Critique manga #407 – PLUTO tome 1, 2 et 3

Naoki URASAWA vous connaissez ? Si vous êtes un lecteur de mangas assidu et curieux, vous avez déjà dû en entendre parler. Il s’agit du papa de Monster, polar qui aura révolutionné pas mal le genre lors de sa sortie. Depuis, URASAWA ne cesse de nous épater. Pluto est l’une de ses séries les plus courtes- 8 tomes – et rien que ses trois premiers tomes nous emmènent loin, très loin.

DISPONIBLE AUX ÉDITIONS KANA DANS LA COLLECTION BIG KANA AUX PRIX DE 7.45€ || ÉGALEMENT DISPONIBLE AU FORMAT NUMÉRIQUE

Merci aux éditions Kana et à Anne Catherine de Dargaud Suisse pour leur confiance et patience


Naoki URASAWA est l’un des mangakas les plus populaires depuis qu’il s’est lancé professionnellement dans la création en 1982. Les lecteurs du monde entier lui doivent des récits tels que Monster, 20th Century Boys, Master Keaton ou plus récemment Asadora. Pluto est une œuvre qui découle directement de Astro Boy créé par Osamu TEZUKA. C’est la maison d’édition Shogakukan qui propose à URASAWA le concept. Fort de sa vision moderne, sombre et entraînante depuis Monster, le mangaka va donc donner naissance à cette histoire qui prend place en Europe. De mystérieux meurtres de robots et d’humains interpellent les autorités dont Interpol et plus particulièrement l’inspecteur Gesicht, qui n’est autre qu’un robot. C’est le début d’un enquête polar / thriller de haute qualité !

Pluto est tout simplement le nom de celui qui assassine ces robots et hommes. URASAWA explore de nombreux thèmes dans cette histoire. De l’avancée robotique qui les place au même rang qu’un être humain, les droits auxquels ils ont le droit, leur intégration et utilité dans la société. C’est une vision futuriste de ce que pourrait devenir notre monde à nous si le progrès continue à perfectionner leur création robotique et compagnie. C’est intéressant et nous fait réfléchir. On peut aussi y voir un certain parallèle qui placerait les robots en tant qu’étrangers. Si on décide de mettre cette visière, la lecture de Pluto s’avère encore plus riche et profonde. Car les récits de URASAWA on toujours été profondément humanistes. Monster l’était déjà, mais avec Pluto le mangaka franchit un cap en terme de construction narrative structurée. Il y a une vraie question du bien et du mal. Est-ce que seul l’humain peut faire le mal autour de lui ? Les robots peuvent être corrompus ? Est-ce que nous ne sommes pas finalement comme les machines que l’on crée ? Si on enlève toutes les notions de bien et de mal, les sentiments et émotions, nous ne sommes réellement que des robots, non ? En tout cas cela mérite réflexion, et URASAWA l’a bien compris. Il y a aussi une utilisation bien frappante concernant l’utilisation de la géopolitique. Ici, les pays d’Europe semblent ne plus faire qu’un, ainsi que quelques autres pays des continents voisins. Il a bien entendu une super puissance qui domine les autres. En fait, le mangaka se sert de notre Histoire passée pour imaginer un futur, et qui étrangement semble bien réaliste sur de nombreux points. La science-fiction sert de vecteur à de nombreuses explorations que le mangaka mène avec un œil bien avisé. Si vous avez lu Monster, vous y trouverez des points communs. Selon moi Pluto est une simple continuation des idées de URASAWA porté par la force du matériel de base de TEZUKA. Je trouve même que Pluto est beaucoup plus grand au niveau de sa force scénaristique que ne l’était Monster, en très grande partie grâce aux thèmes qui le forme. Le lieutenant Gesicht est dans la lignée des héros précédents du mangaka. Ils sont toujours simples mais très complexes dans leur psychologie. Les différentes nuances qui les habitent reflètent bien ce que nous sommes en tant qu’individu. Je pourrais parler du lien avec Astro Boy, mais je ne veux pas vous gâcher sa découverte dès la fin du premier tome. C’est génial ! Le rythme est bon, et comme à son habitude certains éléments mis en placent (semblant anodins) auront de l’importance par la suite. À souligner qu’il a pu compter sur l’assistance de son responsable éditorial Takashi NAGASAKI pour l’aider au scénario.

Le trait du mangaka est fidèle à ses récits passés et actuels. Il possède un style que l’on reconnaît au premier coup d’oeil. De plus, malgré les années qui passent, son trait et sa mise en action restent intemporels. Le mangaka possède un don pour transmettre de l’émotion au lecteur à travers le regard de ses personnages. C’est brillant. Côté édition, Kana a fait du bon travail avec une traduction signée Thibaud Desbief, un habitué de l’auteur. On peut citer ses autres traductions tels que Dead Dead Demon’s DeDeDeDe Destruction,  Sky High Survival, Après la pluie, Hell’s Paradise, Platinum End ou encore Errance.

En conclusion, ces trois premiers tomes de Pluto ont été un vrai coup de cœur. Le talent de Naoki URASAWA n’est plus à confirmer. Il reste un maître étalon dans l’univers du manga faisant honneur à Osamu TEZUKA. Une lecture pleine d’émotion et qui m’a énormément touchée. À lire d’urgence !

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