Critique #055 – Ivy Years T1 : Notre année trouble de Sarina Bowen

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Que ce soit dans les romances ou autres genres, le handicap est rarement présent. Du coup, Notre année trouble de Sarina Bowen est une lecture bienvenue. Entre délicatesse et émotion , l’histoire entre Corey et Adam (Hartley) résonne comme une force. 
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Merci à Laure Valentine, traductrice, pour cet envoi numérique durant l’été

Plus d’infos sur son travail en cliquant ici.


Sarina Bowen est une auteure américaine vivant dans les montagnes du Vermont avec sa famille, ses poules et trop d’équipements de hockey et de ski selon ses dires. Ses romans ont tous été classé dans les meilleures ventes du USA Today, et s’est fait connaitre par un large public grâce à la série The Ivy Years, ayant été récompensé par un prix. Mais avant cela elle a écrit à quatre mains avec l’une des auteurs les plus connues de la fiction New Adult Elle Kennedy (Off-Campus) les romans Him et Us qui sont des romances MxM prenant place dans l’univers du hockey professionnel. En France, les trois premiers tomes de The Ivy Years sont traduits par Laure Valentin à qui l’on doit également les traductions de la saga Runes d’Ednah Walters.

Dans ce premier tome, nous faisons la connaissance de Corey, une joueuse et passionnée de hockey au même titre que sa famille puisque son frère a joué dans l’équipe de Harkness et son père est entraîneur dans une équipe de lycée. S’imaginant poursuivre cette tradition, elle va vite déchanter quand juste avant son entrée à l’université elle sera victime d’une chute endommageant sa colonne et la clouant sur un fauteuil roulant. D’entrée de jeu ce récit ouvre les portes de deux univers que je connais peu dans la littérature à savoir celui du handicap et du hockey sur glace.

C’est donc avec curiosité mais aussi appréhension que j’ai abordé cette lecture aussi bien destinée aux plus jeunes comme aux adultes. Notre année trouble porte d’ailleurs très bien son titre puisque les personnages vont tous vivres des moments forts émotionnellement mais aussi physiquement. À travers la paralysie récente de Corey il est intéressant de voir comment le regard des autres l’affecte et comment son handicap affecte ses relations actuelles et futures avec les gens qui l’entourent. À de nombreuses reprises j’ai sentie comme de la compassion envers elle, mais pas la compassion de la pitié. Non, cela était plus semblable à une sorte d’admiration pour sa force et son courage. Bien entendu, elle vit mal cette situation et surtout le fait de ne plus pouvoir exercer le sport qu’elle affectionne, puisque intégrer une équipe était son rêve. Dans ce parcours, elle n’est pas seule. Au sein de la résidence universitaire elle peut compter sur sa nouvelle amitié avec Dana, ou encore Adam le voisin de palier, dont la jambe a été fracturé à deux endroits.

Ayant travaillé avec des personnes handicapées, je dois dire que le sujet est traité de façon vraie, et que l’auteure n’hésite pas à exposer les moments les plus difficiles. Surtout que dans le postulat de départ la jeune fille n’est pas handicapée, et que j’ai trouvé intéressant et marquant de voir comment elle a dû changer ses habitudes pour en trouver des nouvelles, ainsi que son intégration parmi les autres élèves. À cela, l’auteure a su intégrer de façon naturelle les moments amicaux mais aussi la romance, puisque Corey n’est pas insensible au charme d’Adam. Ce dernier est le stéréotype même du sportif américain, beau, et quelques bagages émotionnels qu’il traîne derrière lui. Malgré cela le personnage n’est pas dénué de saveur – si je peux me permettre – et reste assez sympathique à découvrir. Ce qui change entre les deux par rapport à la romance classique dans le genre, c’est le fait que le duo passe par le stade l’amitié avant d’envisager quoi que ce soit d’autre. Du coup, le lien entre eux se construit de façon naturelle et convaincant. Que se soit séparément ou ensemble, ils vont expérimenter des choses nouvelles, et même Adam (Hartley) semble acquérir une nouvelle de vision de la vie. 

Hartley tourna mon fauteuil vers la porte et avança.
— Nous devons descendre les marches du perron à l’envers, lui rappelai-je.
— Nous faisons tout à l’envers, Callahan, dit-il.
Je n’avais pas la moindre idée de ce qu’il sous-entendait et je ne lui posai pas la question.

Je pourrais également parler des personnages secondaires, dont Dana la colocataire de Corey qui réussira à de nombreux moments soutenir moralement sa nouvelle amie. Une belle leçon d’amitié que j’ai appréciée. Il y a également le personnage de Stacia, la copine d’Adam, mais qui franchement est plus là pour jouer le rôle de pimbêche inutile.

Le style de Sarina Bowen est plutôt efficace et on se laisse facilement porter par cette romance douce et sans prétention aucune. En parlant d’handicap j’avais peur que l’auteure ne se perde dans des moments trop difficiles pour les lecteurs, mais au même titre qu’Avant Toi de Jojo Moyes elle a su y ajouter de l’humour. Parce que oui, ce n’est pas parce que l’on est coincé dans un fauteuil qu’on ne sait plus rire. Bowen arrive aussi à intégrer quelques bribes philosophiques sur la vie. Les quelques scènes de sexes sont simplement là pour concorder avec le récit et sont assez « light ». Il  n’y a rien de trop érotique ni de vulgaire.

Notons que la traduction de Laure Valentin est très bien faite, puisque j’ai pris la peine de comparer certains passages français avec la version d’origine, et qu’elle a su garder le charme et l’élégance de la plume de l’auteure.

En conclusion, malgré ses personnages stéréotypés de New Adult, Notre année trouble arrive à parler de choses importantes concernant la vie en général, et traiter de le handicap avec finisse et sincérité. La romance est bien amenée et construire, et les personnages sont attachants. À travers les inquiétudes de l’un et l’autre, Adam et Corey arrivent à grandir et apprendre de leurs situations. On sourit avec eux, tout en ressentant une vive compassion sincère face à leurs situations.

hjzgg

Infos roman (9)

3 réflexions sur “Critique #055 – Ivy Years T1 : Notre année trouble de Sarina Bowen

  1. Voilà un roman qui doit être vraiment intéressant à lire, notamment le sujet du handicap. J’aime bien l’idée que ce soit une personne qui ne soit pas née handicapée justement pour voir son évolution, comment elle le vit et apprend à vivre avec. Un roman qui pourrait me plaire 🙂

    J'aime

    • Oui, c’est l’une des choses qui m’ont plut dans ce livre. C’est vraiment traité de façon mature, et puis le fait que ça se déroule dans le passage à l’age adulte rend la chose plus complexe. Je te le recommande à l’occasion 🙂

      Aimé par 1 personne

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