Critique manga #373 – Sailor Moon Eternal Edition tome 1 à 3

Sailor Moon, oeuvre qui a fait connaître Naoko TAKEUCHI dans le monde entier. Traduit en 17 langues et vendu dans plus de 50 pays, c’est ce que l’on appelle tout simplement un succès plébiscité. Il en va de même pour l’adaptation animée. Après une première édition en 1993, puis une réédition en 2003, le titre s’offre des galons d’or sous sa version Eternal Edition. Découvrons ensemble cet univers, ainsi que mon avis sur les 3 premiers tomes de la série de Magical Girls.

Disponible aux éditions PIKA dans la collection Purple Shine ou sur Amazon au prix de 14.90 € || Également disponible au format numérique || LIRE UN EXTRAIT DU TOME 1 ICI

pika

Naoko TAKEUCHI est une mangaka japonaise diplomée en pharmacologie. C’est encore à l’université qu’elle débute en tant qu’autrice de manga, soit en 1986, année où elle remporte le prix Kodansha New Manga Artist pour Love Call. En 1991, elle publie une histoire courte, Sailor V, qui contre toute attente remporte un fort succès auprès des jeunes lectrices. Le concept de son récit court était un mélange de Magical Girl et de Sentai, deux phénomènes très populaires au Japon. Poussée par son éditeur, elle développe son récit qui donne naissance à ce qui deviendra Sailor Moon. La prépublication est lancée l’année suivante dans le magazine Nakaoshi de l’éditeur Kodansha. Quelques semaines plus tard l’adaptation animée arrive sur les écrans. Sailor Moon débarque officiellement en France en décembre 1993 via le Club Dorothée, qui aura bercé une génération entière d’enfants et de parents. Deux ans plus tard, le manga est édité une première fois chez Glénat (18 tomes). Des comédies musicales suivront au Japon, produits dérivés, jeux vidéo, etc… toute une franchise connue mondialement se créée autour de Sailor Moon. Une première réédition (12 tomes) est publiée en 2003 aux éditions Pika, accompagnée du spin-off Sailor Moon – Short Stories (2 tomes). Pour fêter ses 20 ans, les éditions Pika ont décidé de faire une beauté au titre en s’appuyant sur l’Eternal Edition existante au Japon. On a donc un format plus grand (150 x 210 mm), relié et couverture cartonnée recouverte d’un vernis spécial étincelant qui met en valeur les nouvelles illustrations réalisées par TAKEUCHI. Elle comprend également toutes les pages couleurs de la publication originale, et sera terminée en 10 tomes qui incluent les deux tomes des Short Stories. Pour terminer, la traduction reste celle de 2012.

L’histoire est celle de Usagi Tsukino, collégienne de 14 ans maladroite et un peu bornée. Un matin son chemin croise celui de Luna, une chatte noire qui sait parler et dont le front est marqué par un croissant de lune. La vie de la jeune fille se retrouve bouleversée quand Luna lui transmet une broche qui permet à Usagi de se transformer en la justicière Sailor Moon. Une identité secrète et des pouvoirs qui arrivent à point nommé puisque des événements inquiétants ne cessent de se produire en ville. Afin de mettre hors d’état de nuire les entités aux sombres desseins, Usagi va devoir retrouver les autres justicières qui pourront lui venir en aide et protéger la princesse du royaume de Lune.

Voilà le pitch de départ de Sailor Moon que peut-être une partie connaisse et une autre non. Cela dépendra de votre niveau de familiarité avec ce panthéon de la pop culture. À titre personnel, je ne connais que l’univers de l’animé et de manière très lointaine, car mes souvenirs remontent à mon enfance. Et le fait le plus marquant c’est que j’ai connu l’anime au Portugal durant mes vacances estivale, et doublée en portugais ! Par contre concernant la diffusion dans le Club Dorothée cela est très flou, et je ne me souviens que du générique chanté par Bernard Minet (comme 90% des génériques d’anime diffusé à cette époque). Mais comme pour Dragon Ball, Saint Seiya, Père Castor et Les Animaux du Bois de Quat’sous, Sailor Moon est une madeleine de Proust que je n’ose revisiter sur écran de peur de briser ce sentiment nostalgique. Par contre, en manga je ne connais pas, donc cette Eternal Edition ne pouvait pas mieux tomber. Le début de l’intrigue est classique mais avec un rythme qui donne le tempo et permet de rester accroché au récit. De chapitre en chapitre, Naoko TAKEUCHI présente les différents personnages dans un schéma un peu répétitif mais très efficace et surtout nécessaire. La mangaka ne perd pas de temps, sans pour autant bâcler son scénario. Le lecteur se familiarise rapidement avec les différentes héroïnes, leur personnalité et leur caractère. On aura forcément des préférées, mais globalement elles ont toutes quelque chose qui fait qu’on les apprécie indépendamment de nos goûts. Chaque guerrière représente un élément (en quelque sorte), possède une force d’esprit et un pouvoir unique de ses co-équipières. Pour ne pas gâcher complètement la surprise, je citerai Sailor Neptune qui incarne la foudre et le courage dont la force de caractère influe sur le reste du groupe mais aussi sur elle en tant qu’héroïne. Autour de ces personnages féminins, nous avons le personnage masculin de Tuxedo Mask. Mystérieux Gentleman voir Arsène Lupin dans son apparence, celui-ci se situe dans une zone grise. Nous ne savons pas si c’est un ami ou un ennemi. Mais dans tous les cas, il a fait son effet sur l’une d’elles…

Dans le tome 2, TAKEUCHI étoffe son univers de manière assez impressionnante quand on pense en quelle décennie est parue cette œuvre. On peut voir en Sailor Moon l’équivalent d’un Saint Seiya/Les Chevaliers du Zodiaque puisque les mêmes qualités et défauts sont présents dans les deux univers. La richesse, la simplicité mais la narration dense font que l’on est dans le récit du début à la fin. Alors, attention il vaut mieux être concentré durant la lecture et ne pas lire un des tomes quand on est fatigué. Dans ce deuxième tome, la mangaka tisse les liens entre chacune tout en rendant certains points presque tragiques. On se rapproche d’une pièce de théâtre ou d’une symphonie menée par un maestro aimant faire dans le tragique, mais jamais dans l’excès et dans le rentre-dedans. L’univers n’est pas seulement un élément ou champ d’action dans lequel évoluent les héros, mais bien un protagoniste à lui tout seul. Et ça, Naoko TAKEUCHI sait l’écrire et l’explorer avec maîtrise. L’action est aussi présente et nous offre le luxe de voir les jeunes filles utiliser leur pouvoir.

Dans le troisième tome, les choses semblent s’apaiser, mais un événement impromptu va se produire. Un nouveau personnage fait son entrée : une fillette tombée du ciel portant aussi le nom de Usagi. Mais qui est-elle ? Mais encore une fois, la mangaka nous prend à rebrousse-poil et lance les dés, et boum, nouvel ennemi en vue : Black Moon, une secte qui cherche à s’emparer du pouvoir. Arf, la vie de justicière n’est pas de tout repos, demandez donc à Wonder Woman ! Dans ce nouveau tome, les personnages sont la pièce maîtresse du récit. Chacune des héroïnes aura le droit à son moment, conférant ainsi un lien entre le lecteur et elle.

Visuellement, le trait de TAKEUCHI est fin mais fort dans son impression sur papier. La mangaka marque de son caractère chacun des éléments qu’elle trace. Elle impose et incarne en un sens ses personnages. Cela peut paraître daté pour beaucoup, mais à la lecture on y découvre beaucoup de charme. C’est simple, subtil et glamour aussi. Les regards sont souvent mis en avant ce qui ajoute dans l’ambiance dramatique de certaines scènes.

En conclusion, un début de récit rythmé, presque nerveux, mais très contrôlé par Naoko TAKEUCHI. Elle sait où elle veut aller avec son scénario fait de révélations, d’effets dramatiques et d’émotions. Certes ces trois premiers tomes ne sont pas dénués de défauts, comme un récit parfois trop verbeux en un sens, ou encore le dessin qui peut en décourager plus d’un. Mais sinon, on comprend rapidement pourquoi Sailor Moon est devenu rapidement un phénomène planétaire. Encore aujourd’hui les Magical Girls ont une influence sur les oeuvres les plus récentes : Les Supers Nanas, les Totally Spies, ou encore Lady Bug dans Miraculous. Sailor Moon fait donc partie de ces oeuvres cultes du manga au même titre que des Dragon Ball, Saint Seiya, Alabator/Captain Harlock, et Nicky Larson/City Hunter.

6 réflexions sur “Critique manga #373 – Sailor Moon Eternal Edition tome 1 à 3

  1. Sailor Moon, je n’ai jamais adhéré au dessin animé (à l’époque j’étais plus branchée DBZ et Saint Seiya), par contre j’avais eu un coup de foudre pour les dessins de Naoko Takeuchi et le manga. Aujourd’hui, je prends un grand plaisir à redécouvrir l’histoire à travers le manga 🙂

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    • Il faut dire que le dessin animé est incroyablement rallongé, avec des centaines et des centaines d’épisodes au cours desquels il ne se passe du coup pas grand chose à part combattre des méchant·tes ! Le manga traine moins en longueur. Mais bon, j’ai toujours aimé le dessin animé et le manga. En revanche, je n’ai toujours pas vu la nouvelle adaptation animée, « Sailor Moon Crystal », qui a l’air pas mal du tout, même si j’aime moins les dessins ^^

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