Critique manga #334 – Bakemonogatari tome 1, Origin tome 1,

Bakemonogatari et Origin sont des mots qui regorgent de mystère, mais qui cachent un trésor de récit riche en émotions, étrangeté, action, humanité et blessures profondes. Qu’est-ce qui fait de nous de bonnes personnes ? Quand on a le pouvoir, doit-on aider son prochain par simple acte de générosité ? Peut-on se débarrasser de ce qui nous ronge et passer à autre chose, tel que le bonheur ? À vous d’en découvrir les réponses en lisant ces deux oeuvres.

pika

Merci à Clarisse pour ces découvertes et la confiance


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Disponible aux éditions PIKA dans la collection Seinen ou sur Amazon au prix de 7.20 € || Également disponible en numérique Bakemongatari, c’est quoi ? Derrière ce nom qui mérite qu’on s’entraîne à le dire et écrire, se cache une licence qui possède une très grande communauté de fans, et ce depuis le début des light novels (2006 au Japon – toujours en cours), et encore plus depuis l’adaptation en anime en 2009 par le studio SHAFT. Une suite et un prequel ont vu le jour en 2012. Son adaptation manga est plus récente, puisqu’elle remonte à 2018 par Oh! Great (Enfer & Paradis, Air Gear, Biorg Trinity). Le titre est prépublié dans le Shônen Magazine des éditions Kôdansha, avec 10 volumes en cours au Japon. Pour la version francophone, ce sont les éditions Pika qui se chargent de la publication avec une traduction de Yohan Leclerc (Bride Stories, Shibuya Hell, Pitch-Black Ten). L’éditeur propose également une édition collector de certains tomes, dont le premier, par exemple. L’histoire semble complexe quand on l’aborde mais repose sur un pitch assez simple. Koyomi Araragi est un lycéen comme les autres, ou presque. En effet, quand on fait sa connaissance on apprend qu’il y a quelque temps il a été mordu par une vampire, le faisant devenir aussi un vampire. Si il peut vivre normalement, tout en gardant un peu de son immortalité et de ses pouvoirs surnaturels, c’est grâce à Oshino, un exorciste. Dans ce premier tome, il découvre qu’une de ses camarades de classe, Hitagi Senjôgahara, possède un secret bien étrange. Elle est aussi légère qu’une plume, mais vraiment comme une plume ! Cette dernière le défend de révéler son secret sous peine de se faire déchiqueter l’intérieur de la bouche, pour de vrai ! Koyomi va alors proposer à la jeune fille de lui venir en aide. La narration de départ paraît complexe et il faut attendre bien trois chapitres pour saisir tout le potentiel de cet univers.

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© 2018 Oh! great, Kodansha

Il y a beaucoup d’idées qui se mettent petit à petit en place, laissant présager quelque chose d’encore plus grand. L’ambiance est un peu étrange au début, mais on se laisse facilement porter par celle-ci. Les personnages possèdent tous une personnalité excentrique et peu commune. On ne s’attache pas à eux tout de suite, et c’est normal car il manque un peu d’émotions émanant d’eux. Toutefois, ce manque est corrigé dans la troisième et dernière partie du tome, qui voit le personnage de Hitagi nous chamboule par sa réaction et ses paroles. Et c’est à ce moment précis que Bakemonogatari m’a convaincu que c’était un manga à suivre. Nous avons aussi toute une galerie de chimères qui possèdent les jeunes filles que Koyomi aident. Mais pourquoi cette possession a-t-elle eut lieu ? La raison est souvent reliée à un ou plusieurs traumatismes que la personne hôte a caché en son fort intérieur. Oh! Great respecte l’ambiance instaurée par son auteur original en mettant simplement son talent à son service. Le trait du mangaka est facilement identifiable, et on retrouve certains réflexes acquis grâce à Biorg Trinity. Le décor très urbain accentue l’ambiance décalée du récit. Il y a aussi une grande fluidité dans les actions, ainsi qu’une forme de légèreté. Le design des personnages et des chimères oscille entre sensualité et mysticisme. L’édition est très bonne, papier et impression de qualité. En conclusion, ce premier tome de Bakemonogatari s’ouvre sur un moment bien étrange, avec un début de narration interloquant. Pourtant, la force du récit se dévoile petit à petit jusqu’à nous sauter à la figure. Les protagonistes se livrent doucement, mais vous entraînent au fond de l’abysse qu’est devenu leur âme. Oh! Great est un choix évident tant il complète et respecte l’oeuvre originale de NisiOisiN et VOFAN. Arrivée en fin de tome, on a plus qu’envie de découvrir la suite.

15 sur 20
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Disponible aux éditions PIKA dans la collection Seinen ou sur Amazon au prix de 7.75 € | Également disponible au format numérique

Boichi est un mangaka que l’on ne présente plus tant il a influencé de nombreux mangaka, mais aussi acquis le respect de la communauté. Ses séries ont toutes su convaincre les lecteurs de toujours revenir vers lui. De Sun-Ken Rock à Dr. Stone, en passant par Wallman et Sanctum, il a démontré qu’il savait ce qu’il faisait. Origin est la dernière série en date à être publiée en France, avec le shônen Dr.Stone en parallèle (uniquement au dessin). Mais si Boichi a imposé son trait dans un milieu destiné à lectorat moins adulte, c’est dans le Seinen que l’on prend conscience qu’il est un génie du crayon ! Prépublié dans le Young Magazine de Kodansha, la série débutée en 2016 s’est achevée avec 10 tomes. En l’an 2048, le Japon est connecté au continent Eurasien par le chemin de fer transcontinental. Si cela est bénéfique pour les affaires, Tokyo est devenue LA ville où les criminels et les terroristes évoluent en masse. En leur sein, évoluent de mystérieux individus qui nous imitent, nous ressemblent, et massacrent les habitants. Qui sont-ils, et pourquoi s’attaquent-ils aux êtres humains ? Seul un homme semble pouvoir les stopper: Origin, l’un des leurs. Dès le premier chapitre, Boichi nous plonge dans une ambiance musclée avec des Yakuzas, mas pas que. On découvre Origin, qui nous sert de narrateur principal, tout en ayant infiltré le gang. La mise en place de l’histoire est simple et efficace, mais elle pose déjà bien des éléments qui au fur et à mesure vont lever le voile sur un ensemble plus ambitieux.

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© 2016 Boichi, Kodansha

Origin est un homme en apparence, oui, mais en fait c’est un robot. Il a été créé par  »son père » qui semble ne plus être auprès de lui. Depuis, il essaie de trouver le sens et d’honorer le proverbe de celui qui l’a mis au monde :  »Mener une vie convenable. » En avançant dans la lecture, on découvre que ce monde de SF, qui se veut froid, est en réalité une véritable plongée dans ce qu’est l’humanité. Origin en est le principal vecteur, et on ne peut que l’aimer. Pourquoi défendre les hommes alors que les siens tuent sciemment ? Je ne peux trop en dire, car ce personnage est si bien écrit que vous vous devez de le découvrir par vous-même. L’ambiance futuriste est bien installée, et côtoie très bien la partie sale fait de trafic et de mort qui grouille dans Tokyo. Visuellement, c’est magnifique et bien plus que cela. Le trait de Boichi est fin, dense et précis. Le charadesign est merveilleux, en particulier les visages qui transmettent toute une palette d’émotions. L’action est intense, fluide, et dynamique au possible. Les combats nous en mettent plein la vue. Ne parlons même pas des décors qui feraient pâlir les plus grands architectes au monde. L’édition est soignée, et la traduction de Nathalie Lejeune (Shine, Chobits, Black Shadow) est à souligner. En conclusion, ce premier tome de Origin lance efficacement le récit. Notre protagoniste principal se lance dans une quête à la recherche de lui-même, de qui il peut être, et devenir. Si vous êtes plutôt réticent à la SF, Boichi vous réconciliera avec le genre en à peine quelque chapitres. À découvrir, d’urgence !

Yxcv

7 réflexions sur “Critique manga #334 – Bakemonogatari tome 1, Origin tome 1,

  1. Votre avis sur Origin m’a vraiment donné envie de commencer la série. Elle me tentait depuis pas mal de temps et comme je suis dans une période assez SF en ce moment, je vais sauter le pas ! Encore merci je vais pouvoir m’initier à l’univers Boichi grâce à vous. Encore merci !

    Aimé par 1 personne

    • Bonjour Jeffrey. Je vous remercie sincèrement pour votre commentaire. Je suis très contente d’avoir réussi à trouver les mots pour vous donner enfin envie de tenter la lecture de ce titre. J’en suis actuellement au tome 4, et la série ne cesse de se bonifier. N’hésitez pas à revenir me donner votre ressenti après lecture. J’en sais ravie. Encore merci, à vous !

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      • Très bien je le ferai en attendant je vous souhaite d’agréables lectures ! J’ai une question, vous avez des conseils en matière de comics? J’ai commencé il y a quelque temps avec des titres comme « V pour vendetta »ou « Killing Joke » et je me demandais vous pourriez me recommander un bon « spin off » avec Harley Quinn ?

        Aimé par 1 personne

      • (Mon commentaire n’est pas passé, et je ne m’en suis aperçu que maintenant)
        Alors, concernant Harley Quinn je peux vous conseiller de lire Harleen récemment paru chez Urban Comics. On entre dans la psyché de Harley avant qu’elle ne devienne celle qu’elle est maintenant. J’en ai fait une chronique si vous le souhaitez, et promis il n’y a pas de spoiler. Il y a la saga Injustice qui présente une Harley très amusante mais sérieuse à la fois. Urban sorties en novembre prochain l’intégrale de la première année de la série pour 35€, ce qui revient un tout petit moins cher que si on achetait les deux tomes en version simple. En plus l’idée de base est très bonne: un Superman qui devient à un dictateur et qui décide qui a le droit de vivre ou mourir, après un drame personnel. On y voit toute la galerie des héros et vilains DC, et nul besoin de connaître la continuité DC puisque la série est totalement indépendante. Ce sont les deux meilleurs choix, à mes yeux, pour découvrir Harley. Il y a bien deux séries solos sur Harley mais je trouve qu’elle sont beaucoup trop dans le comique et loufoques (certes Harley est ainsi) mais elle n’est pas que ça. Et c’est ce qui manque à ces séries: le côté sombre et sérieux du traumatisme d’Harley.

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  2. Pour moi aussi, ton article sur « Origin » fait mouche. A chaque fois que je vais (ou allais plutôt) dans ma librairie, cette saga me fait de l’oeil. Le titre d’abord éveille vraiment ma curiosité, et je trouve le dessin splendide. Cependant, je craignais un univers violent et gratuit, et je n’osais pas sauter le pas. Vu ce que tu en dis, cela semble bien plus profond que cela, avec une réflexion menée très intéressante. Ainsi, je l’ajoute aussi à ma wish-list… (venir sur ton blog; c’est pas bon pour ma wish-liste… 😛 )

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