Critique manga #385 – Chainsaw Man tome 1, 2 et 3

Tatsuki FUJIMOTO nous avait déjà entrouvert les portes de son esprit déjanté avec Fire Punch. Le voici à présent de retour avec Chainsaw Man, un titre tout aussi déjanté si ce n’est plus. Un récit porté par des personnages marquants grâce à leur imprévisibilité, l’humour qui en découle et l’action qui nous en met plein la vue.

Disponible aux éditions KAZÉ dans la collection Shonen ou sur Amazon au prix de 7.29€ || Également disponible au format numérique || LIRE UN EXTRAIT ICI

FGHJ

Merci à Marion de l’équipe Kazé pour l’envoi, la lecture et la confiance


Tatsuki FUJIMOTO est un mangaka japonais né dans la préfecture d’Akita. Au collège il invente un magazine de prépublication de manga. Il se met alors à le gérer intégralement de manière fictive, présentant jusqu’à sept récits en parallèle. Ce sont deux d’entre eux qui serviront de mise en appétit à Fire Punch. En 2014, il fait ses débuts dans le magazine Jump SQ avec Koi no Mômoku. Deux ans plus tard, Fire Punch  est lancée dans les pages du Shonen Jump +. En 2017, alors qu’il travaille toujours sur Fire Punch, le mangaka publie un one shot sur l’application Shonen Jump + (Me ga sametara onnanoko ni natte ita byo), et un autre dans le magazine Jump Square, Imoto no ane. Fire Punch trouve sa conclusion en 2018 avec 8 tomes. En fin de cette même année, sa nouvelle série Chainsaw Man commence sa prépublication dans le Weekly Shonen Jump pour une première partie qui se tient en 11 tomes. Une seconde partie a été annoncée pour être publié sur l’application Shonen Jump + de l’éditeur Shueisha. En 2021, Chainsaw Man remporte la 66ème éditions du Prix Shogakukan, et une adaptation en série animée est annoncée par le Studio MAPPA. En France, Fire Punch et Chainsaw Man sont publiés par les éditions Kazé.

Dans Chainsaw Man, nous faisons la connaissance de Denji, un jeune homme qui se retrouve à devoir rembourser les dettes laissées par son père qui s’est donné la mort. Il devient un Devil Hunter, ou plutôt il se fait exploiter en tant que tel par ceux à qui son père devait de l’argent. Pour l’aider dans sa tâche il peut compter sur son chien-démon tronçonneuse Pochita. Mais un jour, Denji est trahi et se fait tuer puis couper en morceaux. Mort, il ne doit sa survie (enfin, sa résurrection) à Pochita qui pour témoigner tout l’amour qu’il porte à son maître, fusionne son corps au sien. Denji devient alors un jeune homme capable de se transformer en démon tronçonneuse, et est recruté par une organisation gouvernementale qui chasse les démons.

Cette nouvelle série de l’auteur de Fire Punch se trouve être une suite logique de la précédente dans sa manière d’exploiter un univers qui peut déranger. Si Fire Punch avait pour cadre un monde post-apocalyptique où la glace avait recouvert la Terre et décimer les hommes, ici, Chainsaw Man se déroule dans une société comme la nôtre, mais avec des démons en plus. Plusieurs points communs existent entre les deux séries. Il y a, par exemple, la noirceur et la perversité humaine, la corruption, l’exploitation des plus faibles, et bien entendu l’ambiance dérangeante que F Tatsuki FUJIMOTO arrive à écrire avec succès. Le mangaka arrive à passer d’un sujet sérieux à un ton décomplexé qui va forcément créer un dynamisme particulièrement marquant. Denji est un antihéros que l’on va rapidement prendre en affection. Décrit par sa chef, Makima, comme un gentil toutou, le lecteur ne peut que constater que l’on ressent cette même affection que l’on porte naturellement à un animal de compagnie. Fidèle, et toujours prêt à aider (surtout si c’est Makima qui le lui demande ou s’il y a de la nourriture en jeu), Denji est un personnage principal très efficace. N’étant pas complètement un bleu dans la chasse au démon, il va s’avérer crucial de nombreux moments, notamment dans le troisième tome. À ses côtés, nous avons Makima qui dirige avec une facilité déconcertante la section Anti-Démon de la Sécurité Publique. Elle est aussi une grande chasseuse de démons dont la réputation n’est plus à établir. Sa relation avec Denji est celle d’une maîtresse et son chien. Elle se montre gentille avec lui mais n’hésite pas à l’exploiter au besoin en lui promettant soit de la nourriture soit une sorte de récompense d’ordre sexuel. Dans ces trois premiers tomes, le mangaka joue avec la limite du respectable entre humains, relation abusive et toxique. C’est à la fois malaisant mais fascinant, car Makima n’est pas foncièrement une mauvaise personne. Il est donc difficile pour le lecteur de la détester, voire impossible. Dans les autres personnages, nous avons Aki Hayakawa, également un Devil Hunter et sous les ordres de Makima. Il est chargé par cette dernière de former et de surveiller Denji, qui est tout de même à moitié démon. Rapidement, nous en apprenons plus sur le passé de ce personnage et les motivations qui l’on poussé à rejoindre l’organisation. Power est une Homini-démon intelligente et perspicace. Elle intègre l’équipe de Aki en tant que Devil Hunter, et sa personnalité donne beaucoup de piment au récit. Ses chamailleries avec Denji donne beaucoup d’humour au récit tant ce sont deux personnalités à part et imprévisibles.

Si le premier tome installe le récit et semble être encore un peu sans réel fil rouge sauf les petites missions de chasse au démon, les tomes suivants changent la donne. On découvre que de plus grandes menaces que de simples démons se préparent dans l’ombre, et qu’aussi étrange que cela puisse paraître certaines ont un lien avec Denji. Ce qui fait le génie de FUJIMOTO est sa narration qui oscille entre la provocation et le trash, mais jamais de manière gratuite. Chaque passage étrange à sa place et sa raison dans le récit. Il y a pas mal de rebondissements au fil de ces trois premiers tomes. L’humour révèle parfois du léger, puis du grivois. Entre humour noir et bien pensé, Chainsaw Man a de quoi déranger et divertir. L’action est intense, vole dans tous les sens, mais reste efficace.

Visuellement, nous sommes aussi dans le trash. Les moments où Denji active son pouvoir d’homme tronçonneuse, on a le droit à une démonstration de tranchage de corps et de démons du plus bel effet. Le design des entités démoniaques est atypique et grotesque, mais franchement bien original. Il y a un vrai travail de fond et de patience pour mettre en avant tout un graphisme. Le rendu du noir, surtout dans les scènes d’action, est maitrisé. L’exercice avait déjà être emprunter. Côté édition, rien à redire puisque la copie de l’équipe de Kazé est de qualité. La traduction est assurée par Sébastien Ludmann que l’on peut retrouver sur Les Liens du sang, Black Torch, Gigant, Heart Gear ou encore l’anthologie Search & Destroy.

En conclusion, ces trois premiers tomes de Chainsaw Man s’avèrent être délirants et sérieux à la fois. Denji est un anti-héros comme on apprécie, et on s’attache sincèrement à lui. Mais il ne faut pas non plus oublier le reste du casting qui possède une personnalité aussi marquante que celle de notre mi-démon qui tronçonne. Tatsuki FUJIMOTO livre un début de récit plus qu’efficace, et installe avec aisance tout son univers dont l’ambiance nous rend curieux. Une découverte addictive qui fait plaisir à lire !

5 réflexions sur “Critique manga #385 – Chainsaw Man tome 1, 2 et 3

  1. Ça a l’air mieux construit que Fire Punch mais j’ai été tellement déçue par ce dernier que je ne sais pas si je vais réussir à passer le cap de cette nouvelle saga 😅

    J'aime

    • Ah oui, je trouve ça plus abouti que Fire Punch. J’ai lâché la série après ma lecture du tome 5, parce que la direction prise ne me plaisait pas du tout. Qu’est-ce qui t’a décue dans FP ?

      J'aime

      • La liste serait très longue à écrire 😂
        Déjà, dès le tome 2 je n’ai pas aimé le personnage de Togata et le côté humour/décalé que ça amenait à la série. J’ai trouvé que ça gachait les scènes sérieuses qui suivaient. Puis, plus j’avançais dans les tomes plus l’histoire allait dans tous les sens, comme si l’auteur testait des trucs mais n’allait jamais jusqu’au bout parce que ça ne lui plaisait finalement pas. Bref, beaucoup de potentiel et de bonnes choses mais rien d’abouti et de cohérent 😕

        J'aime

  2. Super article
    Chainsaw Man reste dans le même ton que Fire Punch, mais en étant je trouve plus lisible et compréhensible pour le moment. J’ai commencer à lire quand le 5eme tome était sortie, et j’ai tout de suite enchainer les 5 tellement j’était pris par l’intrigue

    J'aime

    • Merci beaucoup pour la lecture !
      Oui, le ton est similaire entre Fire Punch et Chainsaw Man, mais je t’avoue que j’ai eu du mal avec Fire Punch arrivé au tome 5. Je n’ai même jamais la suite et fin. Pour Chainsaw Man, je trouve ça mieux gérer au niveau de la narration, de l’ambiance, su sérieux et de l’humour.

      J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s