Critique manga #392 – Les Contes Imaginaires par Tomoko HAKO d’après Grimm

Il était une fois, les frères Grimm. En 1812, ces deux linguistiques d’origine allemande commencent à traduire, et s’inspirer de divers folklores internationaux. Deux cents contes qui ne cessent de divertir, faire rêver et enseigner aux enfants dès le plus jeune âge. Des récits adaptés aussi bien par Walt Disney que par divers producteurs du petit et grand écran. Dans la littérature, Grimm a beaucoup inspiré, et c’est ce que l’on découvre dans les trois tomes des Contes Imaginaires par Tomoko HAKO.

Disponible aux éditions NOBI-NOBI ou sur Amazon au prix de 7.90 €

Merci à l’équipe pour leur confiance et cette lecture


Tomoko HAKO est une mangaka japonaise qui a commencé dans le milieu professionnel du manga avec une série de trois recueils reprenant les contes des frères Grimm que l’on connaît tous. Le premier tome (Raiponce et les cinq princes) a débuté sa prépublication en 2011 dans le magazine Wings de l’éditeur Shinshokan (Given, Kase-san, Immortal Rain). En 2013 sort le deuxième tome, Contes imaginaires – La Reine des Neiges et les cinq éclats), suivi en 2016 de Contes Imaginaires – Le Chaperon Rouge et les cinq sorts. Chaque chapitre des trois tomes revisite les célèbres, et parfois très peu connu, contes des Grimm. En France, les trois tomes sont disponibles depuis 2019 aux éditions Nobi Nobi.

Le premier tome, Contes Imaginaires – Raiponces et les cinq princes est composé de sept histoires. On retrouve les très populaires Blanche-Neige, La Belle au bois dormant et Raiponce. Mais nous avons aussi des contes moins ancrés dans la pop culture tels que Le Prince Grenouille, Peau-de-mille-bêtes (qui inspira Peau d’âne), Les ducats tombés du ciel et La sorcière noire. Chaque récit peu se lire indépendamment, mais il existe tout de même un fil rouge, celui de la sorcière noire. Tomoko HAKO se réapproprie les contes dans sa manière de les narrer sur papier, notamment à travers son trait, tout en gardant l’écrin dans lequel continue de vivre les récits des deux frères. L’ensemble est bien écrit, entraînant et on apprécie de redécouvrir ou découvrir tout simplement chaque histoire. Il y a cette magie que l’on retrouve, par exemple, dans les adaptations de Disney. Dans Contes Imaginaires – La Reine des Neiges et les Cinq Éclats (deuxième tome de la trilogie), la mangaka continue dans sa lancée tout en étant plus à l’aise dans son trait. Dans ce tome-ci, nous avons six histoires, un prologue et un épilogue. Le fil rouge est différent du précédent, puisque nous suivons à présent deux chats qui doivent retrouver des éclats disparus de leur miroir magique, à présent brisée. Par conséquent, ils ne peuvent plus faire appel à son pouvoir qui consiste à montrer les êtres qu’une personne chérie le plus. Pour ceux qui n’auraient en tête que les versions Disney de leur enfance, sachez que HAKO ne s’inspire pas d’elles mais réellement des versions écrites d’origine. Certaines différences intéressantes sont apportées, comme dans le récit de La Reine des Neiges ou celui de La Petite Sirène. Ce dernier est d’ailleurs assez marquant puisque la mangaka se permet d’inverser le point de vue. Et, l’histoire se tient réellement malgré le fait que chacune ne se déroule que sur peu des pages. C’est direct tout en gardant du charme. Le fil conducteur de chaque histoire n’est pas ce qu’il y a de plus primordial, c’est même relayé en second plan. Toutefois, la volonté de la mangaka de créer un lien, même discret, permet de garder cette touche inédite et personnelle. Dans le troisième tome (et le dernier), Le Chaperon Rouge est de sortie avec pour l’accompagner Hansel et Gretel, Cendrillon, ou encore La sorcière blanche. Le lien entre ses textes se trouve être la confiance et estime de soi. Un sujet important et facilement intégré dans chaque manga, roman, comics ou bande dessinée. C’est un sentiment universel dont personne ne peut s’en détacher.

Le trait de Tomoko HAKO est fin et emprunt de beaucoup de douceur. Chaque case dégage une magie féerique sans tomber dans le mièvre. Le design des personnages est sublimement ancré, et donne envie de revoir le dessin de la mangaka très prochainement. L’effet crayonné ne manquera pas de nous séduire. Au niveau de l’édition, l’équipe des éditions Nobi Nobi a fait du très bon travail. La traduction est assurée par Gaëlle Ruel (En proie au silence, Wandering Witch, Sahara le samouraï aux fleurs) qui fait un excellent travail pour garder une narration fluide. À noter que la couverture est en papier soie/gaufré.

En conclusion, en trois tomes, Tomoko HAKO rend les contes de Grimm accessible à tous. Chaque histoire peut être une découverte comme une redécouverte. C’est simple, magnifiquement bien exécuté, avec un trait féérique et plein de charme. Petits et grands, peu importe votre âge, ces trois ouvrages n’attendent que vous. On passe un très bon moment plein de douceur et de belles petites leçons.

15 sur 20

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