotions des héroïnes. Par exemple, quand Tsukiko voit pour la première fois Aya, une vague va venir la submerger la laissant sans voix. Il y a un côté allégorique et poétique dans la narration de OUMOTO. C’est joliment amené, c’est envoûtant et presque magique. Le trait de la mangaka est expressif, fin mais net et d’une beauté. On peut facilement trouver certaines similitudes avec le trait de Kamome SHIRAHAMA dans L’Atelier des sorciers, par exemple. Au niveau du scénario, le lecteur est invité à découvrir deux héroïnes différentes l’une de l’autre, les rendant encore plus complexes à mesure que l’on avance.

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© 2018 Goumoto, Houbunsha

Le rythme est assez lent, mais ce n’est pas une mauvaise chose puisque la mangaka mise sur un aspect contemplatif et émotionnellement très complexe. Difficile de savoir pour le moment si Aya et Tsukiko pourraient finir ensemble. À bien des égards, les deux adolescents m’ont fait penser aux deux protagonistes principaux dans Bloom Into You [mon avis ici]. Si le comportement de Tsukiko nous apparaît comme glacial, on devine que cela ne sera pas forcément le cas à mesure que l’on va avancer dans le récit. En tout cas on l’espère, sinon l’attachement va être presque impossible. Si le trait m’a plus que convaincu, il est encore trop tôt pour savoir ce qui nous attend au niveau de l’évolution des personnages. Pour le moment, Aya est celle qui nous paraît la plus en phase avec ses émotions et son ressenti général. Encore une fois, le dessin et le style de la mangaka rendent cette lecture unique et particulière. Les émotions même les plus infimes sont mises en page d’une façon très introspective, presque mystique en un sens. En conclusion, ce premier tome de Plongée dans la nuit est une lecture déroutante mais qui possède de bonnes idées pour que l’on ait envie de voir comment cela peut évoluer. On attendra donc le tome 2 pour se faire une véritable idée.

15 sur 20

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