Critique manga #387 – Ao Ashi tome 1 et 2

Euro 2020… en 2021 oblige, plusieurs titres autour du football sont arrivés en librairie. De quoi bousculer un peu les habitudes, puisque le genre n’a jamais vraiment fonctionné dans les pays francophones, à l’exception de Captain Tsubasa qui possède une bonne fanbase. Pour son premier essai, les éditions Mangetsu ont décidé de miser sur le ballon rond pour se lancer dans l’industrie du manga. Un pari risqué puisque la série compte déjà plus de 20 tomes au Japon. Alors, est-ce que Ao Ashi et son meneur de jeu Ashito vont réussir à convaincre le public français ? C’est ce que je vous propose de découvrir dans la suite.

Disponible aux éditions MANGETSU dans la collection Shonen ou sur Amazon au prix de 6.90 € || Également disponible au format numérique

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Merci à Stéphanie pour sa confiance et cette lecture


Yûgo KOBAYASHI est une mangaka japonais qui avant de rentrer dans le circuit professionnel a écrit et dessiné des doujinshi autour de licences populaires telles que Prince of Tennis (Kana) et Bleach (Glénat). Son premier manga pro sort en 2010 et était une romance, Mizu no Mori, en trois tomes publié pour Kodansha. Deux ans plus tard le voilà au scénario d’un manga tranche de vie culinaire, Tenman à la carte. Sa première série longue sort en 2015, et est Ao Ashi. Un shonen sportif sur le football qui est toujours en cours chez l’éditeur Shogakukan. Une adaptation en anime est prévue pour 2022. En dehors de Ao Ashi, le mangaka est aussi en charge d’une autre série, Fermant no Ryouri, pour Shogakukan depuis 2018. Seuls deux tomes sont parus à ce jour, mais permet à l’auteur de revisiter l’univers de la gastronomie.

Il y a quelques mois, un nouveau venu faisait son entrée dans la grande famille des éditeurs de manga dans les pays francophones. Mangetsu est le label manga des éditions Bragelonne qui n’est pas étranger à l’univers ds bulles de dialogues sur papier, puisqu’on leur doit HiComics. Pour la petite info, le directeur de collection de HiComics, Sullivan Rouaud, se trouve être celui de Mangetsu. Pour ceux qui écoutent Sullivan, vous savez que c’est un passionné du manga depuis son enfance, et les comics sont venus juste après. Avec la pandémie que l’on ne va pas nommer (parce qu’on en a marre), le lancement de Mangetsu prit du retard. Mais voilà, juin 2021, ils sont lancés avec Ao Ashi en figure de proue.

Ashito est un collégien comme les autres qui vit avec sa famille sa mère et de son grand frère. Sa seule passion dans la vie est le football. Son atout dans ce sport est de constamment réussir à marquer des buts. Toutefois, il semble oublier que c’est un jeu et un travail d’équipe Étant une tête brûlée, il va rapidement apprendre des leçons essentielles lors d’un match. Après un coup de tête rappelant Zidane, Ashito se retrouve confronté à la possibilité de s’être grillé dans le milieu pour son futur. Mais la rencontre d’un homme au bord de mer va voir son rêve de devenir professionnel redevenir une possibilité.

Bon, si vous connaissez Captain Tsubasa, le point de départ est le même : un adolescent qui rêve de devenir pro dans le foot et qui va entreprendre un apprentissage intense. Ao Ashi reprend les codes du genre et ceux du Shonen, et ne fait donc pas dans l’originalité pour le moment. Le scénario est classique mais arrive tout de même à garder le lecteur attentif. Cela est principalement dû à la façon dont KOBAYASHI raconte son histoire. C’est direct dans ce qu’il veut transmettre au lecteur et le rythme est bon. Pas de surprises, non, mais parfois faire simple ça marche aussi. Ashito est un personnage qui rappellera Naruto ou encore Asta de Black Clover. Ce sont des adolescents au tempérament de feu à qui il arrive d’oublier de prendre du recul. Cela conduit souvent à des problèmes et des déceptions. Néanmoins, comme chaque héros de Shonen, ils arrivent toujours à se relever grâce à leur détermination très ancrée en eux. À lecture de ces deux tomes, ma relation avec Ashito est un peu changeante, car je peux l’apprécier à un moment et la seconde d’après il m’agace. La raison ? Il ne prend pas le temps de se poser et de voir les choses sous un autre angle. Mais vu son âge, ce comportement n’est pas inédit. Toutefois, le personnage reste assez intéressant et bien écrit pour qu’on puisse accrocher au récit. La partie scolaire va peu à peu disparaître pour laisser le football être le seul moteur du récit. Les autres personnages sont complémentaires à Ashito. Ils prennent soin des uns et des autres et rendent l’ensemble sympathique. Pour les non amateurs de foot, le récit peut rebuter car il est tout de même assez technique. Il n’y a pas forcément toutes les explications des règles pour qu’un novice ait toutes les cartes en main. C’est bien dommage, car en comparaison Blue Lock est plus complet à ce niveau. D’ailleurs, comme pour Captain Tsubasa, les deux récits possèdent beaucoup de similitudes. Blue Lock [mon avis ici] arrive tout de même à avoir quelque peu le dessus sur Ao Ashi, surtout si vous cherchez un récit plus punch et qui sorte de la norme. Mais difficile de totalement comparer les deux, puisque même si le foot est présent dans Blue Lock il n’est pas aussi crucial que dans Ao Ashi. En sommes, le manga de KOBAYASHI est ordinaire comparé à un Blue Lock, mais pas ennuyeux pour autant. Il faut avant tout avoir envie de se laisser porter par ce genre de scénario Shonen pour adhérer. Il est important de noter, toutefois, que c’est le contact avec les autres personnages qui peuvent faire évoluer Ashito et le rendre plus mature et, de ce fait, beaucoup plus agréable à suivre. Est-ce qu’il peut servir de porte d’entrée pour les non amateurs de foot, mais lecteur de manga ? Oui, tout à fait.

Au niveau du dessin, on comprend rapidement que Yûgo KOBAYASHI n’est pas un débutant, bien au contraire. Fort de son passé en amateur ou sur ses premiers titres, le mangaka possède un coup de crayon agréable et marquant. Le design des personnages est travaillé, détaillé, et arrive à jongler entre l’humour des mimiques et l’action des situations sérieuses. Les matchs de foot et autres prises de balle sont lisibles et fluides. C’est dynamique. Le décor est très présent et bien détaillé. Au niveau de l’édition, l’équipe de Mangetsu a fait du bon travail. La traduction de Anaïs Koechlin (Born to be on air!, Called Game, Candy & Cigarette, Switch Me On) est bonne, même si parfois il y a un certain décalage de ton. Mais cela ne dérange pas plus que ça à la lecture. Le format est proche du format Seinen comme on peut le retrouver aux éditions Ki-oon et Kana.

En conclusion, ces deux premiers tomes de Ao Ashi sont agréables mais pas transcendants. La suite, toujours en cours avec 24 tomes au Japon, va être déterminante pour savoir si le lecteur poursuit l’aventure ou raccroche les crampons. Le personnage de Ashito a encore beaucoup à prouver aussi bien sur le terrain qu’auprès des lecteur tant son tempérament peut vite faire tourner le ressenti au vinaigre. Un récit qui commence bien, oui, mais qui n’est pas plus original que les autres Shonen sportif que l’on a connu jusqu’à présent. À suivre…

Copie de lire en bulles

4 réflexions sur “Critique manga #387 – Ao Ashi tome 1 et 2

  1. Merci beaucoup pour votre avis ! J’avais bien aimé le tome 1 et ça donne envie de me procurer le tome 2 ! D’après les dires de Sullivan Rouaud, le manga décolle véritablement au tome 3. J’ai hâte d’y être et de découvrir ce qui fait l’originalité de ce manga.

    Aimé par 1 personne

    • Merci à vous d’avoir pris le temps de me lire et de laisser un commentaire. Oui, à voir comment le récit évolue sur la suite, je reste curieuse et ouverte à cette lecture. J’espère aussi que le manga décolle à partir du tome 33.

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