Critique #230 – Sirènes de Laura Pugno

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Qui de nous a dit que l’espèce humaine avec le droit de vie et de mort sur ses semblables mais aussi sur les espèces animales ? Qui a dit que l’horreur et les contes de fées ne faisaient pas non ménages ? Où se situe la frontière entre le bien et le mal ? De nombreuses questions que pose, entre les lignes, le roman Sirènes. Impossible d’être indifférent à ce roman post-apo, humain, séduisant et percutant.
Disponible aux éditions Inculte dans la collection Noir ou sur Amazon au prix de 16.90€ | | Également disponible au format numérique

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Laura Pugno est une autrice, poétesse et traductrice originaire de Rome, en Italie. Son premier roman, Sirènes, est paru en 2007 et a été finaliste du Prix Bergamo de 2008, suivi par La ragazza sevaggie en 2016. Elle est l’autrice de nombreux romans, mais Sirènes n’est que le premier à être traduit en français. Il est disponible depuis juin dernier aux Éditions Inculte.

Sirènes est un roman aussi intriguant que surprenant. Le récit se passe dans un monde post-apocalyptique où les sirènes sont élevées en tant que produit de consommation (viande, soins de beauté, prostitution,…). Tandis que les Yakuzas dominent, les riches eux vivent leur meilleure vie bien à l’abri du cancer noir provoqué par les rayons du soleil qui déciment l’humanité petit à petit. Samuel, notre protagoniste, est surveillant au sein d’un bassin d’élevage de sirènes. Il finit par s’unir à l’une des sirènes femelles. De cet accouplement naîtra Mia, mi-sirène, mi-humaine, une créature qui pourrait bien ramener l’espoir.

Dans ce premier roman, Laura Pugno joue sur plusieurs terrains. Post-apo, oui, mais pas que puisque l’on a presque ici les ingrédients d’un conte horrifique mélangé à un roman noir. L’espèce humaine est au centre du récit à travers tous ses travers, et aussi via Samuel. Ce dernier est tiraillé par le chagrin que lui a causé la perte de sa femme, Sadako. Fasciné par les sirènes, il n’hésitera pas longtemps avant de concrètement profiter de l’une d’entre elles. L’autrice ne se gêne pas pour le montrer aussi bestial qu’humain, donnant lieu à de nombreuses questions concernant la définition d’humanité. Au final qu’est-ce qui nous différencie des animaux ? Pourquoi certains d’entre nous ne semblent pas connaître de remords quand on torture un animal, ou encore pire l’un des nôtres ? Les sirènes font office de bétail. Maltraitées, humiliées, et vendues. Elles sont allègrement exploitées par les Yakuzas qui sont aussi bien des trafiquant et des tortionnaires. Mais les plus aisés de notre espèce ne sont pas moins abjects que ces derniers.  La narration va droit au but, tout en y injectant une légère dose de poésie. À la lecture on est aussi séduit, intrigué et dégoûté par cet univers. L’autrice ne laisse rien au hasard et rend son récit prenant de bout en bout. On revient sur l’histoire de Samuel et celle de Sadako, qui vont être victime du monde qui les entoure. Tout va très vite, et une simple erreur peut être fatale à chaque humain. De plus la menace du cancer noir à cause du soleil, que l’homme a rendu malade avec le temps, fait peser une épée de Damoclès au-dessus des têtes. Le personnage de Mia représente cette ligne qui sépare le bien et le mal, l’animal et l’humain. Son traitement est très bien mené, Laura Pugno en fait un être séduisant et dangereux à la fois, sans oublier de lui inclure une légère innocence.

La mise bas était facile au sein de l’espèce des sirènes : sitôt expulsé de l’utérus, la mère déchirait de ses dents le placenta qui flottait dans l’eau des bassins, chauffée plus qu’à l’ordinaire, et enveloppait le corps de son petit. Si c’était une femelle, elle commençait déjà à attaquer. Leur dentition se formait dès la phase utérine et, parfois, les sirènes nouveau-nées faisaient gicler du sang des tétons de leur génitrice.

La plume de Laura Pugno est vive, avec un traitement de l’émotion objectif et neutre. Ainsi le lecteur a le luxe de laisser libre cours à sa vision des émotions vécues par les personnages. Une idée pas facile, mais que l’autrice arrive à mettre en place avec une grande aisance. Les chapitres sont courts, gardant ainsi le lecteur captif du début à la fin.

En conclusion, Sirènes est un roman qui ne peut laisser indifférent. Laura Pugno nous présente un monde si proche du nôtre mais si éloigné à la fois, que l’on se pose de sérieuse questions sur nos agissements. Un futur sombre nous attend-il ? Peut encore espérer retrouver un semblant de normalité et de paix ? Une histoire qui captive, rebute, mais qu’on ne peut ignorer tant elle nous emporte dans des eaux troubles. À découvrir !infos roman

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Une réflexion sur “Critique #230 – Sirènes de Laura Pugno

  1. L’ambiance a l’air assez sombre tout en soulevant des questions intéressantes. Pas vraiment une lecture d’été, mais je note le titre pour un moment où j’aurai envie d’un roman fort.

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