Critique manga #401 – Love Fragrance tome 1 et 2, Entre les lignes tome 1 et 2

Lancée il y a déjà plus d’un an, la collection Life des éditions Kana continuent de recruter des séries aussi diverses et variées. Chaque titre se veut mature sur de nombreux sujets. Par exemple, le manque de vie sexuelle et de désir dans un couple qui s’aime, le premier emploi après les études, la cohabitation avec des personnalités différentes mais complémentaires en un sens, etc etc. Après avoir parlé de Corps solitaires, Chacun ses goûts, Cigarette and Cherry, Just Not Married, il est temps d’aborder le cas particulier de Love Fragrance, et le récit familiale de Entre les lignes.

Merci à l’équipe des éditions Kana et à Anne-Catherine de Dargaud Suisse pour leur confiance


Manga - Manhwa - Love Fragrance Vol.2

DISPONIBLE AUX ÉDITIONS KANA DANS LA COLLECTION LIFE (BIG KANA) OU SUR AMAZON AU PRIX DE 7.45 € || ÉGALEMENT DISPONIBLE AU FORMAT NUMÉRIQUE SUR IZNEO || BANDE ANNONCE DU TITRE || LIRE UN EXTRAIT GRATUIT

Love Fragrance est un Seinen écrit et dessiné par le mangaka Kintetsu YAMADA, qui a débuté sa carrière en 2018 avec Ase to Sekken alias Love Fragrance. Cette comédie romantique (ecchi) a récemment pris fin dans le Morning magazine de Kodansha, pour un total de 11 tomes. En France, le titre a débuté cette année aux éditions Kana dans leur collection Life. L’histoire prend place dans une entreprise où travaille un groupe de personnes. Parmi eux il y a Asako, une jeune femme complexée par son hyperhidrose, c’est-à-dire qu’elle a une transpiration excessive. Un jour, elle est interpellée par Kôtarô Natori, le concepteur star qui produit les soins corporels de la société. Ce dernier va décider de la prendre à part pou lui signaler qu’il est subjugué par son odeur et qu’il aimerait la sentir pour développer une nouvelle gamme. D’abord terrorisée par la manière de faire de Natori, Asako finit par se laisser tenter… Bon, Love Fragrance chez moi ça ne marche pas vraiment. La série a beau plaire à une majorité de lecteurs, avec moi il y a beaucoup trop de choses qui me mettent mal à l’aise pour que j’apprécie. Commençons déjà par décortiquer le comportement de Natori. C’est un jeune homme brillant dans son domaine et qui possède un nez fin comme on dit. Ce que je rapproche à ce garçon c’est sa manière d’aborder Asako de but en blanc, mais aussi par la suite quand les deux se rapprochent et finissent par se mettre en couple. Sous couvert d’être  »amoureux » de son odeur et de tomber  »amoureux » d’elle par la suite, Natori se permet beaucoup de gestes et une manière de pensée qui me le rend antipathique. On a par exemple, le fait qu’il a sa main un peu trop baladeuse après un weekend passé à rêver de sentir sa collègue (qui n’était pas encore sa petite amie), le fait qu’il va souvent jouer sur la corde sensible de la jeune femme parce que cette dernière est un peu naïve, et parce que même en couple il est beaucoup trop obsédé par son odeur. Cela m’a rappelé les critiques faites envers Edward dans Twilight avec l’odeur du sang de Bella. Il y a aussi quelques propos qu’il tient comme le fait qu’il soit content que personne n’est pu la sentir avant lui, au moment où ils couchent ensemble pour la première fois… et que c’est la première fois tout court de la jeune femme. Le mangaka l’écrit comme une personne gentille, inoffensif et romantique, mais avec des travers dont on est censé faire abstraction. Asako est une femme très effacée, manipulable même si elle sait ce qu’elle veut.

Love Fragrance / Tome 1 - MANGA et ANIME vus par des passionnés

En même temps, leur relation a commencé du jour au lendemain alors qu’ils ne s’étaient jamais parlé auparavant. Pourtant, croyez-moi j’ai donné sa chance à ce titre à deux reprises, mais même la deuxième lecture du premier tome a été compliquée. Et j’aurais (peut-être) voulu l’apprécier, mais au final, non. Après ça ne veut pas dire que l’histoire en elle-même est mauvaise. C’est simplement dû au fait que les agissements du garçon me dérangent et que j’ai du mal à passer outre le début (bancal et malsain) de leur relation. Au niveau du dessin, YAMADA possède un trait très rond, rendant ainsi les personnages très sympathiques au premier regard. C’est agréable, énergique et on est vraiment dans une ambiance de comédie romantique. Le travail d’édition est bon, avec des couvertures remodelés pour le marché francophone. La traduction de Rodolphe Gicquel (Undead Unluck, La Voie du tablier, Cigarette and Cherry, Gintama, etc) est de qualité. En conclusion, Love Fragrance a su trouver son lectorat, mais avec moi ça n’a pas fonctionné. Le personnage masculin possède un comportement qui peut être jugé toxique malgré son côté gentil. Des moments mignons sont présents, mais sont beaucoup trop ternis par le manque de recul concernant les agissements de chacun. Le personnage féminin est trop effacé pour moi, et quand elle s’affirme c’est uniquement parce qu’elle a peur de perdre Natori. J’aurais aimé qu’elle s’affirme en dehors de son couple, comme par exemple dans son travail ou dans la vie de tous les jours. Un titre qui n’est tout simplement pas fait pour moi.

note

Manga - Entre les lignes

DISPONIBLE AUX ÉDITIONS KANA DANS LA COLLECTION LIFE (BIG KANA) || ÉGALEMENT DIPONIBLE AU FORMAT NUMÉRIQUE || LIRE UN EXTRAIT ICI || VOIR LA BANDE ANNONCE

Tomoko YAMASHITA est une manga japonaise spécialisée dans les récits de type seinen, shojo et boys love. Elle débute sa carrière en 2005 chez l’éditeur Media Works, puis dans plusieurs autres comme Libra Shuppan, Shodensha, et Kodansha. Entre les lignes (Ikoku Nikki en VO) est le premier manga de l’autrice à être publié en France. Au Japon, le titre est toujours en cours de prépublication dans le magazine Feel Yung de Shodensha (Un drôle de père, Paradise Kiss, Complément affectif), avec 8 tomes depuis 2017. Prochainement, une deuxième série de la mangaka va voir le jour. Il s’agit de The Night Beyond the Tricorneres Window, un boys love terminé en 10 tomes. Entre les lignes raconte l’histoire de Asa, 15 ans, ayant perdu ses deux parents dans un accident de voiture. Elle est recueillie par sa tante du côté de sa mère, Makio, romancière de 35 ans. Une cohabitation qui poussera chacune à sortir de sa zone de confort pour voir le monde autrement. Le récit est très tranche-de-vie sur fond dramatique. On prend le temps de nous présenter, petit à petit, chacun des deux personnages. Makio est une femme très solitaire toujours le nez plongé dans son travail, s’enfermant dans une bulle où la socialisation n’est pas très présente, même pas du tout. Elle ne passe pas par quatre chemins pour dire ce qu’elle pense. Asa est renfermée et peu encline à partager ses émotions avec autrui. Surtout que cette tante, elle ne la connaît pas plus que ça. Confrontée à la perte soudaine de ses parents, la jeune adolescente se retrouve arrachée à son quotidien et à ce qu’elle a toujours connu. En habitant avec sa tante, elle va devoir trouver un nouvel équilibre, et Makio fera tout pour l’aider au mieux. Mais rien n’est jamais très simple, surtout quand nous avons deux personnages qui ont chacun une manière de voir les choses, de penser et d’agir. Difficile de partager un petit appartement, de faire des concessions également. Mais aussi bien Makio que Asa feront au mieux pour trouver un terrain neutre, et surtout trouver sa place dans la vie et le quotidien de chacune C’est une relation qui évolue de manière lente, simple mais sainement. On apprend à les apprécier au même rythme qu’elles se découvrent. La relation est basée sur le respect pour le moment, mais pas encore sur l’amour que l’on peut avoir naturellement dans une famille. La question du deuil est aussi abordée. D’entrée de jeu, Makio dit à sa nièce qu’elle ne doit pas se forcer à pleurer le décès de ses parents dans l’immédiat, et qu’elle ne doit laisser personne lui dicter ce qu’elle doit ressentir ou non. Il est vrai que si, lors d’un deuil, nous ne montrons pas d’émotions, de tristesse, de colère ou tout autre sentiment proche de la dépression, on peut facilement être juger par X ou Y.

Le propos de Makio a tout son sens, en réalité. Chaque deuil est propre à celui qui le vit, et nous ne devons pas juger la manière de fonctionner de quelqu’un dans une telle situation. Comme dit plus haut, le rythme est lent. On aborde la question de la cuisine avec parfois toute une liste de recettes, par exemple. Personnellement, certains passages comme ceux-là sont venus casser mon rythme de lecture. Non pas parce que c’est mal écrit, mais parce que c’était trop tranche-de-vie. Nous avons aussi la rencontre d’Asa et les quelques amis de sa tante qui sont sympathiques pour mieux cerner Makio. Les dialogues entres les deux femmes sont bons, mais manque un peu de fluidité. Mais dans l’ensemble, Pascale Simon (Black Butler, Kowloon Generic Romance, Deadman Wonderland) s’en sort bien, mais il manque quelque chose qui rendrait le texte plus naturel. Le trait de la mangaka est très fin et très épuré. Le dessin ne s’encombre pas de détails qui pourraient venir alourdir le ressenti. C’est aéré, peut-être un peu trop, mais cela colle très bien avec le scénario. Il y a vrai ressenti de calme et de simplicité, malgré les thèmes abordés. En conclusion, Entre les lignes est un titre qui parle d’une relation familiale devant trouver son rythme avec deux personnages abandonné par la vie, chacune à leur manière. C’est surtout intéressant pour le traitement psychologique, ou l’approche du deuil faite par Tomoko YAMASHITA. Une histoire très calme dans son écriture propre à la tranche de vie, mais peut-être trop calme par moments pour moi.

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