Critique manga #196 – Dark King of Kings tome 1, Signal 100 tome 1, Iron Hammer Against The Witch tome 1

Copie de titre manga

Aujourd’hui je vous propose de découvrir le tome 1 de trois nouvelles séries parues aux éditions Delcourt-Tonkam. La première, Dark King of Kings se passe dans un univers obscur de fantasy avec une fraîcheur historique bienvenue. La seconde est le survival game Signal 100 très ingénieux dans son exécution et la tension qu’il dégage. Et pour terminer, Iron Hammer Against The Witch qui ne m’as pas totalement convaincue malgré le thème de la chasse aux sorcières.

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Dark King of Kings est un seinen manga de Miyuki ARAMAKI pré-publié dans les pages du Sunday GX Comics des éditions Shogakukan depuis 2015. Alors que la série ne compte que deux tomes (sur les trois de prévus) en cours au Japon, c’est en cette fin d’année 2018 que les éditions Delcourt-Tonkam ont décidé de nous inviter à découvrir cette épopée historique aux grandes touches de surnaturel. L’histoire se déroule au XIIIème siècle en Europe de l’Est. Le petit royaume de Lublin sombre dans les ténèbres suite à l’attaque du Grand-duché de Russie. Après la mort de ses parents, l’héritier au trône Stéphane est recueilli par Krafto, le frère de la reine. Douze ans plus tard, Stéphane est à présent un jeune homme que le temps à façonner avec force et cœur. Quand une nouvelle attaque Russe intervient à la frontière, Stéphane est mis à la tête d’une petite troupe. En s’aventurant dans les forêts, le lecteur va très vite s’apercevoir que Stéphane est bien plus qu’un futur roi, et que quelque chose de plus noir en lui ne demande qu’à se réveiller… Les récits “sombres” et de “fantasy” sont de plus en plus présents sur les étagères, alors je dois dire que je n’en attendais pas grande chose. Eh bien, sachez que j’ai vraiment adoré ce premier tome. Je suis même très contente d’avoir pu découvrir cette nouvelle série, et que je pense bien la suivre (même si l’attente jusqu’à mars 2019 va être longue…). Le personnage de Stéphane semble un peu simplet au début, mais au final il se révèle intelligent et stratège dans ses déductions sur le terrain.

2016 Miyuki ARAMAKI all rights reserved

C’est en exposant sur papier ses idées qu’il ait fait chevalier. Si nous ne savons pas d’où lui vient son côté sombre (non je ne vous dirais pas de quoi il retourne), notre curiosité est piqué à vif. ARAMAKI arrive à en faire un personnage attachant mais aussi dangereux tant le mystère entourant ses origines est présent. On découvre aussi “sa sœur” Elsa avec qui il forme un gentil duo plein d’alchimie. Si elle est cantonnée à rester au Royaume, on sent qu’elle pourrait jouer un rôle plus important puis qu’elle est très forte au combat. Espérons que la suite nous en montre plus sur elle. Le côté historique et géopolitique est important sans être barbant. Le mangaka arrive à trouver un juste milieu entre les deux pour donner une lecture plus qu’entraînante. L’univers posé ici est approfondi, ainsi que les personnages qui mènent la barque. Le dessin de Miyuzuki ARAMAKI est vraiment bon. Les corps sont dessinés de façon réaliste rendant le tout plus crédible. Les visages sont un peu ronds mais avec du charme. Le trait du mangaka accentue bien l’ambiance mystérieuse du récit. La narration est dynamique avec des moments de calme également. Le travail d’édition des équipe de Delcourt-Tonkam est sans défaut, avec une bonne traduction de Vincent Zouzoulkovsky. En conclusion, un seinen surprenant où les petits rebondissement promettent une suite très intéressante à découvrir. 

Pour un autre avis, je vous invites à lire celui de mon collègue Esprit Otaku ici

Thanksgiving (1)

 

 

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Publié en 4 tomes aux éditions Hakusensha, Signal 100 est un seinen du genre “survival game” écrit par Arata MIYATSUKI (Perfect Crime également chez Delcourt-Tonkam) et dessiné par Shigure KONDO. Le genre “survival” existe toujours en France, même si la tendance s’inverse de plus en plus au fil des années. L’un des pionniers n’est autre que Battle Royale (Soleil Manga – mon avis ici) suivi en 2013 par Kings Game et ses divers spin-offs. Signal 100 se déroule en milieu scolaire avec une classe particulièrement turbulente, où les élèves ne se gênent pas pour malmener leur professeur. Mais un jour, ce dernier tient sa revanche en les hypnosant à l’aide d’une vidéo. Quand ils reprennent conscience il leur explique qu’il vient de leur inculquer 100 actions et que s’ils veulent s’en sortir vivant ils vont devoir les respecter. Le problème est qu’il va les laisser découvrir ces 100 “règles” à l’aveugle, puisqu’il se suicide juste après. Si l’un d’entre eux va à l’encontre d’une de ses actions, il se suicidera instinctivement. Parmi ces ados, un seul en rechapera, mais lequel et à quel prix ? Plutôt original comme pitch,non ? L’ambiance est très noire et glauque, avec des scènes parfois gores. La manipulation entre les divers protagonistes est bien développée par l’auteur, avec les poncifs du genre comme l’élève brutal qui se croit plus malin que tout le monde, le garçon propre sur lui, le pervers de service, la jeune fille innocente, etc. Si on peut rouler des yeux en lisant cette dernière phrase, sur le papier cela fonctionne très bien. Les 100 actions ne se révèlent pas toutes dans ce premier tome, et on peut saluer l’ingéniosité malsaine et psychologique.

SIGNAL 100 © 2016 ARATA MIYATSUKI/SHIGURE KONDO/HAKUSENSHA Inc.

La rivalité entre le “bon” élève et le “mauvais” élève prend petit à petit racine dans ce premier tome, pour certainement être plus mis en avant dans la suite. De plus, les notions introduites de force dans le cerveau des élèves sont à la frontière entre complexes et banales, ce qui donne un côté imprévisible à la lecture. Par exemple, celui qui a envie d’uriner mais qui n’ose pas aller aux WC par craintes finira par se faire dessus, entraînant son suicide puisque la règle était “de ne pas s’uriner dessus”. Le dessin de Shigure KONDO est bien adapté au genre, avec une belle mise en évidence de la violence et des expressions faciales des personnages. L’ensemble est cohérent dans sa tendance à faire monter la tension de page en page. L’éditeur propose une bonne couverture adaptée au marché et différente de la couverture originale. En conclusion, avec ce tome 1 le duo de mangakas propose un récit entre survival/thriller malsain avec une belle mise en pratique de chaque rebondissement. On se laisse facilement avoir par l’intrigue et on est confiant sur la suite.

 

 

Iron hammer against the witch 01Disponible sur le site des éditions Delcourt-Tonkam au prix de 7.99€ ou sur Amazon 

Prépublié au Japon depuis 2014 dans les pages du Gangan Joker de Square Enix, Iron Hammer Against The Witch est dessiné par  Daisuke HIYAMA et scénarisé par Shinya MURATA. L’histoire se tient en trois tomes avec pour thème central la sorcellerie et la religion. Dans la ville sainte de Sevolle, la chasse aux sorcières est toujours d’actualité avec des exécutions de femmes pour divertir la population curieuse, mais aussi pour confirmer l’autorité de l’Église. Alors qu’une exécution est sur le point d’avoir lieu, une femme arrive et défi les autorités sur place. Très vite elle va dévoiler être une sorcière envoyée par Sa Sainteté avec pour objectif de démasquer celui qui est derrière tout ça, soit le Diable. Car il semblerait que les exécutions soient la source de la création des sorcières. Si le synopsis se tient bien, j’ai trouvé que la mise en pratique était un peu bancale. Les premières pages annoncent quelque chose de distrayant avec une violence liée aux actes de la torture à cette époque. L’objet de leur supplice provocant leur mort est en lien direct avec le pouvoir magique qu’elle a, ce qui est plutôt original. La précision  autour de ces pratiques barbares et inhumaines nous en apprend plus sur la folie qui a pu habiter ces hommes d’église et autres, se cachant derrière les écritures. Durant la lecture l’ambiance se fait de plus en plus pesante, avec une touche d’humour sympathique pour venir aérer le scénario. Toutefois, pour un premier tome j’ai trouvé que les personnages étaient un peu trop nombreux, rendant la lisibilité plus difficile. Du coup, on se perd un peu durant la lecture ce qui est fort regrettable. Le trait de DAISUKE est fluide, le characterdesign est réussi et complété par une envie du dessinateur de représenter les corps féminins avec grâce et sensualité. La mise en scène des combats est efficaces, dynamique et plaisante. L’édition est de qualité avec une jaquette gaufrée et une traduction sérieuse. À noter que ce manga est réservé à un public averti d’où le fait qu’il soit sous-plastique.  En conclusion, ce premier tome est sympathique mais la présence de trop de personnages m’a vraiment perdu dans certains chapitres. L’héroïne principale est celle que l’on retient le plus et qu’on suivra par curiosité pour voir ce qu’elle a dans le ventre.

 

 

9 réflexions sur “Critique manga #196 – Dark King of Kings tome 1, Signal 100 tome 1, Iron Hammer Against The Witch tome 1

  1. J’ai bien aimé « Signal 100 », même si je ne serais peut-être pas aussi enthousiaste que toi. La gestion des signaux est comme tu le dis assez ingénieuse, le nombre élevé permettant de placer les élèves au centre d’un terrain miné, exigeant qu’ils réfléchissent au moindre mouvement, sans garantie que ces réflexions servent à quoi que ce soit tellement certaines contraintes semble aléatoires. J’attend de voir la suite…
    Par contre, je n’ai pas adhéré à « Dark king of kings ». Je n’ai pas trouvé ça vraiment mauvais, mais rien n’a réussi à capter mon attention, j’ai trouvé le tout banal tant graphiquement (même si c’est plutôt propre) qu’au niveau de l’histoire, et contrairement à toi j’ai trouvé l’introduction des éléments géo-politiques pas mal pataude. Après, j’ai peut-être tendance à être un peu difficile en termes de récits vampiriques…
    Merci cependant pour cet article ! 🙂

    Aimé par 1 personne

    • Merci à toi pour ton commentaire, c’est un plaisir de te relire par ici. C’est surtout le concept de Signal 100 qui m’a séduit, j’ai trouvé que ça changeait des autres survival puisque – à ma connaissance cela n’a pas encore été vue dans un manga traduit pour le moment. Pour DKoK j’en attendais rien, alors possible que cela m’a surpris. Graphiquement c’est à double tranchant je pense. Soit tu apprécie le trait, soit il te déplait dans la représentation des visages. C’est ce qui fait descendre la note graphique de mon côté, mais c’est propre et pas fait avec les pieds. Après c’est le premier manga du mangaka. Mal pataudes comment pour les éléments géo-politiques ?

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      • Pataude dans le sens où ça se fait souvent sous forme d’une série de quelques planches chargées en informations, à la limite de l’adresse directe au lecteur (dans mon souvenir ça présente le tout sous forme de dialogue, mais sans assez de relief pour que ça prenne vraiment), ce qui donne un aspect très explicatif à ces séquences.
        Certes, c’est compliqué de présenter beaucoup d’éléments géo-politiques en peu de place, et encore plus compliqué de le faire de façon vraiment « naturelle », et à première vue je ne sais pas comment ça aurait pu être fait autrement, mais ça m’a un peu rebuté pour ma part…

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  2. Merci pour cette superbe critique! Tu me donnes envie de lire Signal 100! 😊 Par contre pour Dark King of Kings je ne serais pas aussi dithyrambique que toi. J’ai globalement beaucoup apprécié cette lecture mais j’ai été déçu par la révélation de la nature du héros.

    Aimé par 1 personne

    • Merci à toi de prendre le temps de me lire et de me laisser un commentaire. ça me fait super plaisir, encore plus venant de toi! Je comprends pour DKoK, mais personnellement comme je n’en attendais vraiment rien je me suis laissée surprendre. Mais oui la nature de la révélation du héros est classique et archi-vue, mais cela ne m’a pas déçu.

      Aimé par 1 personne

      • Moi j’ai été déçu par la nature du perso que je trouve hyper classique, après je trouve ça bien exploité dans le sens ou c’est vraiment brutal et non romancer et élégant comme dans beaucoup de films.

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  3. Coucou Sofia, merci pour les avis. En soit, j’aimerai bien tenté les 3 sans que ce soit des priorités
    J’ai réussi à me procurer les 2 dernières, à voir quand j’arrive à les lire et si l’occasion se présente pour la première.

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