Critique #227 – Comme toi de Lisa Jewell, Mör de Johana Gustawsson

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Le roman à suspense ou thriller a toujours de quoi nous divertir que ce soit dans une approche psychologique ou simplement faite de suspense. Avec Comme toi, Lisa Jewell nous montre encore une fois qu’elle maitrise le genre avec simplicité et intelligence. La même chose peut être dite sur Johana Gustawsson qui nous emmène dans des pays où le meurtre dans la fiction est devenu très utilisé depuis Camilla Lackberg et autres joyeux lurons. Deux talents pour deux récits de qualité. 

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Disponible aux éditions MILADY dans la collection Suspense ou sur Amazon au prix de 8.20€ | Également disponible au format numérique

Lisa Jewell est une autrice britannique que les lecteurs francophones ont pu découvrir avec On se reverra [MON AVIS ICI] publié aux éditions MILADY en 2018. Spécialisée dans les thriller et/ou roman à suspense, l’autrice revient avec Comme toi (Then She Was Gone en VO), qui raconte la disparition d’Ellie, quinze ans, et du deuil que sa mère, Laurel, n’a jamais réussi à faire. Sans corps, sans coupable, il est encore plus difficile d’y parvenir. Dix ans plus tard, des ossements sont enfin retrouvés permettant ainsi à Laurel d’avancer dans son deuil. Mais la rencontre d’un homme charmant, Floyd, et de sa fille, Poppy, va venir tout bouleverser. En effet, la fille de Floyd est le portrait craché de sa fille disparue… La narration est faite en choral, c’est-à-dire que plusieurs personnages viennent nous raconter le récit ainsi que leur quotidien. L’immersion est ainsi facilité même s’il faut un petit temps d’adaptation entre les changements de narrateurs. Le point de vue de Laurel pourrait être le plus important, oui, mais c’est sans compter sur le talent de Lisa Jewell pour rendre l’ensemble de la narration bénéfique pour le récit. Seule, cette mère au cœur brisé s’est éloigné petit à petit de ses amis et de sa famille. Elle est en quelque sorte disparue en même temps que sa fille. Que l’on soit parent ou non, la situation et la détresse dans laquelle se trouve Laurel est compréhensible. Du moins nous comprenons son humeur changeante et ses maux. La relation entre Poppy et elle va devenir de plus en plus importante, nous laissant parfois dans le doute concernant l’identité de la jeune fille. La narration d’Ellie juste avant le moment de sa disparition apporte beaucoup d’émotion. Le lecteur s’attache à elle. Certains passages s’avèrent un peu prévisibles, mais le rythme et l’écriture de Lisa Jewell font que l’on se laisse facilement emporter par l’histoire. Toutefois, l’autrice arrive à garder cette aura de suspense du début à la fin. Les doutes et nos hypothèses nous accompagnent jusqu’à la fin parce que l’on a réellement envie d’avoir le fin mot de l’histoire. De savoir si on avait compris où l’autrice a voulu nous emmener, ou pas. La plume de Jewell est fluide et entraînante. En conclusion, un roman à suspense avec des personnages attachants et qui apportent tous, à leur manière, des détails sur le mystère qui entoure Ellie et sa ressemblance avec Poppy. Une bonne lecture, que je conseille, notamment pour ceux moins familiers avec le genre.

Mais il avait suffi d’un faux mouvement, d’un petit accroc, pour que tout s’effondre. Pas seulement son histoire d’amour, mais aussi sa jeunesse, sa vie, Ellie Mack. Disparue, pour toujours. Si elle pouvait revenir en arrière, dérouler le fil de son existence, elle verrait les nœuds qui s’étaient formés, les avertissements. C’était tellement évident, maintenant. Mais à ce moment-là, quand elle ne savait rien de rien, elle ne l’avait pas vu venir. Elle s’était jetée dans la gueule du loup les yeux grands ouverts.

15 sur 20

 

Disponible aux éditions BRAGELONNE dans la collection Thriller ou sur Amazon au prix de 7.90€ | Également disponible au format numérique

Johana Gustawsson est une autrice française, spécialisée dans le thriller et roman policier historique. C’est en 2015 que sort Block 46, un roman qui mélange habilement le genre historique et policier. C’est le premier de la saga sur le duo Emily Roy et Alexis Castells, une profileuse et une écrivaine. La suite, Mör, paraît en mars 2017 aux éditions BRAGELONNE, avec une suite en 2019 intitulée Sang. Les droits pour une adaptation télévisée ont été achetés en 2018 par le studio de production Banijay Studio France et Alexandra Lamy, qui se retrouvera à la production mais aussi dans la peau d’Emily Roy. Elle a coécrit un roman avec Laetitia Millot, On se retrouvera, en 2013 aux éditions Fayard. Pendant que l’on retrouve le cadavre d’une femme mutilée au bord d’un lac suédois, une femme disparaît à Londres. Deux crimes qui rappellent le mode opératoire d’un de Richard Hemfield, un serial killer enfermé depuis dix ans. Alors, comment expliquer ses troublantes ressemblances ? Serait-un un copycat, ou un complice ? La profileuse Emily et l’écrivaine Alexis vont devoir enquêter… Ce tome fait suite à Block 46, le premier roman de la saga, qui présente les personnages dans une première enquête. Si vous avez déjà lu ce précédent roman, alors Mör sera facile d’accès. Mais, si vous attaquez du Gustawsson avec ce récit, il va falloir s’accrocher car les nombreux personnages que l’on voit défiler au début du roman peuvent perdre le lecteur. Quelques infos sont bien évidemment données par l’autrice, mais cela reste tout de même un peu déboussolant. C’est pour cette raison que je vous conseille de lire Block 46 dans un premier temps, et puis il est vraiment bien. La narration se passe entre passé et présent, créant une timeline intéressante à suivre et bien construite. L’autrice pense à chaque détail, même à celui qui semble le moins pertinent. Les chapitres sont courts et aident à garder le lecteur accroché au récit. L’action est présente mais pas non plus en très grands nombres ce qui permet de réellement nous concentrer sur l’aspect psychologique. Les deux personnages principaux dont des femmes que l’on apprécie réellement. La personnalité de chacune donne du relief à l’histoire, les faisant évoluer dans une intrigue bien ficelée. Pour les fans du genre thriller de qualité, vous y trouverez votre compte. Le style pourrait être comparé à celui de Camilla Läckberg, mais en plus singuliersans jamais vouloir en être une copie. En conclusion, Mör se révèle être une suite logique à Block 46 dans l’évolution de ses personnages. Emily et Alexis sont des femmes pleines de ressources et de talents, mais aussi avec leurs défauts, les rendant sympathique aux yeux du lecteur. Un récit à découvrir tant la plume fluide et prenante de Johana Gustawsson nous embarque.

Une sale impression de fil rompu, de vide, lui donne la nausée. Des sanglots secouent sa poitrine, s’accrochent aux parois de sa gorge. Elle les recrache en un cri rauque. Là, maintenant, tout de suite, elle voudrait être nouée à ses filles comme les mèches d’une tresse. Sentir leur odeur de printemps éternel juste avant le coucher, lors de ce moment de paix repue où les étreintes ne sont pas minutées.

15 sur 20

4 réflexions sur “Critique #227 – Comme toi de Lisa Jewell, Mör de Johana Gustawsson

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