Critique manga #393 – Fenrir tome 1, A Sign of Affection tome 1

En ce début de semaine, je vous propose de découvrir deux titres bien différents mais tous les deux très agréables à lire. Le premier s’inscrit dans une épopée historique absolument pas barbante, mais palpitante et très mystérieuse grâce à un élément fantastique. Le second entre dans la catégorie romance tranche de vie qui nous met dans la peau d’une jeune femme sourde. Un quotidien plaisant qui va être chamboulé par la présence d’une jeune homme prêt à venir apporter encore plus de douceur à celui de notre héroïne.

Merci à l’équipe des éditions CASTERMAN et à l’équipe des éditions AKATA pour leur confiance


Fenrir -1- Tome 1

Disponible aux éditions Casterman dans leur collection Sakka ou sur Amazon au prix de 7.95€ || LIRE UN EXTRAIT ICI || VOIR LA BANDE-ANNONCE

Chugaku AKAMATSU est un mangaka spécialisé dans le Seinen et dans l’écriture de light novel. Hidan no Aria, son premier roman paru en 2008, fût adapté en manga deux ans plus tard. En 2014, il écrit Yagate Maken no Aliceball, un harem manga se déroulant au lycée. Fenrir a débuté sa prépublication en 2018 dans le magazine Big Gangan de Square Enix. Il est toujours en cours avec 3 tomes au Japon. En France, ce sont les éditions Casterman qui propose le titre depuis le début de l’été. L’histoire se passe dans les steppes, Temüjin et les siens luttent pour leur survie face aux autres clans. Un jour, Temüjin sombre dans un lac au fin fond de la forêt et est sauvée par une étrange entité qui se fait appeler Fenrir. Cette dernière sous l’apparence d’une femme va conter les merveilles que Temüjin accomplira dans le futur, si celui-ci s’en donne les moyens. Commence alors une quête pour l’unification des peuples à travers la Terre. Ici, nous sommes sur un récit historique qui va mêler du fantastique dès le début. Mais ce dernier reste tout de même léger puisque c’est réellement une quête initiatique à travers les steppes de la Mongolie du XIIème siècle qui est amorcé. Temüjin est un personnage assez doux, plein de sagesse mais qui au vu des circonstances va se révéler un meneur-né. Face à la violence des autres tribus, il n’hésitera pas à se mettre en danger pour protéger les siens. Pour ceux qui ne le sauraient pas, Temüjin est l’autre nom donné à Gengis Khan, un souverain important de l’histoire de la Mongolie. Véritable génie politique et militaire il est l’élément fondateur de toute une partie de l’Asie. Dans ce récit, il est donc montré sous des traits très charismatiques. Au-delà de ce qu’il dégage, le lien qu’il noue avec l’entité Fenrir est intéressant et soulève beaucoup de questions. En effet, Fenrir reste mystérieuse même si elle ne cache pas sa véritable nature ni comment elle est arrivée sur Terre. Toutefois, ses intentions sont teintées d’une aura presque angoissante. En tout cas, on se demande ce qu’elle peut tirer de ce pacte avec Temüjin.

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© 2018 Onishi Mioko / Akamatsu Chugaku, Square Enix

Les autres personnages sont encore un peu effacés, sauf peut-être Börte. C’est une jeune fille qui a grandi avec Temüjin et qui endosse le titre de love interest. En tout cas, il sera intéressant de voir comment les deux peuvent, peut-être, construire une relation plus qu’amicale. Mais espérons d’abord la voir évoluer en tant que personnage féminin. L’action est assez présente avec un brin de stratégie qui donne plus de profondeur au récit. Le dessin de Mioko ONISHI est clair dans son trait et efficace. Le style reprend très bien l’ambiance folklorique du scénario de AKAMATSU. C’est également dynamique et doux à la fois. C’est un récit historique, oui, mais il peut vraiment plaire aux plus réticents. En dehors de la partie épique des batailles à venir, de la stratégie géopolitique qui s’installe doucement, le mangaka se concentre beaucoup sur Temüjin et son destin qui se met gentiment en place. Au niveau de l’édition, l’équipe Casterman de la collection Sakka a fait du très bon travail. La traduction de Wladimir LABAERE (Quenotte et le monde fantastique, Grateful Dead) est compréhensible et fluide. La couverture française diffère de la couverture originale mais ce n’est absolument pas dérangeant pour ma part. Je la trouve très jolie. En conclusion, ce premier tome de Fenrir nous laisse deviner une très belle épopée avec des personnages qui ne manqueront pas de nous faire apprécier notre lecture. Une adaptation réussie, pour le moment, de celui qui deviendra le grand Gengis Khan, le fondateur de l’Empire mongol. À découvrir sans attendre !

Manga - A sign of affection

Disponible aux éditions AKATA dans la collection Medium ou sur Amazon au prix de 6.99€ || Également disponible au format numérique || LIRE UN EXTRAIT ICI || VOIR LA BANDE ANNONCE

Suu MORISHITA est un duo de mangakas japonaises principalement spécialisé dans l’écriture de shojo. En France, le duo s’est fait connaître avec la série Hibi Chouchou, en 2015, aux éditions Panini Manga. A Sign of Affection (Yubisaki to Renren en VO) a été lancé dans le magazine de prépublication Dessert de Kodansha en 2019. Il est toujours en cours avec 4 tomes aux Japon. En France, ce sont les éditions Akata qui proposent le titre dans leur collection Medium en papier et en offre numérique. Yuki est une étudiante en première à l’université comme beaucoup d’autres : entourée d’amis, des études qu’elle apprécie, pour un quotidien bien rythmé. Un jour, elle rencontre Itsuomi, un garçon de la même université qu’elle, et qui adore voyager en plus de parler plusieurs langues. Très vite elle se sent comme attiré par lui, et le jeune homme semble enclin à vouloir faire partie de son cercle d’amis. Toutefois, un obstacle semble se dresser devant eux: Sourde de naissance, Yuki, ne communique que par écrit ou en utilisant la langue des signes. Mais cela n’est pas un problème puisque Itsuomi décide d’apprendre la langue des signes. Pourront-ils former un couple d’amis ou plus si affinités ? Ce n’est pas la première fois que les éditions Akata publient un titre parlant d’un handicap. Nous pouvons citer Running Girl et Perfect World. Du côté des autres éditeurs nous ne sommes pas non plus en reste puisqu’il y a A Silent Voce aux éditions Ki-oon et Comme les autres [mon avis sur le tome 1] aux éditions Kana. Ces deux derniers sont ceux qui se rapprochent le plus de A Sign of Affection puisqu’ils ont le même thème : la surdité. La narration se fait de manière douce et réaliste avec un vrai souci de suivre les pensées de Yuki. La jeune fille est simple dans sa manière d’être et douce. Face à elle, nous avons Itsuomi un jeune homme communicatif (il rencontre dans un club international d’autres personnes parlant des langues différentes, etc.), serviable et à l’écoute. Le fait qu’il voyage beaucoup, aussi bien en avion qu’en mode globe trotteur lui confèrent une ouverture d’esprit et un regard sur le monde qui l’entoure très sein. L’attention que le personnage porte à notre héroïne est très honnête et sans arrières pensées. Il apprécie sa compagnie, est curieux de la connaître plus et ne s’en cache pas. Yuki est comme lui, mais de manière différente. Son approche est plus timide mais ne manque pas de franchise non plus par moment. Ce sont deux personnages seins et attentifs.

A sign of affection : une romance silencieuse - Éditions Akata -
© 2019 Morishita Suu, Kodansha

À la lecture, nous remarquons très vite que les deux mangakas on prit le temps de se renseigner auprès de personnes atteintes de ce handicap. L’ambiance est douce, naturelle et très soucieuse de ce qui peut être dit et fait. C’est une lecture agréable avec des personnages doux et sympathiques. Le trait de Nachiyan est tendre, bienveillant dans ses actions, et un charadesign tout aussi doux que le scénario de Makiro. La mise en avant de la langue des signes se fait de façon naturelle et efficace. Nous sommes tout aussi disposé que Itsuomi à apprendre ce nouveau langage. La communication se fait beaucoup pas les gestes et le corps de manière générale. Le travail des éditions Akata est propre et la traduction est assurée par Rosalys (autrice-illustratrice d’artbooks, BD et albums jeunesse). En conclusion, ce premier tome de A Sign of Affection est doux et bienveillant. Il n’y a pas une once de haine, et si quelques petits moments d’incompréhension se manifestent chez certains personnages de passages, le tout est très bien traitée. La complicité naissante entre nos deux héros est convaincante et promet de beaux moments de découverte aussi bien pour l’un et l’autre.

15 sur 20

Une réflexion sur “Critique manga #393 – Fenrir tome 1, A Sign of Affection tome 1

  1. Très cool ta chronique Sofia !
    Fenrir a l’air très sympa et intriguant ! Le fait que l’entité soit presque comme un antagoniste donne envie de creuser plus ! Le seul truc qui me freine, j’ai l’impression que ça va être un manga assez long.
    Pour Sign of Affection , ça a été un gros coup de cœur, il me tarde de voir comment va évoluer cette relation qui est déjà pleine de tendresse . Itsuomi et Yuki sont déjà très attachants.

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