Critique #063 – Moi, Simon, 16 ans, homo sapiens de Becky Albertalli

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Ce 19 octobre est la journée contre le harcèlement scolaire notamment envers la jeune communauté LGBTQ. Elle est baptisée le #SpiritDay et invite les gens à porter du violet pour montrer leur engagement et tolérance. À cette occasion, j’ai voulu vous proposer une lecture revenant sur le « bullying » sans pour autant tomber dans quelque chose de très lourd à lire. 

 

Acheter Moi, Simon, 16 ans, homo sapiens sur le site des éditions Hachette ou sur Amazon.

 

Merci à la traductrice du roman, Mathilde Tamae-Bouhon, pour cette lecture humaine et simple


Becky Albertalli est une psychologue américaine, née dans la banlieue d’Atlanta. Elle écrit depuis son enfance, où ses animaux de compagnies étaient souvent les héros de ses histoires. Elle a fait des études de psychologie dans une université du Connecticut, et a passé un an en Écosse à l’université de Saint Andrews. Elle vit actuellement à Washington avec son mari. Son premier roman Moi, Simon, 16 ans, homo sapiens (Simon vs. The Homo Sapiens Agenda) paraît en 2015, puis Mes hauts, mes bas & me coups de cœur en série (The Upside of Unrequited). Ce dernier est disponible depuis septembre dernier en français aux éditions Hachette.

Pour information Moi, Simon, 16 ans, homo sapiens va faire l’objet d’une adaptation cinématographique par le réalisateur Greg Berlanti (Arrow, The Flash, Supergirl, Legends of Tomorrow) avec Nick Robinson (Everything, Everything) dans le rôle de Simon. Sortie prévue en salles en juin 2018.

 

L’histoire que l’auteure nous narre ici est celle de Simon Spier, 16 ans, et gay. Autour de lui personne n’est au courant, et les seuls moments où il est vraiment lui-même, c’est loin de tout le monde derrière un écran d’ordinateur. C’est sur un chat qu’il va faire la connaisse de Blue, dont il ne sait pas grande chose à part le fait qu’ils sont tous les deux dans le même lycée. Alors que Simon commence à être très attaché à Blue, il va oublier de refermer sa session sur l’ordinateur du lycée. Résultat ? Martin, un de ses camarades de classe, sait désormais que Simon est gay. Simon va alors se retrouver en plein chantage…

Ce bouquin je l’ai eu des mains d’une amie, traductrice de livres et dans ce cas précis de ce titre. C’est donc avec joie qu’elle me l’a envoyé, et c’est avec plaisir que je l’ai lu. Je dois vous dire que ce roman se lit très vite, non pas parce qu’il est simpliste et sans saveur, mais parce qu’on rentre très vite dans l’histoire ce qu’il est difficile de s’en détacher. Si dans le résumé on apprend que le héros, Simon, va être victime de chantage, dans le récit cette partie est peu présente. Ce qui n’est pas un mal en soi, puisque le personnage de Simon va au fil de ses échanges avec Blue se poser des questions sur l’importance de faire son coming out, alors que les hétérosexuels n’ont pas à dire au monde entier qu’ils sont…hétéro. J’ai trouvé ce parallèle assez révélateur de la société dans laquelle nous vivons.

Le point de vue ici est celui de Simon qui ment chaque jour qui passe à ses amis sur qui il est vraiment, alors qu’il voudrait pouvoir se confier et se révéler. Entre silence et non-dit, Simon est un adolescent plutôt banal puisqu’il n’est ni populaire ni impopulaire. Il a des amis, des parents, deux sœurs, un chien, bref… un garçon comme on peut en croiser tous les jours. Cette présentation du personnage fait que l’on peut facilement s’identifier à lui ou s’attacher.

Les protagonistes sont assez nombreux je dois dire, et leur présence apporte du rythme et des éléments non négligeable au récit. Pourtant, j’aurais aimé que certains soient plus présents que d’autres, même si je ne dirais pas de nom pour ne rien gâcher de votre (probable) lecture. Si on a un peu peur en commençant la lecture de découvrir des personnages caricaturaux, en fait, il n’est est rien. Simon est intelligent, adorable, parfois maladroit et réfléchi qui n’hésite pas à se remettre en questions si besoin. Mais même si Simon possède de grandes qualités, je dois avouer avoir été plus séduite par Blue. Dans ses échanges avec Simon par e-mail, il a une façon chaleureuse et bienveillante de parler avec Simon qui m’ont beaucoup plu. On a bien évidement Martin, le maître chanteur, dont le rôle sera plus celui du corbeau que du renard. La meilleure ami de Simon, Leah, est parfois un peu casse bonbon il faut le reconnaître. Nous avons aussi Abby, Nick, Garreth, etc, qui sont plutôt cool.

Tu ne trouves pas que tout le monde devrait en passer par le coming-out ? Pourquoi l’hétérosexualité serait-elle la norme ? Chacun devrait déclarer son orientation, quelle qu’elle soit, et ça devrait être aussi gênant pour tout le monde, hétéros, gays, bisexuels ou autres. Je dis ça je dis rien.

La dynamique du récit se construit sur deux modèles. Le premier est celui du point de vue narratif de Simon, et le second à travers les échanges d’e-mails entre Blue et notre héros. Ainsi on peut assister à la naissance de leur relation et son évolution. Chacun apprend à faire confiance à l’autre tout en essayant d’être de bon conseil. Si dans l’ensemble du récit les évènements sont plutôt positifs, il y a aussi des moments de déconvenue. J’ai apprécié le fait que cette histoire présente aussi le fait que de faire son coming out n’a pas toujours pour résultat une réaction négative de la part des proches et des amis. Dans la vie, rien n’est tout rose ni tout gris, il y a d’autres couleurs et encore plus de nuances.

Voici les livres traduits par Mathilde Tamae-Bouhou si cela vous intéresse 

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Le style de Becky Albertalli est fluide, agréable et simple sans tomber dans la facilité. L’auteure propose une version différente de faire son coming out, et j’ai trouvé cette approche très belle et réussie. Certains passages sont si touchants et bien pensés que je n’ai pu m’empêcher d’en être impressionnée. Cette lecture Young Adult  évoque plusieurs thèmes autres que celui de l’homosexualité. On a par exemple, le harcèlement (bullying), l’amitié, l’acceptation de soi, le droit de faire ses propres choix,…). L’humour est aussi très présent via les nombreuses réparti et réflexions de Simon, qui n’en perd pas pour autant cette maturité naissance qui lui sied si bien. La traduction de Mathilde Tamae-Bouhon est réussie, perspicace et semble fidèle à ce que Albertalli a voulu transmettre.

En conclusion, Simon, 16 ans, homo sapiens est un roman au message fort et positif, que l’on devrait lire que l’on soit adolescent ou adulte. Il apprend la tolérance, l’amour et s’encre parfaitement dans notre réalité grâce au personnage de Simon. Une lecture destiné à offrir du sourire et une leçon d’ouverture d’esprits aux homos sapiens que nous sommes.  

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