Critique comics #060 – Injustice Année Un, Deux et Trois

Superman règne sur la planète avec des conséquences désastreuses, parfois devenant l’instrument de la mort que Superman inflige lui-même à autrui. Deux camps qui vons s’opposer, deux visions différentes de la justice et de comment le monde devrait obéir pour préserver la paix. La peur de voir un être surpuissant prendre le contrôle et de n’en faire qu’à sa tête, voilà le cauchemar que Tom Taylor explore avec Injustice. Un récit hors continuité accessible à tous et mené de main de maître.

Disponible aux éditions URBAN COMICS dans la collection Intégrale ou sur Amazon || LIRE UN EXTRAIT ICI

Merci à Anne-Catherine de Dargaud Suisse pour la confiance ainsi qu’à toute l’équipe d’Urban Comics


Tom Taylor est un scénariste australien connu pour son travail chez les deux grands éditeurs DC Comics et Marvel. Les lecteurs de comics ont pu le voir s’essayer à Spider-Man, Wolverine, Deadpool, Suicide Squad, Iron Man ou encore Star Wars. Injustice est sa série la plus populaire à ce jour avec la série principale, sa suite et deux prequels. Actuellement, Taylor écrit les aventures de Superman chez DC Comics.

Le concept d’Injustice est né d’un jeu vidéo avant de devenir une adaptation en comics. Le récit est assez simple sur papier, mais très riche lors de sa lecture. Dans une réalité parallèle, à la suite d’un événement dramatique Superman est devenu un dictateur qui ne laisse aucune pitié envers ceux qui menacent la Terre. Fini celui qui ne tue ni homme ni extraterrestre, l’Homme d’Acier ne pardonne plus. Mais les autres héros, ses coéquipiers, ne voient pas sa nouvelle philosophie de vie et de la justice d’un bon œil. Ils vont s’opposer à lui, créant ainsi deux groupes: les pro-Superman et les pro-Batman.

Dans un premier temps lancé comme une manière de mettre en avant le jeu vidéo, le comics a su s’imposer rapidement comme étant un récit de qualité qui ne demande qu’à être lu. En effet, avec le synopsis alléchant de voir Superman péter un câble et soumettre les hommes sous sa coupe d’Homme d’Acier promet de très belles surprises. Tom Taylor sait comment écrire ses personnages et développer leur psychologie. On explore l’idée d’un Superman qui, après un drame insurmontable, plonge dans une lente agonie faite de haine et de dictature. Car pour lui, la paix exige la mort de ceux qui vont à son encontre. Ne pas tuer a toujours été la limite à ne pas franchir pour une super-héros, notamment Superman et Batman. Et ce sont justement ces deux qui vont s’opposer l’un à l’autre, créant une division au sein même des héros de la planète. De Wonder Woman à Green Lantern, en passant même par des héros moins sur le devant de la scène dans les comics, chacun choisira un camp ou viendra à le faire au fil des chapitres. Torturé, assombri et haineux voila que Kal-El de Krypton que nous suivons dans sa longue chute, mais aussi dans sa victoire faite de sang. Batman se dresse comme son opposé alors qu’ils ont longtemps été amis. Deux visions qui s’affrontent, qui débâtent et qui ont chacun des arguments valables. Injustice soulève de très bons points dans la lutte contre le crime et que les lecteurs se sont déjà forcément posés en ouvrant un comics. Pourquoi ne pas simplement tuer les criminels surtout quand ces derniers ont fait du mal aux autres ? Pourquoi Batman ne tue pas simplement le Joker ou autre vilain au lieu de les remettre en prison à chaque fois. Le schéma de toujours affronter les mêmes méchants qui n’apprendront et ne changeront jamais. N’y-a-t-il pas finalement une limite même à la justice ? La bonne comme on dit, alors qu’au fond elle n’est pas si juste que ça. Chaque intégrale se compose de 12 numéros et d’un numéro Annual qui vient clore un cycle. Dans ces tris premiers tomes, nous voyons beaucoup de personnages différents. L’un d’eux est Harley Quinn, celle qui oscille entre le bien et le mal en ce moment, et qui dans Injustice est parfaitement sur cette ligne invisible et finalement se montre beaucoup plus humaine que ceux que l’on qualifie de héros. Tom Taylor l’écrit avec justesse, humour et beaucoup d’émotions. Elle se lie d’amitié avec Green Arrow, avec Black Canary et bien d’autres. C’est à la fois amusant et intéressant. Nous avons aussi les vilains qui viennent prendre part au conflit, ce qui n’est pas rien. Nous avons aussi des héros moins dans la lumière comme John Constantine/Hellblazer, ou encore Zatanna. Chaque héros de l’étendard DC Comics vient s’intégrer au récit. Certains ne sont que de passage, mais chacun d’eux apporte une pierre à la dystopie créée par Tom Taylor.

Et comme si combattre le crime dit normal n’était pas assez, Superman décide de s’en prendre au monde magique. Ce qui, par évidence invite des personnages comme Zatanna ou John Constantine/Hellblazer à venir faire coucou. Ce dernier n’est pas un personnage comme les autres puisqu’il est aussi charismatique et énigmatique que cynique et manipulateur. L’aide qu’il peut apporter ne vient pas sans une contrepartie. Le fait d’explorer le monde magique, surtout celui de la magie noire, donne une tout autre dimension au récit. Comme si dans sa folie Superman n’avait plus de limite, ce qui est le cas. Son empathie envers les hommes s’est envolé et il met forcément tout le monde dans le même panier. Peut-il encore retrouver la raison ? C’est cette grande question qui sert de fil rouge invisible au scénario. Entre action, un brin de politique et la question de ce qu’est l’humanité, Injustice ne laisse rien au hasard. Chaque choix de Tom Taylor semble avoir été pensé avec minutie. Bien entendu au milieu de ce chaos il y a des drames, du chagrin, des regrets mais aussi de belles touches d’humour.

Graphiquement, ces trois premières années d’Injustice ont vu passer de nombreux artistes. Jheremy Raapack, Mike S. Miller, Bruno Redondo (Suicide Squad, Nightwing Rebirth), ou encore Brian Buccellato (The Flash, Witchblade) sont les noms de certains d’entre eux. Si chacun possède son style, on peut dire que dans la globalité ils arrivent à s’accorder entre eux. C’est à la fois dynamique, fluide et assez bien détaillé. La colorisation est ce qui vient compléter le tout et en étant de qualité. L’action explose, les cases aussi. Niveau édition, Urban Comics a fait du bon travail.

En conclusion, d’année en année, Injustice ne cesse de montrer que c’est un récit hors continuité qui possède toutes les qualités possible pour plaire aux fans et aux petits nouveaux. C’est une excellente porte d’entrée dans l’univers DC Comics, qui dans les grandes lignes ne perd pas les moins attentifs à l’univers. Injustice est un récit qui se laisse lire avec grand plaisir, et qui a le mérite d’explorer énormément de thèmes allant de celui de l’humanité à celle d’être un surhomme. À découvrir !

17/20

2 réflexions sur “Critique comics #060 – Injustice Année Un, Deux et Trois

  1. Merci beaucoup pour cet avis ! Ça m’a donné envie de me lancer dans la série. Le parti-pris de faire de Super Man un dictateur donne vraiment envie de comprendre ce qui a pu lui arriver. Personnellement c’est un super héros que je n’ai jamais trop apprécié à cause de son côté « surhumain ». Ça va être plaisant à suivre.

    Aimé par 1 personne

    • Je ne peux que t’encourager à le te lancer. Il y a de l’action, de la psychologie finement bien écrite. Et oui, si de base tu trouves Superman soit ennuyeux ou trop boyscout, Injsutice te change complétement le personnage. Et c’est vraiment génial. Les intégrales de Urban sont un plus parce que tu fais quelques euros d’économie par rapport à la version simple paru précédemment. Ce qui lui arrive est dramatique. Ne lis pas le synopsis du tome 1 parce que ça te spoil complétement le truc ^^
      Merci de m’avoir lu et d’avoir laissé un commentaire

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