Critique manga #410 – Four Knights of the Apocalypse tome 1 et 2, NeuN tome 1 et 2

En ce lundi, je vous invites à découvrir le nouveau titre du papa de Seven Deadly Sins qui se lance dans une récriture de la légende de Kamelot et du Roi Arthur avec Four Knights of the Apocalypse. Un récit qui s’annonce aussi explorateur que le précédent. Puis, on change radicalement d’ambiance, même si l’on reste dans une récriture de l’Histoire, avec NeuN. Et si Hitler avait eu des enfants ? Et si un jour ce même père décidait de les exterminer ? Deux histoires palpitantes.

Je remercie l’équipe Pika pour l’envoi des tomes 1 et 2 de Four Knights of the Apocalypse


DISPONIBLE AUX ÉDITIONS PIKA DANS LA COLLECTION SHONEN AU PRIX DE 6.95 € || ÉGALEMENT DISPONIBLE AU FORMAT NUMÉRIQUE || LIRE LE CHAPITRE UN LÉGALEMENT ET GRATUITEMENT ICI || VOIR LA BANDE ANNONCE ICI

Four Knights of the Apocalypse est un Shonen manga d’aventure écrit et dessiné par Nakaba SUZUKI, le papa de Seven Deadly Sins récemment terminé en 41 tomes. On peut aussi citer une de ces œuvres plus anciennes, Blizzard Axel paru en 6 tomes aux éditions Nobi Nobi. Comme pour la série qui l’a fait connaître, ce nouveau récit est disponible aux éditions Pika. L’histoire se déroule dans le même univers que Seven Deadly Sins, sans que l’on sache si les précédents héros seront de la partie. La temporalité place le récit 16 ans après la fin des aventures de Meliodas. Quoi qu’il en soit, ici, nous suivons un nouveau jeune héros répondant au prénom de Percival. Référence à Perceval, chevalier de La Table Ronde au temps du Roi Arthur. Vivant avec son grand-père, le jeune adolescent coule des jours heureux, mais dont la tranquillité va voler en éclat lors de son seizième anniversaire. Un chevalier de Camelot les attaques afin d’éliminer les membres des Four Knights of the Apocalypse, un groupe de quatre cavaliers qui, d’après la prophétie, renversera le Roi Arthur… Suite à cet affrontement, Percival, laissé pour mort décide de partir en quête de vengeance. Pour ceux qui se demande s’il est nécessaire d’avoir lu Seven Deadly Sins, ce n’est pas le cas. Cette série est facile d’accès malgré quelques allusions à des personnages. Les codes du Shonen nekketsu déjà vus dans SDS, sont également dans Four Knights of the Apocalypse. La lecture se veut plaisante malgré son côté classique. Le mangaka sait comment écrire un personnage principal au grand cœur, aventureux et déterminé à mener sa quête jusqu’à la fin. Sur sa route il rencontre de futurs compagnons de route, ainsi que des adversaires. Le fait de reprendre des choses qui ont marché par le passé n’est pas du tout une mauvaise chose. Si vous êtes friand de ce genre ou nouveau lecteur, vous vous laisserez prendre au jeu de l’aventure.

© Nakaba Suzuki / Kodansha Ltd.

Avec ces deux premiers tomes, le récit nous montre qu’il possède du potentiel. L’ambition de l’auteur d’agrandir son univers est tout à son honneur, puisque l’on sait qu’il sait y faire. Visuellement, Nakaba SUZUKI n’a plus besoin de prouver qu’il possède un trait sublime. C’est détaillé sans trop rentrer dans les détails qui pourraient surcharger les planches. Le style est immédiatement reconnaissable. L’action est dynamique, et les personnages sont pleins d’enthousiasme. Les décors sont toujours aussi fabuleux et importants à l’ambiance. Les panoramas sont emplis de rêves, de douceur et de force. Niveau édition, il n’y a rien à redire sur le travail de Pika et sur la traduction faite par Fédoua Lamodière (L’Atelier des Sorciers, Reine d’Egypte, L’Attaque des Titans, Ranma 1/2). Chacun sait ce qu’il fait, et le fait bien, et même plus ! En conclusion, cette relecture de la légende arthurienne commence avec caractère et nous promet de très beaux moments. Percival est un héros qui rappelle forcément Meliodas, mais qui peut rapidement se démarquer de ce dernier. Les différentes interactions entre les personnages sont bonnes, et on attend de voir ce que leur aventure peut donner. Une lecture pour les fans de la première heure, oui, mais aussi pour les petits nouveaux.

DISPONIBLE AUX ÉDITIONS PIKA DANS LA COLLECTION SEINEN AU PRIX DE 7.95 € || ÉGALEMENT DISPONIBLE AU FORMAT NUMÉRIQUE || LIRE UN EXTRAIT ICI

Tsutomu TAKAHASHI est un mangaka en activité depuis 1987, l’année où il est repéré par Kodansha. Pendant deux ans il est l’assistant de Kaiji KAWAGUCHI, que l’on connaît pour le manga Zipang (Édition Kana). Sa première série en solo Jiraishin est éditée en 1989. Rapidement sont talent de dessinateur et sa technique de travail, ainsi que ses scénarios le font devenir l’un des mangakas les plus connus. De nombreuses œuvres ont été éditées au fil des années en France, avec Alive, Sky High, Blue Heaven et Soul Keeper, Sidooh (récemment relancée) aux éditions Panini. Bakuon Rettô aux éditions Kana, Détonations dans la collection Pika Graphic des éditions Pika, Black-Box et NeuN chez ce même éditeur. Le scénario imaginé pour NeuN est assez particulier puisque l’on est propulsé dans un passé de notre Histoire mélangé à du fantastique. Allemagne, 1940, le régime nazi du Troisième Reich est à son apogée. Heinrich Himmler, bien connu de nos livres d’histoire, ordonne l’exécution de plusieurs personnes en même temps. Leur particularité réside dans le fait qu’ils sont les 13 enfants de Adolf Hitler. En effet, l’ADN de ce dernier a été prélevé pour donner naissance à des enfants par insémination artificielle. Le but étant d’assurer la pérennité du Troisième Reich et ce qu’il représente. Éparpillé à travers le pays, chacun d’eux a été confié à une famille avec un Wand (un garde du corps). Neun (chiffre neuf en allemand) fait partie de ces enfants, et va rapidement devoir faire face à ses origines tout en tentant de rester en vie grâce à son garde du corps. Un récit qui bouscule un peu, puisqu’il est toujours difficile de construire une histoire autour d’un personnage comme Hitler. Ici, le mangaka arrive à mettre Adolf au second voir troisième plan pour se concentrer sur les personnages annexes que l’on connaît. Et finalement, les plus importants sont ces différents enfants qui sont poussés vers une direction ou une autre. Par exemple, Sechs (Six) est un enfant mystérieux mais qui a l’air d’être aussi machiavélique et dérangeant que son paternel. En tout cas, l’ombre qui l’entoure n’est pas rassurante.

© 2017 Takahashi Tsutomu, Kodansha

La curiosité du lecteur est aiguisée à chaque page. Chacun des chapitre de ces deux premiers tomes sont une véritable mine d’or en terme d’écriture et de mise en page. Le cas de Neun est un cas qui marque puisque l’on ne peut que ressentir de l’empathie et de la tristesse envers cet enfant qui est prisonnier de ses origines, de son ADN, et donc de l’aura de ce père qu’il ne connaît pas. Comme quoi porter un nom peut nous affubler de tout les maux de la Terre aux yeux de certains. De véritables questions sont posées dans ce titre, et le lectorat prendra plaisir à réfléchir avec sérieux tout en ayant le droit à un vrai récit d’action et d’humanisme. C’est politique et historique, mais on est surtout dans la détresse humaine. Les gardes du corps que l’on rencontre jouent un rôle important puisque ce sont eux qui vont aussi déterminer la survie ou non des enfants. Celui de Neun est complexe. Il a beau être un SS, il ne reculera devant rien pour accomplir sa mission de protection du petit Neun, pas même celle d’éliminer ceux de son bord. Comme dit juste avant, la mise en page est nette, précise et il y a un respect de cette aura obscure qui entoure le titre. On perçoit tout de suite la nuance entre le blanc immaculé des landes autour et la crasse des bas fonds de la ville. Le trait est fin mais renforcé dans son exécution. Le design des personnages est magnifique. De par son style, TAKAHASHI nous délivre presque un poème rappelant la douleur d’une vie passée mélanger à celui d’un espoir presque à bout de souffle. Le travail d’édition de l’équipe de Pika est plus que correcte, et la traduction de Sylvain Chollet (L’Attaque des Titans, Blue Exorcist, Space Brothers, The Promised Neverland, Fire Punch, Kaiju n8) est lisible et respectueuse de l’œuvre. En conclusion, après la lecture de ces deux premiers tomes je peux vous dire que NeuN s’inscrit dans mon top mangas tous genres confondus à ce jour. Il sera impossible de le voir descendre dans mon estime, même dans dix ans. Tsutomu TAKAHASHI nous livre un véritable exemple en matière de narration, respect de rythme, émotions et mise en page. À découvrir sans tarder !

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