Critique manga #398 – The Witch and the Beast tome 1, 2 et 3

Après l’Atelier des sorciers et de nombreux autres ouvrages autour des sorcières et autres cousines, la collection Seinen de Pika accueil un récit qui voit un monde de fantasy urbaine se marier avec panache à l’architecture et ambiance du XIXème siècle. Un duo en chasse, oui, mais contre qui et motivé en partie par la vengeance ? À voir si cela aura le résultat espéré.

Disponible aux éditions PIKA dans la collection Seinen ou sur Amazon au prix de 7.50 € || LIRE UN EXTRAIT DU TOME 1 ICI

pika

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Kosuke SATAKE est un mangaka japonais ayant début dans le milieu avec le one-shot Witch and Whim, prépublié dans le magazine Magalabo de Kodansha, en 2015. Majo to Yaju ou The Witch and the Beast arrive l’année suivante dan le Young Magazine The 3rd de Kodansha, et est toujours en cours avec 8 tomes. En France, le titre a débuté aux éditions Pika dans leur collection Seinen en mai dernier.

L’histoire prend place dans un monde où les évènements surnaturels sont monnaie courante, et entrainent souvent des ravages. Ashaf et Guido sont envoyés par l’Ordre de l’Écho Noir et chargés d’éviter (ou limiter) les débordements causés par la sorcellerie. Si Ashaf est le plus chevronné et calme des deux, et ne râle pas face aux missions, Guido semble nourrir un dessein plus personnel en lien avec une sorcière en particulier… Mais la vengeance est-elle le meilleur moteur pour arriver à mener une mission à bien ?

Dès le premier chapitre, nous ressentons une ambiance typée urban fantasy avec un certain glamour. Le décor fait très anglais notamment par son architecture, ou même allemand. Toutefois ce n’est qu’un mélange honorable entre l’Occident que nous connaissons et ce que la sorcellerie a pu apporter de bon et de moins bon. Parce que qui dit sorcellerie dit forcément créatures fantastiques et dangereuses. Le premier chapitre nous met tout de suite dans l’action, et nous n’avons pas encore réellement le temps de connaître le duo principal. C’est un peu déroutant au début puisque l’on ne comprend pas trop ce qui se passe, à part qu’ils veulent mettent la main sur une sorcière. Pourquoi ? On ne le sait pas encore, mais Guido, a une dent contre elle et certainement contre toutes les sorcières. Dans ce monde, les pouvoirs sans limites des sorcières ont longtemps effrayé les humains lambdas, jusqu’à ce que quelqu’un arrive à les détruire. En tout cas pendant un certain temps. Les préjugés envers elles sont nombreux et cela a laissé de la rancœur dans le cœur des descendants. C’est une ligne d’approche intéressante même si elle n’est pas inédite. Est-ce que la haine peut engendrer la haine ? Bien sûr que oui. On le voit dans notre monde à nous tous les jours. Le scénario est bien pensé et son exécution est bonne dans son ensemble. Toutefois, il reste classique notamment sur les deux premiers tomes. Le duo se complète bien. Entre le tout feu tout flamme Guido et le serein Asaf, les rôles sont bien tenus. Guido est peu avenant et donne toujours cette impression de manque de patiente. Un peu comme un gros ours que l’on a réveillé avant la fin de sa sieste. Il réfléchit oui, mais seulement après être passé à l’action. Il n’est en rien détestable, mais c’est vrai que face à la sérénité et la diplomatie de Asaf, on est bien content que ce dernier soit là pour calmer le jeu. L’univers possède de bons éléments, mais le tout manque encore d’un plus grand développement. Parce que, quand on parle de magie/sorcellerie on s’attend à ce que monde mis en place par un auteur soit sans limites, ou presque. Et ici, le tout est encore un peu restreint, alors que les idées sont là !

Visuellement, le mangaka signe un dessin sublime. Le trait est plein d’assurance, suave et tranché dans son action. Le design des personnages possède cette classe que l’on attend d’une Europe fictive du XIXème siècle. Le mangaka arrive à mettre la lumière sur chacun de ses protagonistes, qu’il soit bon ou mauvais. Les créatures fantastiques sont diverses et superbement mise en scène. Le décor est présent, soigné et riche dans son architecture. L’action est dynamique, fluide mais manque un peu de clarté par moment. Très beau travail autour du titre-logo du manga. La traduction de Anaïs Koechlin (Tomie, Candy & Cigarettes, Men’s Life ) est de qualité, et elle a bien cerné le tempérament des héros.

En conclusion, The Witch and the Beast offre du charme grâce à un ensemble d’éléments mis en page par Kosuke SATAKE. Les idées sont bien pensées et le mangaka devrait se donner la chance d’aller encore plus loin dans sa narration car tous les ingrédients sont réunis pour faire de son récit quelque chose de plus grand que le côté classique qui, certes lui va, mais qui mériterait plus. La partie graphique respire le talent et chaque détail visuel est superbe. L’univers se développe petit à petit, tome après tome, et on a hâte de voir la suite !

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