Critique comics #004 – Lady Killer tome 1

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Qui a dit que les femmes n’étaient bonnes qu’à tenir un ménage ? Qui a dit qu’elles ne pouvaient pas faire autre chose que de cuisiner et attendre sagement que Monsieur rentre à la maison ? Très certainement pas moi, ni même les auteurs de Lady Killer. Comme l’annonce le titre, Josie Schuller n’est pas pour repriser les chemises de son petit mari chéri et laisser sa vie tomber dans la monotonie. Non, cette femme des années 50 est là pour tuer, tuer et encore tuer. Une tueuse à gages pas comme les autres.

 

Acheter le tome 1 de Lady Killer sur le site des éditions Glénat Comics ou sur Amazon.

 

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Lady Killer est le fruit du travail des scénaristes Joëlle Jones et Jamie S. Rich (Batman, Queen & Country), illustré également par Jones avec les couleurs de Laura Allred (iZombie, Silver Surfer). Joëlle Jones est une auteure américaine née en 1980 dans l’Idaho. Après avoir abandonnée ses études d’art, elle entrepris de faire carrière dans l’industrie des comics. Elle travailla pendant plusieurs années pour Dark Horse Comics et Oni Press en tant qu’artiste freelance. Chez Oni Press on a pu voir son travail dans les pages de 12 Reasons Why I Love Her (2006), You Have Killed Me (2009), et Spell Checkers (2010-2013). En juillet 2014, elle rejoint Dark Horse en tant que co-scénariste, et artiste, de Lady Killer. La série fut nominée aux Eisner Awards 2016 dans la catégorie Meilleure mini-série. Par la suite l’artiste illustra plusieurs couvertures des séries Mockingbird, Spider-Woman, Scarlett Witch et Ms. Marvel chez Marvel Comics. Depuis, elle fait partie des équipes DC Comics où on lui doit la mini-série Supergirl : Being Super de l’auteure Mariko Tamaki. En France, le titre est disponible en deux tomes chez Glénat Comics.

Le récit prend place dans les années 50, où les clichés de l’époque qui voient la femme comme étant celle qui se doit de rester à maison à faire le ménage en attendant sagement le retour de son mari fin travailleur sont bien présents. On fait la connaissance de l’une de ces femmes, Josie Schuller. Cette mère de famille, belle et parfaite sous tous rapports est mariée à un homme exemplaire dans son travail, et sont les heureux parents de deux filles adorables. Josie est d’ailleurs une femme irréprochable qu’elle s’entend parfaitement avec sa belle-mère. Pourtant cette simple vendeuse en cosmétique cache bien des choses, puisqu’elle est également une redoutable tueuse à gages. Entre l’entretien de sa maison, le récurage du four et le balai, Josie sait exécuter quelqu’un avec un tel sang froid que cela en refroidirait le steak Charal sortant du congélateur. Mais que se passe-t-il quand elle qui porte le titre de “chasseuse” devient la proie de quelqu’un d’autre ?…

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Ce premier tome intitulé “À couteaux tirés” présente toutes les qualités d’un roman policier aux allures de thriller oscillant entre un Dexter et un comics de Ed Brubaker. Au fil des pages le lecteur apprend à découvrir cette femme à l’apparence paisible et digne de confiance qui revêt le costume d’une louve solitaire violente et sans limite. C’est ainsi que l’on suit son quotidien de cette femme à la double vie, et cela fonctionne assez bien. L’atmosphère générale du récit est alléchante de par ses aspects de Mad Men rencontrant les Desperate Housewives. La narration démarre très vite, peut-être un peu trop rapidement selon moi, mais devient vite divertissante. Les auteurs ne prennent pas beaucoup de temps pour réellement creuser cette dualité qui existe au sein de Josie Schuller. L’aspect physiologique n’est pas la pièce maîtresse du récit, pourtant quelques nuances flottent ici et là. Par exemple, le côté jouissif que semble avoir Josie en tuant est très bien retranscrit mais aurait mérité un peu plus de profondeur. 

Néanmoins, il serait regrettable de ne pas donner sa chance au titre puisque les bases du scénario d’espionnage sont maîtrisées et offrent un bon moment de lecture. La présentation de l’héroïne n’est pas très claire d’ailleurs, puisqu’on est tellement lancée dans le bain sans avertissement qu’au bout d’un moment on se demande qu’elle Josie est la vraie Josie. Est-elle une simple femme au foyer devenue tueuse à gages, ou bien une tueuse à gages sous couverture de femme banale ? Difficile à dire pour le moment dans ce premier tome. De plus certaines petites histoires entre elles manquent de liens les rendant cohérente du point de vue temporelle, ce qui déconcerte quelque peu à la lecture. Toutefois, le récit se laisse lire petit à petit et on en vient même à sourire durant certains passages. Oui l’humour est présent entre deux coup de couteau dans la carotide.

 

Graphiquement Lady Killer est un petit bijou. Le trait de Joëlle Jones passe du gras au fin d’un mouvement de crayon à l’autre, et le rendu est superbe. On ressent énormément l’ambiance des années 50, ce qui nous plonge complètement dans le récit. Le design de Josie et les autres est sensuelle est dynamique à la fois. L’explosion de couleurs de Laura Allred sont somptueuse et mette en lumière le talent de tueuse de Josie. Les expressions de cette dernière sont d’ailleurs très communicatives, et on apprend très vite à la déchiffrer.

L’édition de Glenat Comics est comme à chaque fois, de qualité. Le bonus sketch book en fin de tome est  un réel plaisir pour les yeux, surtout si on a aimé les dessins de Joëlle Jones. On appréciera ces petites parodies de pub de l’époque présente à chaque début de chapitre. Le format cartonné est bien tenu, solide et est maniable en main.

En conclusion, malgré son côté très classique à certains moments et quelques autres petits reproches, le premier tome de Lady Killer est une entrée en matière intéressante dans ce petit polar d’espionnage bien ficelé. De plus il est toujours aussi fascinant de voir le décalage de la vie des femmes de cette époque à celle de maintenant. En proposant un récit se centrant dans les années 50, Joëlle Jones et Jamie S. Rich appuie là où il faut pour mieux dénoncer et écraser ses idées vieillottes, malheureusement encore parfois bien ancré dans le commun de certaines personnes.  En bref, une lecture plus qu’agréable qui mérite qu’on la découvre.

Copie de lire en bulles

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