Critique manga #335 – 5 Minutes Forward tome 1, 2 et 3

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Vous aimez les films d’action où il y a destruction et éléments what the f… ? Eh bien, 5 Minutes Forward est fait pour vous. Des bouddhas de toutes tailles qui débarquent du jour au lendemain au Japon, détruisent et tuent tout le monde. Des adolescents qui vont devoir survivre au milieu de l’armageddon, et un dessin qui déménage !

kanadargaudsuisse

Hiroshi FUKUDA est un mangaka actif depuis le milieu des années 2000. Son premier manga, Mushibugyo, sort en 2009 chez Shogakukan. Deux ans plus tard, il lance Joujuu  Senjin!! Mushibugyo qui durera 32 tomes. Pour info, ce titre est paru en France sous le titre de Jinbe Evolution mais fut annulé après seulement 10 tomes, aux éditions Delcourt. 5 Minutes Forward (Gofun-go no Sekai en VO) débute sa prépublication dans le magazine Shuukan Shonen Sunday de Shogakukan, en 2018, et compte 7 tomes au total. En France, le titre est édité par les éditions Kana dans leur collection Dark Kana.

Yamato et Yûto Shiroaya sont des jumeaux qui depuis leur enfance ont toujours été en compétition. C’est en tout cas ce pense l’aîné, Yamato, qui ne supporte pas que son frère cadet puisse faire tout mieux que lui, alors que lui semble être banal. Les deux frangins peuvent compter sur la présence de leur meilleure amie Michiru Isumi, qui est toujours près d’eux plongée dans un livre. Ce trio forme un groupe solide qui avance ensemble. Un jour, alors que Yamato se promène dans le quartier de Ikebukuro de Tokyo, un étrange homme se prétendant voyant lui propose d’aller dans le futur. Sceptique, l’adolescent accepte sans savoir à quelle époque il va être transporté. Quelques secondes plus tard, persuadé d’être loin dans l’avenir, il est étonné de découvrir qu’il a avancé dans le temps… de seulement 5 minutes ! Au même moment, des énormes statues de bouddhas détruisent tout et massacrent tout le monde. Comment en sont-ils arrivés là ?

Le début du tome 1, nous présente le trio d’amis. Ils sont sympathiques, et espèrent rester ensemble pendant encore des années. Après quelques pages, le mangaka nous lance vraiment dans un jeu de dominos où le massacre est perpétuel. L’apparition des bouddhas géants et compagnies n’est absolument pas expliqué. C’est un peu comme un film de Michael Bay, mais sur papier. Tu t’en prends plein la figure mais tu ne comprends pas forcément comment les personnages en sont arrivés là. Attention, ce n’est pas mal écrit, non, ce que l’on veut dire c’est que le mangaka entretient exprès le mystère autour de cette présence à la Godzilla. C’est bon, et on a envie d’en savoir plus. Le premier tome se focalise essentiellement sur la situation de destruction et de peur, et en veillant à bien rétrécir le nombre de personnages présent. Oui, dans ce genre de titre, les morts sont inévitables. Mais, contrairement à la réalité, le fait que Yamato puisse revenir dans le passé fait que ce personnage DOIT survivre. Précisons, qu’il ne peut revenir qu’une seule fois dans le passé, et qu’il a tout intérêt à savoir choisir son moment.

C’est ainsi que l’on entre dans le tome 2. Yamato et les survivants (non je ne vous dis pas qui est mort), doivent découvrir le plus d’informations possible sur ces bouddhas, et décortiquer ce méli-mélo ensanglanté. Pour cela, Hiroshi FUKUDA introduit un nouveau personnage, un adulte. Il s’agit de Jirô qui est capable d’éliminer les ennemis grâce à une bien étrange force. Comment est-il arrivé ici ? Comment a-t-il découvert cette force qu’il nomme Odd Genius ? Des questions auxquelles le mangaka va prendre le temps de répondre dans ce deuxième tome, en partie, puisque certaines zones d’ombre persistent. L’ambiance générale est bonne, avec un soupçon d’angoisse qui va monter en crescendo sur certains passages. Mention spéciale à la scène dans le métro. On a même un hommage à Walking Dead (ou aux zombies en général) qui pour moi a eu plus d’effet sur moi que n’importe quel mort-vivant zombifié de fiction. Qui dit shonen (nekketsu), dit forcément les thèmes qui vont avec. Nous avons l’amitié et son importance, un héros qui se voit comme un loser (en tout cas moins bon que son jumeau), une fille qui joue la love interest d’un des deux héros, et certaines facilités du genre. Certains vont rouler des yeux tant c’est du déjà vu, et ce n’est pas le côté tête brûlée de Yamato qui va venir changer la donne. Pourtant, cela fonctionne. Pourquoi ? Certainement pour le côté pop corn de l’ensemble, qui se laisse lire.

  • © 2018 Fukuda Hiroshi, Shogakukan

Le troisième tome est la suite directe de la dernière scène du tome précédent, qui voit nos héros confrontés à deux bouddhas géants classés comme hyper indestructibles. Clairement, cette scène continue d’être stressante. On doit cela au dessin qui reprend quelques codes du cinéma thriller et horrifique, en se concentrant sur le regard vide des statues géantes. Les regards en face et en coin sont terribles. De plus le fait qu’elles ne parlent pas renforce cette impression de frénésie et de peur. Hiroshi FUKUDA sait comment retenir le lecteur, qui même s’il ne sait pas trop où il a mis les pieds, se laisse porter par le rythme. C’est frénétique, avec des rebondissements efficaces. La vie de groupe et à la cohésion sont aussi bien développées dans ce tome, et on finit par apprécier plus ou moins tout le monde de manière équitable.

  • © 2018 Fukuda Hiroshi, Shogakukan

Parlons du dessin, qui se divise en deux styles. D’un côté nous avons un charadesign basique avec un trait très fluide et tiré vers le haut. Il en ressort que les personnages semblent toujours être empreint d’une vitalité dans tout ce qu’ils font. Cela est pratique quand on est en plein combat, où quand la vitesse doit être illustrée. Le deuxième style de Hiroshi FUKUDA est le design des bouddhas. Le sentiment de gigantisme se ressent fortement. On est impressionnée par le danger et l’imprévisibilité des statues, mais aussi par le rendu de ces dernières. Si vous prenez une image d’un bouddha sur le web et que vous la comparer au dessin de FUKUDA, vous serez bluffé par la ressemblance. Ce duel visuel, avec les deux styles, créé quelque chose de vif, surprenant et très agréable à l’oeil.

En conclusion, 5 Minutes Forward se présente comme un blockbuster de cinéma qui est là pour nous divertir. Ce n’est pas du tout prise de tête, malgré le fait que le mystère et la finalité du récit demeurent. Le rythme soutenu et les éléments d’intrigues nous titillent assez pour que l’on ait envie de savoir la suite.

15 sur 20

3 réflexions sur “Critique manga #335 – 5 Minutes Forward tome 1, 2 et 3

  1. Voilà, j’ai enfin pu me poser et lire ça 🙂
    Comme tu le sais ou pas je le lis aussi, j’ai bien rit avec tes références savoureuses, et quand tu dis tu ne vas pas dire qui y reste (bien)
    J’aime beaucoup le concept des 5 minutes.

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    • Ah non faut garder la surprise des survivants. Enfin bon il y a personne je ne m’attendais pas à ce qu’il périsse aussi vite. Je pense que tu vois qui sait… bon en même temps elle devient l’élément déclencheur qui pousse le héros à vouloir tout remettre en place.

      Aimé par 1 personne

      • Oui, moi aussi je fais attention à ce que je dis. J’ai lu et chroniqué au tome par tome, le tome 3 j’ai joué sur les questions, mais il m’a donné un effet de trop plein d’actions.
        ^^

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