Critique #129 – Snowblind de Christopher Golden

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Petite ville ou grande ville, quand mère nature décide de nous donner une leçon et reprendre ses droits, il vaut mieux laisser faire. Dans Snowblind les tempêtes et la neige tombent jusqu’à ce que les pertes humaines deviennent inévitables. Mais l’aura de paranormal qui rôde au dessus de nos têtes s’apprête à frapper un grand coup. Douze ans après une première tragédie, les survivants ne peuvent-ils pas avoir enfin une vie normale ? 
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Également disponible en numérique

 


Christopher Golden est un écrivain américain né en 1967. Au cours de sa carrière ce natif du Massachusetts a écrit des romans, des comics (Baltimore avec Mike Mignola), des jeux vidéo, et coécrit la série animée Ghost of Albion avec Amber Benson (Tara dans Buffy the Vampire Slayer). En parlant de cette franchise, on lui doit quelques plusieurs romans autour de Buffy dont la plupart on été édités en France à partir de 1999 . Pour ceux que ça intéresse les éditions Milady ont publié 5 intégrales reprenant quelques romans de chez Fleuve Noir. On peut citer ses récits coécrits avec Tim Lebbon sur Les Voyages de Jack London, Les Ombres de l’Empire de Star Wars, du Aliens, Peter Octavian, Hellboy : L’Armée Maudite, etc). Snowblind est paru en 2014, et est disponible aux éditions Bragelonne dans la collection Terreur. Actuellement, Golden planche sur le scénario du reboot de Hellboy au cinéma avec Neil Marshall et Mike Mignola, prévu pour 2019.

Coventry, Nouvelle-Angleterre. Un petit village habitué à voir les tempêtes défiler, mais pas une comme celle qui s’abatis sur eux.  La glace se forma, la neige tomba sans cesse, le vent souffla en engloutissant des dizaines de personnes sur son passage que les familles ne revirent jamais. Douze ans après, alors que la vis a repris son cours à Coventry, des événements étranges se produisent à la chaîne avec le retour des disparus de cette terrible nuit… et une nouvelle tempête s’annonce, plus glaçante et imprévisible que la précédente.

L’histoire se déroule en deux parties. La première se passe lors du premier blizzard meurtrier qui laissa les survivants dans l’angoisse permanente de voir un nouvel épisode se reproduire. Plusieurs personnages nous sont alors présentés.  Très vite on sent que ce blizzard qui frappe la petite ville est englobé par une aura surnaturelle et mystérieuse. Les pages se tournent facilement et on rentre très vite dans l’histoire. L’auteur joue beaucoup sur l’atmosphère climatique de l’histoire dont le moindre mouvement dans les branchages ou souffle de vent peut donner cette impression que la personne n’est jamais seule. Douze victimes (femmes, hommes, enfants) et autant de familles brisées en une seule nuit. La seconde partie prend place douze ans plus tard, la cicatrice est toujours là dans le cœur des habitants de la ville où la vie a dû reprendre son cours. L’angoisse et le deuil, eux, sont toujours là. Les regrets d’un mari qui a perdu sa femme parce qu’il avait trop bu pour rentrer ce soir là, et bien d’autres exemples. La principale qualité du récit est son ambiance sombre que Christopher Golden arrive très bien à retranscrire. Malgré le fait que le livre est catalogué comme “horrifique” ou “terreur”, je n’ai pas vraiment frémi.

« Alors qu’elle atteignait les marches, Brady se mit à gémir et à trembler, et enfin à gronder. Cherie regarda atour d’elle. Elle se demanda s’il avait lui aussi perçu le chuchotement. Profitant de son inattention, le chien se tortilla entre ses bras et la mordit brutalement à la main, ses dents lui écorchant la peau avant de s’enfoncer dans la chair. Poussant un cri de douleur, elle lâcha Brady qui tomba dans la neige, trébucha et se rétablit, puis déguerpit dans la tempête tellement vite qu’il aurait très bien pu se volatiliser. « 

George R.R. Martin (Games of Thrones) annonçait pourtant quelque chose d’alléchant : “La terreur revient en force, et c’est en grande parti grâce à des écrivains comme Christopher Golden”. Étant une habituée des thrillers et autres romans de ce genre,je n’ai pas été spécialement surprise, mais je pense que cela déprendra du niveau de sensibilité de chacun à ce qui touche au thriller horrifique. Par contre, il y a bien un point sur lequel je suis d’accord avec Martin, c’est le fait que Golden s’en sort très bien. Son style d’écriture est vraiment accrocheuse, et nous permet de bien rentrer dans le récit. La psychologie des personnages est aussi un point bien maîtrisé par l’auteur, puisque l’on peut s’identifier à certains d’entre eux, et s’y attacher. On les suit avec plaisir et on se demande comment cela va finir pour eux. Comme dit plus haut, l’ambiance presque surnaturelle finit par prendre forme pour de vrai, et nous entraîne dans un récit poltergeist pouvant rappeler par moment ces films d’horreur que l’on regardait autrefois en se demandant si l’un d’entre eux n’allait pas sortir de l’écran pour nous attaquer. De là, le comportement des habitants commence à devenir étrange et suspect. Si la première partie de l’histoire faisait office de présentation et de mise en bouche, la seconde nous plonge plus profondément dans l’intrigue. Les questions se posent les réponses arrivent doucement, l’ambiance est pesante et très vivante dans notre esprit à la lecture.

Ce qui est malin de la part de l’auteur est d’avoir réellement pris le temps de nous montrer la vie “après” la tragédie pour chacun de ses personnages. Certains diront que c’est lent, mais j’y ai plus vu comme une parenthèse sur la vie après une tragédie, le deuil, et pour l’avoir vécu il est difficile parfois de savoir  si ce que l’on a vécu a vraiment eu lui ou si ce n’était pas un cauchemar. Les passages décrivant les tempêtes de neige sont vraiment détaillés, imagés et construis de telle manière à ce que l’on ait cette sensation d’être nous aussi à Coventry.

En conclusion, Snowblind est une lecture soufflant le froid de par les descriptions superbes des tempêtes de neige à qui Christopher Golden donne vie. L’ambiance est lourde et angoissante, même si j’aurais préféré à peu plus de scènes de terreur. Néanmoins, la qualité narrative et la construction du scénario contribuent à un bon moment de lecture, où la fin pourra vous surprendre.

15 sur 20

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