Critique manga #405 – Butterfly Beast tome 1 et 2, Keiji tome 1, Soten no Ken tome 1

Plusieurs points communs relient ces trois séries des éditions Mangetsu. Nous avons l’ambiance sombre, mélancolique et qui semble venir d’un autre temps. Nous avons le personnage principal, qui femme ou homme, ne nous laisse pas indifférent. Charisme, est le point-clé de chacun d’eux. Nous avons aussi des thèmes comme les shinobis, samouraïs, corruption et autres joyeusetés. Et enfin, le trait de deux mangakas de divers horizons qui en un seul trait nous subjugue.

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Merci à l’équipe des éditions Mangetsu et Bragelonne pour la confiance et ces lectures


Manga - Manhwa - Butterfly Beast Vol.1

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Yuka NAGATE est une mangaka que l’on connaît en France pour le spin-off d’Hokuto no Ken intitulé La Légende de Toki (Kazé Manga), Silencer (uniquement en tant que dessinatrice) et GIFT +/-, deux titres aux éditions Komikku. Butterfly Beast (Shôjû Gitan en VO) est paru en 2010 au Japon dans le magazine Comimc Ran de l’éditeur Leed (La Lanterne de Nyx, Colorless, Kamuya Ride). Une suite sobrement intitulée Butterfly Beast II en 5 tomes est parue en 2011, et se voit également traduite aux éditions Mangetsu. L’histoire prend place au début de l’ère Edo, au Japon de l’an 1635. Les shinobis sont des guerriers déchus qui n’ont plus leur place dans la société dirigée par les Tokugawa. Certains résistent encore et prennent le chemin des hors la loi pour survivre. Ochô, une kunoichi, possède deux facettes. Celle d’une courtisane dans le quartier des plaisirs le jour, et une mercenaire chargée de punir ses anciens comparses qui n’ont pas choisi la voie de la résilience. Ce qui frappe de suite quand on ouvre le manga, c’est le dessin. Le trait de NAGATE est toujours aussi sublime, poétique dans son tracé et tranchant dans ses expressions. Ochô est une femme fatale dont l’assurance et la mélancolie se ressentent dans chaque case. Elle dégage une telle élégance que la lecture est un savant mélange entre grâce et violence.

Butterfly beast tome 1 - BDfugue.com
© 2010 Nagate Yuka, Leed

Les coups sont assurés et sans retenue malgré, parfois, la fatigue de son héroïne. Car oui, sur ces deux tomes nous sentons que Ochô n’est pas qu’une simple exécutrice. La mangaka lui donne énormément de vie de ses dialogues, mais surtout, dans ses silences. Chaque chapitre représente une mission différente, dont le seul fil rouge se trouve être les personnages et la déchéance des shinobis. Chaque action apporte quelque chose au récit. Il y a une véritable introspection de la part de son héroïne. Le lecteur ne peut s’empêcher au fil des pages de s’attacher à Ochô et de ressentir de l’empathie. La narration est fluide et efficace. Au niveau du travail d’édition l’équipe de Mangetsu propose un objet dans la lignée de ses autres publications. C’est très correct. En conclusion, une première plongée en deux tomes dans un récit où son personnage féminin principal fait toute la différence. Plusieurs émotions se confondent. Entre tristesse, désespoir, humanisme, finesse et bien plus, Butterfly Beast est une lecture passionnante. Vivement la saison 2 !

Manga - Manhwa - Keiji Vol.1

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Tetsuo HARA, est un mangaka qui ne devrait même plus être présenté tant il a apporté à l’univers du manga. S’il n’est pas un Junji ITO, ou encore un Osamu TEZUKA, on ne peut pas nier que le papa de Hokuto no Ken ait un talent sans limite. C’est dans les années 80, que l’auteur s’illustre chez Shueisha avec son titre phare. En France, ce sont les éditions Kazé qui ont nous l’on fait découvrir. D’autres spin-off de Hokuto no Ken suivront, dont Ken, Fist of the Blue Sky publié une première fois par Panini. Il aura fallu attendre plus de 10 ans pour voir une réédition du titre revenir sur le marché grâce aux éditions Mangetsu. Keiji fait également partie du lot de l’éditeur français, après une première publication en 2007 (Casterman). L’histoire se passe en 1582, dans un Japon divisé et bancale. Le seigneur Nobunaga n’est plus, plongeant le pays dans une guerre civile. En dehors des seigneurs et samouraïs, il existe des combattants que l’on nomme Kabuki-mono, qui ne reculent devant aucune bataille. L’un d’eux se prénomme Keiji Maeda. Bon, le récit s’inscrit dans un registre historique que les lecteurs du genre adoreront sans problème. Mais la série peut aussi être découverte par un nouveau venu. Dans le même style on pourrait prendre le manga fleuve Kingdom, dont la publication française était devenue inespérée jusqu’à son annonce en 2018 par les éditions Meian. Et ce ne serait pas mentir de dire que des titres comme Hokuto no Ken et Keiji ont inspiré des histoires comme celles de Kenshin le Vagabond, Angolmois, etc.

Keiji - Tome 1 - Keiji - Tetsuo Hara, Keiichiro Ryu, Mio Aso - broché,  Livre tous les livres à la Fnac
© 1990 Ryu Keiichiro / Hara Tetsuo (mangaka), Shueisha

Le scénario imaginé par Tetsuo HARA est d’une poignante intelligence. Son personnage de fiction, Keiji, possède une aura remarquable et marquante. Il est un peu le savant mélange de plusieurs figures historiques que l’on aurait pris le temps de tailler jusqu’à la perfection. Le charisme qu’il dégage dès les premières pages est frappant. Son auteur prendre le temps de le présenter de manière feuilletonnante, sans pour autant être répétitif ou trop informatif. La fin de ce premier tome laisse entrevoir une suite réjouissante et, certainement, pleine de surprises. Le trait de Tetsuo HARA est puissant et reconnaissable entre mille. C’est subtil, violent et poétique dans sa manière d’illustrer l’ensemble. En conclusion, ce premier tome est une véritable découverte qui saura retenir l’attention du nouveau venu, et qui fera retomber en amour les lecteurs de la première édition.

Manga - Sôten no Ken - Ken, Fist of the blue sky

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On continue avec un autre titre de Tetsuo HARA, Soten no Ken, qui n’est autre que le prequel de Hokuto No Ken. Après cette première série de 27 tomes dont la parution a débuté en 1984, le mangaka revient en 2001 avec Soten no Ken ou Ken, Fist of the Blue Sky. En France, une première édition a été commercialisée par Panini Manga dès 2004, en 22 tomes. Cette réédition proposée par Mangetsu totalisera le même nombre de volumes, avec des couvertures retravaillées pour l’occasion. D’ailleurs, c’est du très bon travail de la part des équipes puisque le tout est plus épuré et moderne. Dans ce prequel nous ne suivons pas le Ken de Hokuto no Ken, mais le Ken, 62ème héritier du nom. On se situe deux générations (d’après mes recherches) avant celui que les lecteurs de la première série connaissent. Ce prequel est un bon point d’entrée pour ceux qui souhaiteraient se familiariser avec l’univers, tout en étant un bon complément pour les connaisseurs. Nous nous trouvons dans un Japon des années 30, plus précisément à Shanghai. La ville est entre les mains des corrompus qui s’affrontent pour prendre la main sur le plus de territoires possible. Sur fond de trafic de drogue et autres folies mafieuses, nous faisons la connaissance de Ken va venir faire basculer les choses. Ce premier tome est bon, sans pour autant révéler tout le potentiel de la série. En tout cas, c’est ainsi que je l’ai ressenti à la lecture. Le scénario est bien mis en place par son auteur, le personnage est charismatique. Nous avons aussi une ambiance sombre qui sied à merveille à Ken. Le rythme est bon, et on passe une belle lecture. Le trait de Tetsuo HARA est, encore une fois, unique et magnifique. C’est un style de dessin assez intemporel que n’importe quel lecteur peut apprécier. On prend le temps de regarder les cases, les expressions et l’action. En conclusion, un premier tome correct. Nul doute que la suite fera monter la sauce, et je me réjoui de la lire.

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