Critique manga #126 – Made In Abyss tome 1

titre manga
Après avoir fait son entrée sur Wakanim avec deux saisons, le manga à l’origine de l’adaptation arrive enfin en France via Ototo Manga. Made In Abyss est ce que l’on pourrait plus communément appelé un récit initiatique où le(s) héro(s) doivent lutter contre le danger pour en apprendre plus sur eux. Ici, ce sont un groupe de jeunes enfants qui se lancent dans l’aventure alors même que l’Abysse est un gouffre encore beaucoup trop mystérieux et surtout imprévisible. Alors, à vos pioches, vos gants et partons rejoindre Rico et les autres dans cet univers graphiquement efficace.
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Akihito TSUKUSHI est un auteur de manga japonais ayant travaillé plus de dix ans pour une entreprise spécialisée dans la conception de jeu vidéo. Passionné par les mondes virtuels et la fantasy, l’auteur s’inspira de cela pour concevoir son manga Made In Abyss prépublié depuis 2012 dans les pages du magazine Manga Life de l’éditeur Takeshobo. Véritable petit phénomène au Japon, l’univers a depuis été adapté en deux saisons de série animée, et en deux films d’animation (Made in Abyss : Hourou Suru Tasogare et Tabidachi no Yoake) disponibles sur Wakanim. Le titre compte actuellement 6 tomes au Japon, dont le premier vient de paraître en France dans un grand format chez Ototo Manga.

Le récit débute au pied du petit village d’Orse sur une île qui a pour particularité de s’étendre sur l’Abysse, un énorme gouffre formé il y a environ 1900 ans, et dont les mensurations sont énormes : 1 km de diamètre et une profondeur inconnue. De ce mystérieux gouffre émane un champ de force spécial qui finit par tuer quiconque-ci aventure. En bref, plus vous vous enfoncez et plus vous vous approchez de la mort. Pourtant, une faune et flore spéciales ont réussi à s’y développer, poussant les gens à vouloir l’explorer. Ceux-ci sont appelés les Caverniers, et la jeune Rico, orpheline, en fait partie. Désireuse de marcher dans les traces de sa mère, la célèbre Lisa, voue une véritable obsession pour tout ce qui touche à l’Abysse. Un jour, lors de l’une de ses explorations, Rico va tomber sur un étrange garçon qui lors de son réveil ne pourra dire qui il est ni d’où il vient. Le destin de Rico et des autres Caverniers se met alors en marche au fur et à mesure que l’Abysse  les attire…

Attention aux spoilers dans la bande annonce, ci-dessus.

Au fil de la lecture, on remarque que TSUKUSHI a pensé chaque détail de son récit pour construire un univers cohérent et regorgeant de qualité indéniable. Le gouffre qu’est l’Abyss forme à lui seul une sorte de petite planète sur une autre planète fictive où vivent Rico et les autres orphelins. En partant de là, l’auteur assemble les pièces de son puzzle pour divertir et intriguer le lecteur. Et cela fonctionne plutôt bien. Par exemple, dans la hiérarchie des Caverniers, Rico n’est qu’un sifflet rouge, soit une apprenti. À la tête de leur petit groupe se trouve le Maître, un sifflet vert qui doit avoir deux ans de plus que nos petits sifflets rouges. En haut on retrouve les sifflets noirs et enfin les sifflets blancs, la plus haute distinction pour un Cavernier qui fait de son détenteur un héros légendaire. C’est à cette place qu’a officié la mère de Lisa, porté disparu après s’être aventurée dans l’Abyss. Dans ce lieu, il existe une flore et une faune inspirée de la nôtre mais plus imaginative. La part de danger das l’histoire ne réside pas seulement dans les explorations faites à l’aveuglette par nos petits héros, mais aussi par ce que l’on appelle la “malédiction de l’Abysse”. Plus on s’enfonce dans les profondeurs de ce gouffre sans fin, et plus le fait de regagner la surface sera mortel (vomissement, migraines, hallucinations auditives et visuelles, saignements, etc). Pendant ma lecture je n’ai pu m’empêcher d’avoir l’impression de retrouver le monde de Jules Vernes avec Le Voyage au Centre de la Terre, l’un des romans cultes de l’auteur.

Ce premier tome est donc pour résumé une introduction avec une multitude d’informations concernant le fonctionnement et l’architecture du gouffre. Pour donner un exemple visuel vous prenez qu’un gros tronc d’arbre et vous y agencez plusieurs niveaux avec des pièces. D’ailleurs pour nous y aider, le mangaka a pris soin d’intégrer des pages explicatives avec des schémas, ce qui aura toute son utilité au long du récit. Concernant les personnages, il faut avouer que c’est le petit garçon amnésique particulier rebaptisé Légu qui a réussi à me charmer. Rico est une jeune fille ambitieuse, ambitieuse, et très obstinée. Cela peut soit plaire soit quelque peu agacé. Pour le moment, à titre personnel je dirais que j’attends de voir la suite pour savoir si je vais m’attacher à elle ou non.

 

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Visuellement, on sent très bien que Akihito TSUKUSHI a travaillé dans le monde du jeu vidéo puisqu’il possède des caractéristiques semblable à des sagas du type Zelda et Final Fantasy. Le style crayonné du mangaka donne tout son charme aux planches. L’auteur a su s’inspirer de sa culture vidéoludique mais aussi du steampunk en y greffant des aspects de ce genre, on ne vous spoilera pas plus que cela mais on peut dire que c’est séduisant. Le travail effectué sur les ombres et la lumière sont remarquables et attire tout de suite à l’oeil. Le chara design des personnages évolue dans une optique enfantine sans être péjorative. Son style pourra certainement séduire les lecteurs de comics aimant l’artiste Scottie Young de chez Marvel. L’environnement imaginé pour donner vie à l’Abysse est grandiose. Ça fourmille de détails sans donner une impression de trop. Certaines planches semblent parfois simples, mais il faut vraiment prendre le temps de les regarder pour percevoir ce que TSUKUSHI a voulu mettre en avant. Malgré toute ces qualités, je dois avouer que j’ai eu parfois du mal à assimiler dans ma tête que nos petits aventuriers étaient âgés de plus de dix ans. À mes yeux, ils semblaient n’avoir que huit ans… j’ai donc était surprise quand j’ai appris que Rico en avait 12, par exemple.

L’édition de Ototo Manga est exempte de défauts. Le format est plus grand (15×21) qu’une publication standard de l’éditeur, mais ce choix s’avère pertinent puisqu’il permet de laisser pleinement le dessin respirer et nous montrer toute sa beauté. De plus il est proposé au prix de 8.99€ ! Quelques pages couleurs viennent ouvrir le tome, et on a même le droit à de petits sketchs sous la jaquette. La traduction de Vincent Zouzoulkovsky est soignée et colle bien à l’univers. Et petit bonus mais non des moindres, le premier tirage du tome 1 est accompagné d’une très belle carte dépliable de l’Abysse. Ça vaut vraiment le coup, croyez-moi.

En conclusion, avec ce premier tome Akihito TSUKUSHI pose des fondations solides à l’univers très imagé de Made In Abyss. Les informations sont nombreuses et aucun doute sur le fait que d’autres seront à découvrir dans les prochains tomes. Les personnages sont intéressants, et le mystère autour de l’origine de Légu est ce qui donne réellement envie d’en savoir plus. Un univers très esthétique et pensé en amont qui on espère nous emmènera dans les tréfonds aux mille dangers.

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4 réflexions sur “Critique manga #126 – Made In Abyss tome 1

    • Le côté jeu vidéo de ressent uniquement dans elle visuel en fait. On voit que l’auteur bossait là-dedans avant. Apres au niveau scénario rien n’indique qu’on est dans JV, et concrètement cela ne changera pas par la suite. Apres j’attends de voir le tome 2. Comme j’ai dit jai pas accroché + que ça à la petite fille mais au garçon oui ^^

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