Critique #236 – Nos coeurs à l’horizon par Jojo Moyes, Ils sont chez nous de Lisa Jewell

Deux autrices. Deux genres différents. Mais une seule passion : Divertir les gens peu importe le genre que l’on utilise. Jojo Moyes étant plus proche de la réalité a su conquérir aussi bien le lectorat que les critiques. Il en va de même pour Lisa Jewel qui a une plus petite carrière que Moyes, mais qui possède tout autant de talents dans le domaine du suspense psychologique, par exemple.

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Disponible aux éditions HAUTEVILLE dans la collection Littérature ou sur Amazon au prix de 19.50 € || Également disponible au format numérique

Depuis Avant toi, Jojo Moyes a su trouver une place dans les foyers de nombreux lecteurs à travers le monde. Et quand un de ses nouveaux romans sort, en VO ou VF, on est certain de passer un moment agréable. Peu importe qu’elle nous emmène dans un coin calme et perdu au fin fond du Royaume-Uni, ou dans une ville aussi bruyante que New York, ou …même sur la lune ! Clairement, pourquoi pas ? À ce stade, Jojo Moyes est capable d’écrire un récit humain peu importe l’environnement où l’histoire se déroule. Célia Holden et sa soeur vivent dans une station balnéaire de Merham, dans l’Angleterre des années 50. Le calme et la quiétude locale va vite être bouleversé lors de l’arrivée d’artistes bohèmes prenant résidence dans une splendide demeure. Si la bourgeoisie va voir d’un très mauvais oeil ces nouveaux voisins un peu trop étranges, pour Célia et sa soeur ils sont un nouveau moyen de distraction. L’amitié, l’amour et les secrets vont s’inviter dans la demeure, et 50 plus tard beaucoup de mystères restent encore à découvrir de ce temps révolu. Le récit prend son temps à démarrer, et il faudra attendre presque cent pages pour que l’on se sente investi auprès de Lottie et Célia. La première partie se déroule dans les années 40, et on y trouve notre plaisir dans cette ambiance bohème. La famille folle de Célia nous laisse une bonne impression, on est dedans, jusqu’à ce que Jojo Moyes nous coupe un peu l’herbe sous le pied en changeant d’époque avec sa partie deux qui nous emmènent 50 ans plus tard, et ses nouveaux personnages. Déstabilisant, mais on finit par s’y faire petit à petit. Dans cette nouvelle timeline, plus moderne et en accord avec notre époque nous faisons la connaissance de Daisy Parsons, décoratrice d’intérieur qui a été engagée pour restaurer l’Arcadia. Mère célibataire d’une petite-fille de 4 mois, Daisy se doit de compléter cette mission pour garder sa vie en main. Comme toujours Jojo Moyes sait raconter des histoires aussi humaines que magnifiques, Nos cœurs à l’horizon n’est pas une exception. Malgré toutes les qualités que l’histoire possède, notamment au niveau de l’écriture des personnages, on notera quelques longueurs notamment en début de texte. L’Arcadia en lui-même est considéré comme un personnage, puisqu’il est déterminant aussi bien dans le passé pour des personnages comme Célia et sa famille, mais aussi dans le présent de Daisy, par exemple. Beaucoup d’événements marquants y sont liés. Moyes prend le temps de développer les protagonistes les plus centraux du récit, mais en oubli certains. Que sont devenue les parents de Célia ? Et ses frères et ses sœurs ? Vu comme ils sont importants, il aurait été intéressant de savoir ce qu’ils sont devenus. Ceux qui aiment la romance seront ravi de savoir qu’il en a une. Elle est traitée de manière correcte, mais n’est pas pour autant le thème principal de l’histoire. La fin est bien écrite, mais un peu prévisible par rapport aux autres romans de Moyes. En conclusion, Nos cœurs à l’horizon est un roman de Jojo Moyes qui se laisse lire avec plaisir, ayant des qualités et des défauts. Ce n’est pas le meilleur de l’autrice, clairement. Néanmoins, le décor des années 50 est ravissant, les personnages sont bien écrits et on apprécie d’apprendre à les connaître et à les suivre à travers le temps. Une lecture que les fans de l’auteure devraient apprécier.

Ne faites jamais ce que vous vous sentez obligée de faire. Faites ce que vous avez vraiment envie de faire. Ainsi vous n’aurez pas de regrets. Parce que lorsque vous aurez atteint l’âge que j’ai aujourd’hui mon Dieu, vous verrez que toutes ces fichues choses vous pèsent.

15 sur 20

Livre : Ils sont chez nous écrit par Lisa Jewell - Hauteville

Disponible aux éditions HAUTEVILLE dans la collection SUSPENSE ou sur Amazon au prix de 19.50€ | Également disponible au format numérique

Lisa Jewell est une autrice britannique qui sait manier le suspense et l’angoisse avec un talent tout particulier. Sa plume rappelle celle de Lisa Gardner, K.L Slater, ou encore Shari Lapena qui sont des pointures dans le genre. Après l’avoir découverte avec Comme toi [mon avis ici] et On se reverra [mon avis ici], on la retrouve avec Ils sont chez nous (The Familly Upstairs en VO), et on peut dire que ce roman est encore plus percutant que les précédents. Pas certaine que j’étais prête à me prendre une telle claque. Le roman a pour décors Londres, dans le quartier de Chelsea. Une demeure s’y dresse avec une scène très macabre. Trois cadavres et un bébé abandonné y sont découverts par la famille. Il s’agit de la famille Lamb, apparemment sans histoire, et qui d’après les premiers éléments de l’enquête pousse à penser à un suicide collectif. Vingt-cinq ans plus tard, Libby se voit révéler les circonstances de son adoption et hériter de la maison de Chelsea. Elle décide de se rendre sur les lieux et de percer le mystère de ce drame familial, et ainsi connaître ses origines. Un journaliste se joindre à elle pour enquêter sur l’affaire, et de troublantes révélations vont alors se faire. Mais Libby est-elle prête à apprendre les secrets qu’on lui cache sur sa naissance ? En lisant le résumé on ne s’attend as forcément à tomber sur un récit qui sort du lot, vu que cela fait maintenant presque 6 ans que des récits autour de drame familial existent. C’est même tellement courant que l’originalité et la surprise n’existent presque plus. Pourtant, au fil de la lecture, Lisa Jewell arrive à nous surprendre et à insuffler une énergie très prenante. Les pages se tournent avec envie, et nous ne sommes pas déçus de la tournure que prennent les choses. On se fait balader avec plaisir par l’autrice, on ne voit rien arriver, et c’est hyper fun de ne pas savoir ce qui nous attend au chapitre d’après ! Nous avons trois points de vues différents. Le premier est celui de Libby avec lequel on passe un bon moment. Son passé est trouble, et en cherchant à connaître les circonstances de son adoption à même pas 1 an, toutes sortes de rumeurs vont circuler. De la sorcellerie à la secte, rien n’est épargné. Nous avons ensuite, Lucy, une jeune SDF et mère, qui fera tout pour garantir le bien-être de ses deux enfants. Elle devra non seulement faire face aux défis quotidiens de la rue, au jugement des inconnus mais aussi à sa propre mère qui n’éprouve aucune pitié envers elle et ses petits enfants. Et enfin, le troisième narrateur offrira une vision différente à l’histoire, premièrement parce qu’il sera le seul à s’exprimer à la première personne du singulier. C’est particulier, mais pas horrible. Il nous narre la violence et la descente aux enfers d’une famille. C’est émotionnellement très fort et dérangeant également. L’ensemble des trois narrations se rejoignent peu à peu, et monte en crescendo, lentement mais sûrement pour offrir un note angoissante et sombre qui se savoure. La plume de Lisa Jewell reste très efficace comme dans ses précédents romans, mais ici on notera quelque chose de plus singulier et plus chargé dans les émotions et la description de ces derniers. En conclusion, Ils sont chez nous est un roman psychologique qui nous met la tête à l’envers et que l’on refuse de lâcher avant d’avoir eu la fin mot de cette histoire. Chacun des protagonistes nous fait vivre leur quotidien et leurs tourments avec promesse d’y voir le bout du tunnel et d’y rester bloquer à tout jamais. Les retournements de situations nous arrivent en pleine face, et on en redemande !

Ils ont passé cinq ans avec nous, cinq ans au cours desquels ils ont fait de notre vie un enfer. Nous avons dû apprendre à survivre.

17/20

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