Critique #004 – Pour que tu sois mienne de Sara Farizan

10.02.2017 (17)

Pour cette nouvelle chronique, je vous propose de découvrir un récit abordant plusieurs thèmes comme celui de l’amour, de la liberté, du traitement de la femme, et du passage (forcé) de l’adolescence à l’âge adulte.

Sara Farizan est née en 1984 dans le Massachusetts, aux États-Unis. Ses parents sont arrivés d’Iran sur sol américain dans les années 70. Sara a grandi en se sentant différente non seulement parce qu’elle allait dans un lycée privé, mais aussi par le fait qu’elle soit gay, par son manque d’enthousiasme à l’égard de la science et des mathématiques. Ses goûts étant plus tournés vers l’écriture de pièces de théâtre et d’histoires courtes. Elle est diplômée en MFA de l’Université de Lesley et possède un bachelor en études des médias et films. Elle vit actuellement à près de Boston, Pour que tu sois mienne est son premier roman.

L’histoire a pour décor l’Iran et sa société. La jeune Sahar vit à Téhéran, et est amoureuse de sa meilleure amie, Nasrin, depuis toujours. Depuis la mort de sa mère, son père s’est muré dans un silence dont il n’en sort que très rarement. Voulant avoir une vie meilleure et libre, Sahar travaille dur pour devenir médecin. Mais le jour où elle apprend les fiançailles de Nasrin, son rêve s’effondre. Dans trois mois, Nasrin sera mariée à un homme, sauf si elle arrive à trouver un moyen d’empêcher cette union…

Elle contemple nos deux mains enlacées. Si je le pouvais, je resterais ainsi pour toujours. Mais c’est impossible. Alors je lâche sa main. Je l’aime, et je dois lâcher prise.

Le sujet principal qui ressort durant la lecture est celui de l’homosexualité féminine, qui prend une toute autre dimension ici, puisqu’en Iran cela est puni. Au travers des yeux de ses deux jeunes filles on découvre ce qu’est l’amour, et la force que peut procurer ce sentiment si intime. Dès le début, on comprend que l’histoire ne sera pas banale, ni niaise. Elle sera forte et poignante. Sahar et Nasrin vivent comme des adolescentes amoureuses et maudites puisqu’elles ne peuvent vivre leur amour au grand jour. Avec ces deux perspour-que-tu-sois-mienne-de-sara-farizanonnages Sara Farizan tient à dénoncer les injustices et inégalités en Iran, en pointant du doigt ce qui ne fonctionne pas.

Le personnage qui m’a le plus touché, et fait vibrer est celui de Sahar qui est la narratrice. Même si elle n’est qu’une adolescente de 17 ans elle sait ce qu’elle veut, elle possède un courage que peu de gens de son âge possèdent. Très vite on arrive à se mettre à sa place, ou du moins essayer, et on en oublie le temps qui passe autour de nous. Du côté de sa famille, on a Ali le cousin, qui est lui aussi homosexuel. Mais c’est la rencontre avec Parveen qui va réellement changer le destin de Sahar, puisqu’elle va lui donner des conseils sur le changement de sexe. Car oui, Parveen est trans.

Avant que vous ne posiez la question, comme dit plus haut l’homosexualité est sanctionnée, tandis que la transexualité ne l’est pas. Le financement de l’opération est même pris en charge par l’état. Vous trouvez cela cohérent ? Moi pas.  Il est plaisant de voir que l’auteur traite le sujet avec franchise, sans faire de détour et en même temps avec une grande sensibilité. On sent qu’écrire là-dessus lui tenait à cœur. Les mots sont choisis de la manière la plus juste possible, sans se cacher derrière de longues explications barbantes. 

Ce qui touche réellement ici, est le fait que Sahar ne possède pas l’envie en elle de devenir un homme, mais à ses yeux c’est la seule solution pour pouvoir empêcher le mariage de sa meilleure amie avec une autre personne qu’elle. En comparaison le personnage de Nasrin est plus floue. Alors que cette dernière lui voue une admiration et attention sans retenue, Nasrin, elle, est moins extravertie dans ses sentiments.  Au fond n’est-elle pas plus amoureuse de l’admiration que lui porte sa meilleure amie de toujours, que de la personne qui lui montre autant d’affection ? Une question dont je vous laisserai en découvrir la réponse en lisant le livre.

En conclusion, Pour que tu sois mienne est un récit qui se savoure, véritable poésie et hymne à l’amour libre. Un courage unique transpire dans les mots de l’auteure, qui a très certainement injecté de son vécu dans le personnage de Sahar. Un voyage dans la détermination d’une adolescente prête à risquer ce qu’elle possède, son identité y compris, pour ne pas perdre celle qu’elle considère comme son soleil. Une porte ouverte sur la condition de la communauté LGBTQ, et de la femme en général dans un pays comme l’Iran. 

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2 réflexions sur “Critique #004 – Pour que tu sois mienne de Sara Farizan

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