Critique manga #374 – Brisée par ton amour… tome 1, 2 et 3

Le harcèlement scolaire fait de nombreuses victimes par année. Celles qui en réchappent peuvent sombrer dans une sorte de folie et d’autodestruction, si elles ne sont pas prises en charge sérieusement. Kanae est l’une d’elles, et Brisée par ton amour… raconte son histoire, son mal-être, et bien plus.

Disponible aux éditions MEIAN dans la collection Daitan! ou sur Amazon au prix de 6.95€ || LIRE UN EXTRAIT DU TOME 1 ICI


Shiruka Bakaudon est une mangaka japonaise déjà bien connue des lecteurs japonaise puisqu’on lui doit des séries hentai parfois extrêmes, sombres et torturés. Brisée par ton amour (Kimi ni Aisarete Itakatta est sa première série longue. Lancé en prépublication dans le magazine Manga Oukoku de l’éditeur Shinchosha,…(Btooom!, Area 51, Baltzar La Guerre dans le sang, Angel Heart 1st Season, La Voie du tablier, etc), la série compte actuellement 4 tomes en cours. En France, l’éditeur Meian propose de découvrir ce Seinen dans sa collection Daitan!.

Kanae est une lycéenne mal dans sa peau qui essaye tant bien que mal de s’intégrer dans son groupe de copines de classe. Mais cette ancienne victime de harcèlement au collège est très sensible à ce que l’on peut penser d’elle, et n’arrive pas à oublier son traumatisme aussi bien physique que psychologique. Kanae ne se sentant jamais à sa place n’arrive à trouver que  »la normalité » qu’elle recherche en se livrant physiquement à des hommes plus âgés qui la paye en retour. Un jour, lors d’une sortie de groupe dans un karaoké, elle va faire la connaissance de Hiroshi. Ce beau jeune homme si simple et souriant va faire battre d’amour le coeur de Kanae pour la toute première fois. Mais cette rencontre va provoquer bien de tragiques accident…

Avant de donner mon avis, il est important de prendre en compte que Brisée par ton amour… est un manga qui pourra heurter la sensibilité des plus jeunes, et est donc déconseillé au moins de 16 ans. On y aborde des thèmes qui peuvent mettre mal à l’aise comme le harcèlement scolaire/familiale, le sexe, et certains passages sont très graphiques. Toutefois, pour ceux qui seraient en âge de lire ce titre, et qui peuvent supporter ce type de lecture, Brisée par ton amour… va les retourner complètement aussi bien par son scénario, ses personnages que par sa construction graphique. On est dans une ambiance sombre, parfois pesante mais criante de vérité sur ce que peuvent vivre les victimes de harcèlement scolaire. C’est très parlant aussi bien dans les situations que dans le dessin. Les quatre premières pages en couleur donne le ton avec une Kanae en sang et son petit ami, Hiroshi, se faisant passer les menottes…. Mais qu’est-ce qui a bien pu conduire à cette situation ? C’est ce que le lecteur va vouloir découvrir par la suite. Kanae est une jeune fille très timide et introvertie. Mal à l’aise en société, elle n’a de cesse de s’excuser et d’avoir peur de ne jamais dire ou faire ce que l’on attend d’elle. Si elle n’est plus harcelée comme à l’époque du collège, ses camarades semblent ne pas l’apprécier ou alors de manière très hypocrite. C’est ainsi qu’on la voit évoluer dans son groupe de copines dirigé par Ichika. Cette dernière est tout le contraire de Kanae. Populaire, confiante, déterminée et n’ayant pas peur de s’imposer, elle déclenche un grand sentiment d’insécurité auprès de Kanae. De plus, quand le beau Hiroshi semble ne pas être attiré par Ichika mais plutôt sensible à Kanae, la première ne va pas se gêner pour mener la vie dure à celle qui est “son amie”. Qu’on se le dise, Brisée par ton amour… met droit dans le mile en ce qui concerne tout cet univers adolescent et complexe fait de mal être, de jalousie, et de fausse camaraderie. Hiroshi, lui, est beau, serviable et très à l’écoute des autres. Destiné à une carrière de joueur de baseball, il ne peut s’empêcher d’attirer le regard de beaucoup de jeunes filles de son âge. La relation entre Kanae et lui est très simple, douce et faite d’une grande compréhension de la part du garçon. Kanae, elle, a plus de mal puisqu’elle ne cesse de se dénigrer en repensant simplement au mal qu’elle a vécu au collège ou à la maison. Le traumatisme de Kanae est si profond qu’il semble plus qu’évident qu’elle ne se sortira jamais de cet abîme dans laquelle elle est tombée. Pourtant, la présence de Hiroshi illumine ses journées et la fait espérer que, peut-être, elle aussi à le droit au bonheur… Malgré ce que nous racontent les premières pages du tome 1, Hiroshi se montre plus que prévenant et sensible face à une Kanae perdue et esseulée. On se prend d’affection pour leur relation qui naît doucement, tout en sachant qu’une fin tragique les attend. Durant ces trois tomes, le lecteur va constater la détresse qui ressort de la jeune fille, et aussi à quel point les mots peuvent heurter une personne pour le restant de ses jours… Les bleus s’effacent mais les mots sont indélébils et ne laissent que tristesse, incompréhension, solitude et maux dans le cœur et l’esprit d’une victime. Les retournements de situation sont nombreux, le scénario est bien construit, et les trois tomes se lisent d’une seule traite.

Visuellement, Shiruka BAKAUDON offre un trait fin mais précis dans ce qu’elle communique. Le graphisme des personnages est moderne, efficace et on reconnaît facilement qui est qui. La grande prouesse graphique dans le style de la mangaka se trouve en très grande partie dans le jeu visuel qu’elle propose. La détresse émotionnelle et l’état d’esprit de Kane sont exprimés de manière crue et violente lors des moments où la jeune fille n’arrive plus à réprimer ce qu’elle ressent. Les mots sortent des bulles, s’enroulent pour former des spirales qui entraîne notre héroïne dans les cauchemars de son esprit. En début de tome 1, on trouve des scènes de sexe pour bien illustrer l’activité de Kanae en dehors des cours, mais rien qui puisse mettre en valeur ce qu’elle fait. La mangaka ne rend rien de tout ça glamour ou sexy. Il n’y a pas d’érotisme ni quoi que ce soit de la sorte qui puisse rendre le tout excitant visuellement pour le lecteur. C’est sombre, parfois grandiloquent mais jamais ridicule. La mangaka arrive à garder une certaine limite sans s’empêcher de flirter avec. Le décor est présent, mais froid. Il n’y a aucune notion de chaleur humaine qui en ressort, sauf quand Hiroshi est là avec Kanae. L’édition de Meian est de qualité. Vernis sélectif sur la jaquette, bonne impression, et traduction faite par Vincent Marcantognini (Gannibal, Shigurui).  

En conclusion, les tomes 1 à 3 de Brisée par son amourraconte une histoire sombre où une jeune fille cherche à trouver un réconfort qu’on le lui refuse. Hiroshi devient son encre, son réconfort, mais quand on sait comment cela se termine… Comment en est-on arrivé là ? C’est ce qu’il va falloir découvrir dans la suite, qui s’annonce très certainement sombre. Shiruka Bakaudon maîtrise son sujet, le rendant dérangeant mais véritable sur de très nombreux point.

2 réflexions sur “Critique manga #374 – Brisée par ton amour… tome 1, 2 et 3

  1. Un titre qui se s’annonce comme poignant et saignant Merci pour ta chronique, ça me donne une idée plus précise du titre ^^. (ça sera pas pour moi faut je me remette d’Anonyme :P)

    Aimé par 1 personne

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