Critique manga #281 – Sexy Cosplay Doll tome 1

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Avez-vous une passion dans la vie ? Le cinéma, la musique, les timbres, les livres, les mangas, les bijoux, les chaussures,… tant de choses à aimer de tout notre coeur. Vous et moi aimons tous quelque chose de plus que d’autres. à nos yeux la passion devient un art, un objet de notre affection et de notre dévouement, en quelque sorte. Quand on aime jusqu’à la passion on peut en parler des heures et des heures sans jamais se lasser. On aimerait échanger avec d’autres gens sur le sujet. Dans Sexy Cosplay Doll, deux adolescents ont chacun une passion. Un titre qui aborde le sentiment de rejet, de différence, d’amour et d’amitié de manière aussi sérieuse qu’amusante. 

 

Disponible aux éditions KANA dans la collection Big Kana ou sur Amazon au prix de 7.45€ | LIRE LE CHAPITRE UN ICI GRATUITEMENT

kanadargaudsuisse


Shinichi FUKUDA est une mangaka en activité depuis maintenant 10, ayant débuté avec Shibaru, suivi l’année d’après par le one-shot Heavy Mecha Blues. En 2012, elle revient avec Memoire Meloik en 10 tomes. Sexy Cosplay Doll (Sono Bisque Doll wa Koi wo suru en VO) est une série en cours depuis 2018 avec 4 tomes aux éditions Square Enix (Black Butler, Red Eyes Sword – Akame ga Kill !). En France, le titre intègre la collection Big Kana de KANA pour, ce cas précis, contenu explicite.

Wakana Gojô est un lycéen qui se place plutôt du côté des adolescents passe-partout, ne faisant pas partie de la clique des populaire. Effacé, timide (mais adorable) et peu sûr de lui Gojô a une passion qu’il n’a jamais dite à personne : il aime les poupées traditionnelles japonaises (Hina) dont il apprend la fabrication auprès de son grand-père. Un jour en salle de couture il va être surpris par Marine Kitagawa, la coqueluche de sa classe. Gêné et prêt à entendre la jeune fille se moquer de lui, il va être surpris quand elle tombe en admiration sur son travail. Mais une autre surprise l’attend, quand celle-ci lui demande s’il peut lui faire son costume de cosplay… passion à laquelle elle se dévoue entièrement.

Sexy Cosplay Doll s’inscrit dans deux registres différents : la comédie et le tranche-de-vie. La partie dite d’humour vient des situations gênantes que va vivre Gojô en fréquentant la pétillante Kitagawa. Le côté tranche-de-vie dresse un début de critique intéressant sur la place que l’on peut avoir en tant qu’individu dans la société, notamment dans un groupe de personnes de notre âge (ou pas). Gojô en parle assez bien quand il voit Kitagawa entourée de ses amies, dans un monde très différent du sien. La mise en scène de ce passage vient appuyer ce propos. Assis en classe, Kitagawa debout souriante de l’autre côté de la salle, et la mangaka qui exploite cette sensation de vide qui entoure le garçon. L’association du monologue intérieur et du visuel fonctionne parfaitement pour exprimer ce que la majorité d’entre nous a déjà ressenti : être différent, ne pas rentrer dans le moule, etc. Le thème du cosplay en est une belle représentation. Oui, qui n’a jamais rêvé d’être quelqu’un d’autre le temps d’un jour ou d’une vie ? Qui n’a jamais voulu devenir un super-héros, un vilain ou un personnage de fiction que l’on affectionne, admire, voire envie ? Si pour le moment Kitagawa se place en tant que fangirl de cet art, il serait intéressant de voir si la mangaka utilise cet artifice physique pour exprimer un sentiment de différence que peut avoir l’adolescente. Après tout, ce n’est pas parce qu’elle est adorée de tous qu’elle s’aime forcément. En tout cas, si la mangaka va dans cette direction, cela apporterait énormément au titre. Ensuite, le cosplay est développé d’une manière ludique et très intéressante à découvrir que l’on soit fan ou pas. Si pour le public lambda cela est le plus souvent un passe-temps inutile ou fun à faire une fois pour le carnaval ou Halloween, pour ceux qui le pratiquent c’est un vrai travail. Patience, concentration, énergie, et inventivité sont les principaux traits qu’il faut avoir pour se lancer dans l’aventure. Ici, FUKUDA nous explique les aspects et les choses à savoir pour parvenir à réussir le meilleur des costumes. D’ailleurs, Gojô est un peu le lecteur qui ne connaît que très peu de choses sur le sujet, pour ne pas dire rien. Au fur et à mesure, nous apprenons avec lui ce qu’est plus concrètement le cosplay. Il serait bon que dans le futur, la mangaka applique ce même principe au hobby des poupées Hina de Gojô, car c’est peut-être plus obscure pour le lectorat. En tout cas, pour moi oui.

L’alchimie entre les deux fonctionne et on apprécie de voir leur amitié se construire de fil en aiguilleOn sent aussi que chacun est quelque peu troublé par l’autre. Après difficile de savoir si c’est parce que Kitagawa est une fille que Gojô est troublé et inversement. Le titre étant un Seinen que l’éditeur KANA sous-titre comme “attention titre sexy et que ce même mot se trouve dans… le titre de la série, il n’est pas étrange de voir un peu plus de peau à l’air. Si cela ne dérange pas au début on ne peut pas nier que c’est du fan service. Néanmoins, ça n’empêche pas de parfois souhaiter en voir moins. Si on devait le comparer à un titre du même éditeur que Square Enix, à ce niveau, on pense à Dusk Maiden of Amnesia [mon avis ici].

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Ce qui nous amène au dessin au trait volupté avec des corps mis en avant, que féminins pour le moment, ce qui fait un peu rouler des yeux. Bref. Il y a du travail au niveau des regards, expressions et aussi vestimentaire avec une Kitagawa que l’on sent tendance et soucieuse de son apparence. Le décor est suffisant. Quand le focus principal doit être sur une situation avec nos héros ou sur un moment fan service, la mangaka a tendance à faire dans le minime, par exemple. L’édition de KANA est bonne avec une traduction moderne et respectueuse des termes concernant les poupées et le cosplay, que l’on doit à Aline Kudor (Otaku Otaku, Bloom Into You, From End).

En conclusion, un premier tome intéressant par les thèmes qu’il met en place. La passion en tant qu’individu, parfois hors du commun, est aussi bien présentée et on a hâte de voir le tout s’exprimer davantage. Shinichi FUKUDA offre un bon début aux personnages attachants, dynamique, amusants, passionnés et dont l’entente fonctionne merveilleusement.17/20

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3 réflexions sur “Critique manga #281 – Sexy Cosplay Doll tome 1

  1. Le monde du cosplay est un univers qui m’est complètement inconnu même si j’en connais le principe. Le faut de découvrir l’univers de l’intérieur est intéressant d’autant qu’il semble y avoir de l’humour et une vraie réflexion sur la différence et cette question de la place parmi un groupe que chacun se sera posé, consciemment ou non, au moins une fois dans la vie… Merci pour ta chronique parce que j’avoue que le titre ne m’aurait pas tentée outre mesure.

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