Critique #059 – Metro 2033 de Dmitry Glukhovsky

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Imaginez que demain une guerre nucléaire éclate et extermine toute trace de vie de la surface de la planète. Mais contre toute attente vous, et une centaine de milliers d’autres humains, réussisez à survivre. Où iriez-vous, si en surface la survie devient impossible ? Ferriez-vous comme les protagonistes de Metro 2033, et iriez-vous vivre sous terre dans les galeries du métro si c’était la seule solution ? D’aussi loin que je sache, Genève ne possédant pas de métro, je n’ai jamais entendu quelqu’un dire qu’il adorait prendre le métro. Alors y vivre ? Encore moins… Mais avec Trump et Kim Jong-Un qui se lancent dans des concours de celui qui a la plus grande gueule et le plus d’autorité sur la planète, il serait bon temps que l’on pense à une nouvelle demeure si un conflit nucléaire éclate. Alors, lisons Metro 2033 et prenons des notes. 

 

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MERIC AU LIVRE DE POCHE POUR (5)

Merci à Anne pour cette invitation à explorer les rames de métro russe, mais je pense continuer à vivre en surface.


Dmitry Glukhovksy est un auteur russe né en 1979 à Moscou, qui avant de devenir écrivain a travaillé en tant que journaliste pour des chaines de télévision comme Russia Today, Euronews et Deutsche Welle. Il a effectué des études dans les relations internationales à Jérusalem, avant de commencer à écrire son premier roman Metro 2033 en 2002. Ce dernier parut en 2005 et rencontra un énorme succès. Il s’est vendu à plus de 400 000 exemplaires en Russie et a été traduit dans plus de vingt langues. En 2010, sort un jeu vidéo directement inspiré de son œuvre sous le même nom. Ce premier roman est le début d’une saga dont le deuxième roman Metro 2034 est paru en 2009, et le troisième, Metro 2035, chez L’Atalante en mars dernier.

Comme l’indique son titre, l’histoire se passe en 2033 dans un monde post-apocalyptique ou la population a été tuée suite à un conflit nucléaire. Depuis, il est impossible de vivre en surface tant le taux de radiation est énorme, qui donna naissance à des créature mutantes. Pour survivre, les deniers hommes se terrent dans les rames de métro de Moscou où chaque ancien vestige de civilisation (électricité, eau) est un luxe. Parmi eux existe le jeune Arytom, orphelin depuis la guerre nucléaire, et doit son salut à un homme avec qui il vit dans une station qu’il n’a jamais quitté. Mais comme la vie n’est jamais un long fleuve tranquille, il arrive que les mutants réussissent à s’introduire dans les tunnels afin de décimer le reste des survivants. Naît alors une quête menée par un certains Hunter qui traînera le jeune, au désarroi de ce dernier, avec lui dans une mission dont la réussite sera déterminante aux habitants du métro.

Comme beaucoup de lecteurs, je n’ai pu échapper au bruit autour de la parution de ce livre en format poche il y dix mois. L’univers post-apocalyptique n’étant pas ce que je préfère, je me suis quand même risquée à découvrir ce récit. Pourquoi ? Simplement parce qu’à mes yeux les auteurs russes, qu’ils fassent dans le contemporain, le romantique ou dans le thriller, possèdent un côté sombre très particulier. C’est donc avec l’espoir de retrouver cette qualité que je me suis plongée dans Metro 2033.

Si je devais citer la première qualité qui me vient à l’esprit sur ce roman, ce serait son univers. Avec ces kilomètres de lignes de métro sans fin il serait facile de s’y perdre. D’ailleurs il est intelligent de découvrir une carte dudit métro dans le rabat de la couverture. De quoi nous guider, nous les lecteurs, dans notre exploration souterraine de la capital russe. Dans ces galeries plusieurs factions se sont créées afin d’instaurer une sorte de « loi de la jungle » ou le respect et la peur sont les maîtres mots. Bien entendu, l’être humain ne sachant pas se comporter comme il se doit, même après une guerre nucléaire, des conflits éclatent entre les groupes rivaux, tant au point de vue social, politique et philosophique. À plusieurs reprises je suis restée incrédules faces aux idées de certains, comme si la bêtise humaine n’avait pas de limite. Si certains périmètres (ou ici, stations) sont occupés d’autres sont vides de tous locataires en raison des histoires urbaines qui se chuchotent d’oreille en oreille, comme des morts inexpliqués, des disparitions, etc. Du coup, tous ces éléments confèrent au récit de Glukhovsky une atmosphère sinistre et imprévisible.

Moi, moi, ce que j’en dis moi… Avant j’étais conducteur de rames. Dans le métro. Un vrai de vrai. Et… j’ai une théorie… Une sorte de comparaison, pour ainsi dire. La vie, c’est comme une ligne de métro… Comme des rails. Et il y a des aiguillages qui peuvent vous faire changer de voie. Et, de terminus, il n’y en a pas qu’un mais plusieurs. Certains font le voyage sur la même ligne du début à la fin. D’autres vont au dépôt. D’autres encore empruntent des tunnels secrets pour rejoindre d’autres lignes. Tout ça pour dire… que, des terminus, il peut y en avoir beaucoup. Mais, de destination, chacun de nous n’en a qu’une ! La sienne ! Et il faut bien choisir à chacun des aiguillages qui longent les voies pour arriver exactement où l’on doit. Accomplir ce pour quoi nous sommes venus au monde.

Notre voyage commence avec la rencontre d’Arytom qui comme je l’ai dit plus haut, se retrouve dans une quête. Celle-ci se révèle assez proche de celle d’Ulysse dans l’Odysée d’Homère. En effet, à chaque nouvelle rencontre notre héros souterrain se heurte à une pensée différente de la sienne ou des précédentes rencontrés. À travers ses échanges, le jeune homme construit sa propre vision tout en devant veiller à ne pas se faire tuer. Je ne vous cache pas qu’au début il est difficile de s’attacher à lui tant sa personnalité est quasi inexistante. Toutefois, au fil des pages on ressent une certaine compassion pour lui, voir la peur de le voir échouer, sans pour autant entrer complètement en osmose avec lui. C’est justement l’un des défauts que j’ai pu relever durant ma lecture. Les autres seraient le manque de mise en avant des personnages féminins, qui sont simplement cantonnés à des tâches moindres sans que l’une d’elles ne se distingue des autres. Dommage. Au niveau des autres personnages, celui qui m’a le plus marqué est celui de Khan. Sorte de philanthrope charismatique, ce dernier se présente comme la dernière réincarnation de Genghis Kan. Rien que ça oui. À la fois manipulateur et subtile, Khan possède un caractère qui le rend difficile à cerner.

Le style de Dmitry Glukhovsky est fluide et intéressant à lire du point de vue philosophique et apporte une certaine réflexion sur notre mode de fonctionnement. Néanmoins, le récit souffre de quelques longueurs ici et là, ce qui rend l’évolution un peu répétitive par moments. Mais dans sa globalité, l’intrigue se tient très bien, et on constate assez vite que l’auteur a pris le temps de construire quelque chose de cohérent et qu’il s’est amusé.

Petit mot rapide sur l’édition du Livre de Poche que je trouve vraiment remarquable de par sa carte du vaste métro moscovite, mais aussi au niveau la traduction qui n’a pas forcément été de tout repos.

En conclusion, malgré les quelques défauts que j’ai pu trouver à Metro 2033, je ressors avec un bilan assez positif de ma lecture. Comme je m’y attendais la plume de Glukhovsky rend cet univers déjà lugubre de base encore plus sinistre. Entre inspiration contemporaine et quête initiatique Metro 2033 arrive à se distinguer de par la plume oppressante de l’auteur qui rend hommage au genre de la science-fiction. Une lecture qui après-coup fera que vous ne regarderez plus les rames de métro de la même manière.hjzgg

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3 réflexions sur “Critique #059 – Metro 2033 de Dmitry Glukhovsky

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