Critique manga #349 – Le Dévoreur de souvenirs tome 1 et 2

La collection Moonlight des éditions Delcourt-Tonkam prend forme, et ne cessent de nous montrer des récits humains, étrange, mais toujours profonds. Voici, Le Dévoreur de souvenirs. Un titre en 2 tomes qui nous embarque dans une bien étrange légende urbaine où les souvenirs les plus douloureux peuvent être oubliés grâce à une créature nourrie par une légende qui passe de bouche à oreille depuis des années. Mais existe-t-elle vraiment ?

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La collection Moonlight des éditions Delcourt-Tonkam continue de s’enrichir avec la duologie Le Dévoreur de souvenirs (Kioku ya Gensaku), écrit par Kyoya ORIGAMI et dessiné par Nachiyo MURAYAMA, dont c’est la première œuvre publiée. Au Japon, le titre a été proposé en prépublication dans le Shonen Gangan de l’éditeur Square Enix entre 2017 et 2018.

Les premières pages lancent le récit dans un ton plutôt étrange, puisqu’on découvre une enfant du nom de Ryôchi qui voit son ami d’enfance, Maki, ne plus se souvenir d’un événement traumatisant survenue la veille. Par la suite sa grand-mère lui raconte que c’est sans doute un coup de Kiokuya, un monstre étrange qui se nourrit des souvenirs désagréables des gens, les soulageant ainsi de souvenirs que leurs âmes ne peuvent garder en eux. Des années plus tard, devenu étudiant, Ryôchi, s’intéressent aux légendes urbaines et à la manière dont celle-ci se répandent, pendant qu’autour de lui les gens perdent la mémoire. Kiokuya semble être de retour….

Le premier tome de la série se déroule dans une ambiance mystérieuse mais calme. Il n’y a pas beaucoup d’action puisque nous sommes avant tout dans un récit humain, un thème que l’on retrouve dans chacune des précédentes séries de la collection Moonlight (Le Prix du reste de ma vie, Derrière le ciel gris, Parasites amoureux). Le monstre, ou plutôt l’entité mystique de Kiokuya se veut avant tout une sorte de présence bienveillante (pour le moment) qui est là pour aider les gens dans le besoin, comme dernier recours à un traumatisme émotionnel. Chaque personnage aura sa propre motivation de vouloir trouver ce dernier. ORIGAMI propose ainsi une manière plutôt original au lecteur de faire connaissance avec les personnages. Le personnage de Ryôchi est un peu le pilier du récit, puisqu’il ne cessera de s’interroger sur la pertinence d’oublier ses souvenirs. Après tout pourquoi garder des souvenirs douloureux en nous quand on peut s’en débarrasser ? Si nous ne gardions que les bons, ne serions-nous pas plus heureux et plus équilibré ? Mais les souvenirs douloureux sont aussi ceux qui forgent notre caractère et notre personnalité, non ? Des questions intéressantes que le lecteur se posera également à son tour. L’ensemble est bien amené, et c’est efficace sans devoir faire dans le complexe.

Dans le deuxième tome, le récit va aborder un peu plus en détails certains aspects des émotions humaines, comme le chagrin d’amour, par exemple. La solitude en est le résultat, et on le ressent bien aussi bien au niveau du scénario que dans le dessin de MURAYAMA. Petite surprise aussi, à laquelle on n’avait pas franchement pensé. Que fait donc Kiokuya des souvenirs qu’ils dévorent ? Est-ce que cela à une influence sur lui ? Est-elle bonne ou mauvaise ?

Le trait de Nachiyo MURAYAMA est soigné et visuellement efficace. La mangaka possède un style posé et calme qui va très bien avec le scénario de Kyoya ORIGAMI. Le design des personnages est doux mais maîtrisé, c’est subtil et pas besoin d’en faire des tonnes pour nous proposer quelque chose de beau. La mise en scène est claire et précise. On notera l’originalité dans le concept de Kiokuya fortement réussi. Petit mot sur le travail d’édition, sur sa jaquette et son vernis sélectif qui sont réussis. La traduction de Rémi Buquet (Kingdom) est agréable.

En conclusion, Le Dévoreur de souvenirs s’est avéré être une lecture agréable qui en deux tomes a réussi à proposer un récit avec un fond assez complexe dans ses propos. Une ambiance calme avec des personnages bien construits que l’on a apprécié de suivre.

15 sur 20

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